ÉTAT DE FAIT, ÉTAT DÉFAIT

éTAT DE FAIT, éTAT DéFAIT

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1) =>

http://ledevoir.com/2004/03/10/49446.html

(pénultième paragraphe):

«n’eut été de la gestion habile». Il eut fallu écrire:
«n’eût été de…».

2) => Vous revenez encore et toujours avec le : «no
fault».

Ne croyez-vous pas que marteler constamment cette forme
anglaise, c’est précisément une manière infaillible d’infiltrer dans l’esprit du
lecteur l’idée qu’il n’y a pas de vocables français correspondants dignes de ce
«nom»? Voie certaine par laquelle on s’assure, en effet, que jamais la
formulation française ne saura prédominer. Et ce, jusque dans Le Devoir
Pourtant, il me semble, ce ne sont pas là des efforts démesurés exigés d’un
quotidien de qualité comme le vôtre.

Tout est tellement anglicisé autour de nous: nous
revenons littéralement à une langue que nous parlions ici, en Québec, il y a
quarante ans (bien que je n’en aie pas cinquante, «Je me souviens» fort
bien). Les plus jeunes, par exemple, parlent franglais sans avoir idée que le
tiers sinon la moitié (voire les deux tiers…?) de leur expression verbale
(vocabulaire, syntaxe, morphologie, etc.) n’est pas du tout française. Lorsque
Le Devoir sacrifie à son tour à cette paresse intellectuelle, même si la
chose n’est pas constante ni endémique chez vous, bien sûr, il cautionne en
quelque sorte l’état de fait. Et le promeut.

Il ne s’agit pas d’être tatillon, toqué ou rigide. Sauf
que si les derniers créneaux sociaux d’une langue correcte s’affaiblissent,
aussi, on est collectivement fichus.

On sera passés d’un état de fait à demain, trépassés,
un état défait.

Hélène Pisier,
Rimouski, ce 10 mars 2004

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