UN STADE ARNAQUÉ

UN STADE ARNAQUé
«On se fait déculotter et personne ne tire sur les bretelles.» !

(Le texte suivant extrait de La Presse du 8 août 2003 nous a été communiqué
par notre correspondant
duschar@videotron.ca
)

Chronique de Réjean Tremblay
rejean.tremblay@lapresse.ca

UN STADE ARNAQUé

Bob Moffat, le patron de Tennis-Canada, a tenté de noyer le poisson, hier,
comme dans La Grande Séduction. En accrochant un poisson congelé à l’hameçon des
journalistes. Il a donné l’assurance que le Masters de tennis de Montréal
resterait à Montréal. Big deal !

Comme si c’était là l’arnaque. Comme si c’était là le véritable détournement
de fonds. Comme si c’était là le vol légal mais immoral de vos taxes.

Ils sont 13 membres au conseil d’administration de Tennis-Canada. Le Québec
est représenté par Tom Birks, par Christiane Bergevin et par Céline
Hervieux-Payette. Des trois, je sais que Christiane Bergevin connaît et aime le
tennis. Jamais entendu parler de Tom Birks et j’ai connu Céline Hervieux-Payette
quand elle était secrétaire d’état aux sports. Disons qu ‘elle n’a laissé aucune
trace. C’est déjà mieux que d’autres. Depuis, elle s’est casée comme sénatrice.
Payée par vos taxes pour faire changement. Selon mes informations, Christiane
Bergevin et Mme Hervieux-Payette auraient tenté de faire comprendre à
Tennis-Canada qu’on n’avait pas le droit de détourner les millions accumulés
grâce aux taxes des Québécois pour construire un temple du tennis à Toronto.
Mais les deux ne peuvent parler publiquement par solidarité.

Je répète pour ceux qui n’auraient pas bien compris la combine. Vous avez
payé à Tennis-Canada un stade de 25 millions. Avec 4 millions de la ville, avec
8 millions du provincial et 8 millions du fédéral. De l’argent qui vient de vos
poches. directement. Tennis-Canada avait accepté que les Jacques Ménard, Richard
Legendre et Jacqueline Boutet trouvent l’argent `condition que les revenus du
tournoi ne soient pas hypothéqués.

Voilà que Toronto veut un state. L’Ontario s’engage pour 5 millions , le
fédéral pour un autre 5 millions. Il manque 30 millions. Simple, on investit 10
millions pris à même les profits des tournois de Toronto et de Montréal et on
emprunte 20 millions remboursés avec les revenus des deux tournois.

Autrement dit, vos taxes ont payé le stade de Montréal et avec les profits de
vos taxes, Tennis-Canada va bâtir le stade de Toronto que vous allez encore
payer pendant vingt ans. Vous êtes généreux, vous allez bâtir deux stades pour
Tennis-Canada. Ca doit être ça le fédéralisme rentable.

Allo ! On pourrait-y peut-être avoir un contracteur québécois pour tondre le
gazon ?

Et que font le maire Gérald Tremblay et le premier ministre Jean Charest ? On
se fait déculotter et personne ne tire sur les bretelles.

Que penser de ces menteurs de Tennis-Canada qui nous ont toujours dit que les
profits devaient servir au développement du tennis et pour aider les joueurs ?
Frédéric Niemeyer en arrache tellement qu’à Wimbledon, il a été obligé
d’emprunter les souliers d’une joueuse pour s’entraîner. Heureusement, elle
avait de grands pieds.

Je connais le prochain mensonge. Bob Moffat va vous dire que les surplus des
tournois à Toronto vont servir au développement des joueurs. >Ben oui, après le
remboursement des dettes.

Que Toronto se paye un stade, je suis d’accord. Mais que Toronto, l’Ontario
et les programmes fédéraux le payent. Et qu’ils se trouvent des commanditaires
comme on l’a fait à Montréal ! Les contribuables québécois n’ont pas à payer
deux stades !

Si personne ne fait rien, il va se passer quoi avec vos taxes ? C’est quoi
votre retour sur investissement ?

La TVQ sur les pinottes !

************* NDLR – Quelques adresses utiles :

Jean-Marc Fournier Ministre québécois des Affaires municipales, du Sport et
du Loisir :
jean-marc.fournier@mamm.gouv.qc.ca

Paul DeVillers Secrétaire d’état au Sport amateur :
DeVillers.P@parl.gc.ca