UNE CAPITALE CANADIENNE BILINGUE

UNE CAPITALE CANADIENNE BILINGUE
Canada – Gatineau n’a pas à donner l’exemple en matière de bilinguisme.

(Le texte suivant de Mathieu Bélanger est extrait du journal LeDroit du 5
novembre 2003)

Il est "aberrant" que 48 % des résidants d’Ottawa s’opposent à ce qu’Ottawa
devienne officiellement bilingue et qu’en revanche, la majorité d’entre eux
veulent voir Gatineau reconnaître, devant la loi, les deux langues, estime
la mairesse suppléante, Jocelyne Houle.

Même si 74 % des résidents d’Ottawa croient que la ville de Gatineau devrait
avoir un statut bilingue devant la loi, les politiciens du côté québécois de
la rivière des Outaouais estiment que Gatineau n’a pas à donner l’exemple à
ses voisins ontariens à ce chapitre.

Et même si Gatineau voulait devenir officiellement bilingue, elle n’en
aurait pas le droit. "Il faut comprendre que Gatineau est une institution
régie par la Charte de la langue française, indique Mme Houle. Une décision
de ce type serait contre la loi."

Cette dernière affirme cependant qu’une région de la capitale nationale
entièrement bilingue devant la loi serait un beau symbole d’unité nationale,
mais qu’il n’en est nullement question à l’heure actuelle.

Richard Jennings

Selon le conseiller Richard Jennings, la Ville de Gatineau n’a pas à mettre
de pression sur l’Ontario en devenant elle-même bilingue.

"C’est au gouvernement fédéral de mettre ses culottes et d’obliger Ottawa,
en tant que capitale nationale d’un pays qui reconnaît l’anglais et le
français comme langues officielles, à refléter l’image de ses politiques
linguistiques", lance le conseiller anglophone.

Selon lui, Ottawa cherche des excuses pour ne pas faire de cette ville une
municipalité officiellement bilingue. "Et là, l’excuse c’est Gatineau",
avance M. Jennings.

Le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, estime que la Ville
d’Ottawa doit rapidement clarifier ce dossier avec la province parce qu’elle
a le devoir, en tant que capitale nationale d’un pays ou le français et
l’anglais sont les deux langues officielles, de reconnaître la langue
française.

"Penser que l’amélioration des conditions des francophones d’Ottawa passe
par une ville de Gatineau anglicisée relève d’une grande naïveté, soutient
M. Perreault. L’identité francophone de Gatineau doit même être plus forte
qu’ailleurs au Québec à cause de sa situation géographique, limitrophe à
Ottawa."

Il existe une grande différence entre reconnaître officiellement le
bilinguisme et tenter d’améliorer les services aux anglophones, précise le
député de Papineau, Norman McMillan. "Le Québec est une province francophone
et personne ne demandera à ce qu’elle devienne bilingue ou anglophone,
dit-il. Cela ne veut pas dire pour autant que nous ne devons pas améliorer
les services aux communautés anglophones de notre province."

(Le 5 novembre 2003)