AIDEZ-MOI SVP

NDLR – Vous trouverez à la fin de ce texte les réponses de M. Charles Durand,
auteur de l’ouvrage « La nouvelle guerre contre l’intelligence » que nous vous
conseillons fortement de lire. Pour plus de renseignements sur cet ouvrage, nous
vous suggérons de consulter les trois articles suivants:
Tome I : LA NOUVELLE GUERRE CONTRE L’INTELLIGENCE

Tome II : LA NOUVELLE GUERRE CONTRE L’INTELLIGENCE

Tome III : LA NOUVELLE GUERRE CONTRE L’INTELLIGENCE

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AIDEZ-MOI

Impératif français
www.imperatif-francais.org
President@imperatif-francais.org

Je suis un fanatique de vos démarches pour promouvoir la langue de Molière
qui est la nôtre et celle de tout peuple ayant le français comme culture. Je
n’ai jamais raté une discussion, un colloque sans intervenir sur ce sujet, ô
combien cher aux esprits épris de liberté et d’honnêteté. Hélas, les gens sont
méchants! Oui, il y a toujours des personnes qui ont des problèmes de
personnalité et qui s’y attachent consciemment ou non.

En vous écrivant, je vous félicite d’abord, mais aussi j’ai un tas de
questions sans réponses, et je serais votre obligé si vous m’aidiez à résoudre
ces problèmes, qui sont en réalité de faux problèmes. étudiant en médecine, je
côtoie des gens de tout acabit, Francais de souche, musulmans, juifs, de tout
genre : francophones, anglophiles, arabophiles, etc.

Le premier cas est celui d’un de mes amis qui est fortement anglophile : il
ne cesse d’introduire des mots anglais dans le fil de ses discussions, p. ex. «
OK, good, good morning, thanks » pour ne citer que les expressions de politesse.
Il m’agace avec ses manières même si je lui manifeste chaque fois ma
désapprobation, et il en remet sans cesse, ce que je considère comme une
faiblesse de personnalité quand on en vient à ignorer la langue de sa culture et
à se brancher sur une autre.

Rien à faire! Il a une panoplie de réponses toutes prêtes :

  1. C’est la modernité! Il faut savoir parler d’autres langues que la sienne.
  2. Le français est difficile, pas comme l’anglais, plus cool!
  3. C’est en anglais que l’Homme a mis les pieds sur la lune!
  4. Ayez un peu d’ouverture d’esprit, à chacun la langue qui lui convient!
  5. Et c’est la plus « difficile » : vous me reprochez de parler l’anglais
    plutôt que le FRENCH (littéralement), que dire alors des Maghrébins, Africains
    et autres qui n’ont aucune relation avec le FRENCH (sic) mais qui s’y
    attachent.

ça me fait vraiment mal d’entendre des choses pareilles, alors aidez-moi.

Le second cas, celui d’un Breton, qui est vraiment raciste, dans le sens ou
il n’arrive pas à accepter que le francais puisse nous unir tous sous son
envergure, il a un point de vue insolite, consistant en une idée obsédante : les
Bretons ne sont pas des Français, ni d’ailleurs les autres Français!!!
C’est-à-dire que Celtes, Gaulois, même Francs, auraient été influencés par la
latinisation romaine, ce qui donne un caractère importé à la francité de la
France donc, selon lui, une francité « factice », mais c’est dangeureux mes
amis, il vise comme ca l’unité de tout un peuple avec son racisme et son
laisser-aller intellectuel. Et il a, comme le premier, le concept d’autrui : le
premier me parle des Maghrébins, celui-ci aussi, il a comme fameux exemple celui
des berbérophones de l’Afrique septentrionale, autre race autre langue.

La dernière blague, celle d’un musulman, arabophile, pourquoi je dis ça, car
il n’est même pas arabe, il est français de souche, chers messieurs, peu
importe, mais le problème qu’il me répond quand je lui fais la remarque qu’il
vient de perdre sa langue maternelle au profit de celle des « émirs », il me
répond tranquillement : oui, les langues sont toutes pareilles, mais l’arabe a
l’avantage d’être celle du Coran! Là, comme j’en sais vraiment peu sur l’islam,
je me tire sans dégâts, car c’est idéologique, faut pas toucher.

Un Français en danger.

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NDLR – Nous avons demandé à M. Durand de répondre aux inquiétudes de
l’intervenant précéden. Vous trouverez ci-dessous ses commentaires.

COMMENTAIRES DE M. CHARLES DURAND.

Le premier exemple cité par votre contact se rencontre assez fréquemment. Je
ne pourrais que lui conseiller de lire mon ouvrage intitulé: « La nouvelle guerre
contre l’intelligence » qu’il n’aura aucun mal à localiser sur les librairies en
ligne. En ce qui concerne l’exemple de la personne qui émaille de mots anglais
non traduits la plupart de ses phrases, il s’agit d’un exemple banal du complexe
d’infériorité induit à des fins stratégiques qui est mis en évidence par la
percolation progressive de la langue anglaise en Europe occidentale et dans de
nombreux autres pays. Désormais, tous ceux qui ont été conditionnés à se sentir
~inférieurs~ ont immédiatement recours à des termes anglais, dont ils parsèment
leurs discours dans leur grotesque tentative de faire partie du peuple qu’ils
perçoivent dominant, espérant peut-être obtenir un strapontin dans les
institutions du nouvel ordre mondial (1). C’est souvent à l’utilisation de mots
anglais, dans le discours, que l’on peut se prononcer sur le degré de l’atteinte
psychique identitaire d’une personne quelconque (2). Utiliser l’anglais, se
donner un nom anglais, c’est montrer que l’on est dans le vent et associé à ~la
puissance dominante~ (pour éviter la désignation politiquement incorrecte de
~puissance colonisatrice~) pour le plus grand bien de tous. La reprogrammation
psychique amène une acceptation presque spontanée, évidente, des ~vérités~
épandues par le vainqueur et, parallèlement, un très net affaiblissement du sens
critique. En Europe, cet affaiblissement va de pair avec l’aliénation
spirituelle qui résulte de l’introduction massive, tant directe qu’insidieuse,
du monde anglo-saxon dans nos sociétés. Cette aliénation favorise une perception
mythique de ce qui n’est plus accessible à l’esprit critique. Nous le voyons
dans plusieurs secteurs, par exemple, dans la confusion entre techniques et
sciences, dans la surestimation de la science même, un phénomène qui touche non
seulement le profane mais, ce qui est plus grave, une partie des professionnels
de la science eux-mêmes, dans des proportions de plus en plus considérables. La
croyance que rien n’est impossible et que la science peut tout résoudre y
compris les problèmes que l’on démontre être insolubles ; croyance véhiculée par
des discours technicistes se voulant innovateurs mais qui se trahissent souvent
eux-mêmes par l’usage de termes à la mode révélant ainsi le mimétisme compulsif
des esprits médiocres qui les prononcent et qui se campent ainsi aux antipodes
de la véritable créativité…

Plus simplement, je dirais qu’il s’agit du profil typique de « collabo » très
sensible à la propagande. La propagande hitlérienne autrefois, la propagande
américaine aujourd’hui. Ils existent partout et ils sont prêts à se ranger
immédiatement du côté de la puissance qu’ils perçoivent comme dominante quelle
qu’elle soit. Le phénomène du « collabo » est vraiment universel. Tandis que les
collabos sont prêts à se prostituer pour le compte de la puissance dominante,
ils sont bien entendu le plus souvent méprisés mais utilisés par les
représentants de cette dernière. L’altération de la langue qu’ils utilisent est
un signe tangible de leur état d’esprit qui les amène, en cas de guerre, à des
formes actives de collaboration dont l’aboutissement est une coopération étroite
avec des autorités d’occupation dont ils servent les intérêts directs. Bien
évidemment, un pays relativement hétérogène, d’un point de vue religieux et
ethnique, comme l’Irak d’aujourd’hui, engendre un nombre important de collabos
qui deviennent les toutes premières cibles dans le cadre des opérations visant à
chasser l’occupant.

En ce qui concerne le second cas, il se rencontre beaucoup plus rarement.
J’ai personnellement eu l’occasion de connaître des gens qui faisaient la
promotion des langues régionales de la France mais qui démontraient rarement
autant de hargne vis-à-vis de la civilisation française à laquelle ils sont
fiers d’appartenir en général. Quant aux Français d’origine maghrébine, il
s’agit malheureusement d’une frange de la population immigrée qui est justement
la moins bien intégrée, phénomène qui a peu de relation avec la langue française
que cette frange parle couramment de toute manière. Je ne m’aventurerais pas à
en analyser les causes mais cette frange affirme souvent sa différence par
rapport aux « Gaulois », c’est-à-dire les Français de souche. Ces gens qui ont la
nationalité française se comportent en fait souvent comme des apatrides puisque
ils refusent toute allégeance à la France alors qu’ils sont bien évidemment
considérés comme des étrangers dans les pays dont leur famille est originaire
puisqu’ils n’y ont jamais vécu. (…)

(1) Le Français Pascal Lamy, commissaire européen, qui choisit de s’exprimer
exclusivement en anglais au sommet de Seattle (alors que le français est l’une
des langues officielles de l’OMC), démontra sans doute le mieux l’influence
pernicieuse de son infériorisation puisque, durant son mandat, il s’est incliné
le plus souvent devant les desiderata américains lors des négociations
commerciales qu’il dut conduire dans le cadre de ses fonctions.

(2) Cette infériorisation est telle dans le tissu scientifique francophone
européen que les organisateurs de colloques scientifiques régionaux se croient
souvent obligés d’imprimer des prospectus et des programmes en anglais alors
qu’aucun étranger n’assiste ni aux présentations ni aux débats !

(Le 28 juillet 2004)