SEARS CANADA

SEARS CANADA
foyer@sears.ca
info-plaintes@oqlf.gouv.qc.ca

Monsieur,

Il y a un mois je vous écrivais pour vous dire comme je m’étonnais que les
électroménagers au Québec ne soient disponibles qu’avec des commandes et des
témoins libellés en anglais.

Je me suis installé il y a neuf ans au Québec (en provenance du Manitoba) et
rien ne semble avoir changé dans le domaine de la francisation de
l’électroménager malgré la simplicité et la modicité du coût associé à cette
francisation d’appareils d’emploi quotidien. Il suffit souvent d’une simple
étiquette adhésive pour ce qui est des touches et d’un bouton ou d’une touche
pour changer la langue de l’affichage à cristaux liquides (comme nos téléphones
Nortel, quoi).

Il y a neuf ans je me suis plaint auprès de vous de l’absence de four à
micro-ondes avec commandes en français, cette année il me fallait un nouveau
four. Nous sommes retournés aujourd’hui dans un magasin de la même chaîne
(Sears) et toujours rien. Selon les dires de M. Jacques Galipeau, « vendeur
professionnel électro-ménager », chez Sears à Granby (60, rue évangéline) aucun
des fours micro-ondes en vente chez Sears n’a de panneau de commandes en
français. Nous avons donc opté pour un four Panasonic avec « Inverter » (désolé
seule la mention en anglais apparaît sur l’emballage et le four) de 1250 MW et
d’une capacité de 1,2 pied cube (moi qui croyais que le Canada était passé au
système métrique !). J’ai pu remarqué que le panneau de commandes était bien
adhésif et qu’il n’était d’ailleurs pas bien collé quand nous avons déballé le
four.

J’aimerais donc porter plainte contre Sears pour vente au Québec de matériel
électroménager dont les commandes ne sont pas libellés en français alors qu’il
s’agit là d’un simple masque adhésif. J’aimerais également savoir de votre part
pourquoi en neuf ans la situation ne semble pas s’être améliorée dans la
francisation de l’électroménager alors que celle-ci peut souvent se faire à des
coûts dérisoires pour peu qu’on y pense (ou qu’un Office y fasse penser avec
quelque insistance) et un peu de bonne volonté (ou des amendes).

Salutations attristées,

Patrick Andries
« Roxton Falls » (nom malheureux)
(Québec)

—– Original Message —–
From: "Patrick Andries" <hapax@iquebec.com>
To: "Impératif Français" <imperatif@imperatif-francais.org>;
"Jacques Poisson" <m.e.f.@sympatico.ca>;
"Alain LaBonté " <alabon@videotron.ca>;
"OQLF" <info-plaintes@oqlf.gouv.qc.ca>
Cc: <foyer@sears.ca>; <francois@yergeau.com>;
<marceau.dechamps@laposte.net>
Sent: 19 avr. 2003 09:21
Subject: Tiens, je sens que ça va encore être en anglais

Il y a neuf ans j’ai acheté chez Sears un four à micro-ondes Kenmore (la
marque-maison si je ne m’abuse). Toutes les touches étaient en anglais, toutes
les indications apparaissant sur le petit écran à cristaux liquides aussi. Pas
moyen de trouver un four avec des indications en français dans les magasins.

J’avais écrit à l’OLF pour me plaindre de cette situation. On m’avait répondu
qu’on n’y pouvait rien : les inscriptions gravées ou intégrées aux marchandises
n’étant pas régies pas les lois linguistiques. Près de dix ans plus tard, il me
semble que rien n’a changé dans les magasins (toujours pas de four à micro-ondes
avec des indications en français, aucune adaptation de la loi).

Comment peut-on justifier cet état de fait alors que la francisation (ou la
multilinguisation) de ces appareils pourrait avoir été prévue dans les nouveaux
modèles (si des gouvernements ou des regroupement de consommateurs ont bien
retransmis les plaintes et suggestions, ce qui n’est pas sûr) ?

En effet, bien conçue, cette adaptation pourrait ne représenter qu’un coût
infime par rapport au prix total des appareils (une touche de configuration
"langue" pour les messages sur l’écran et un panneau — adhésif ? — libellé en
français pour s’adapter aux touches). Cette remarque s’applique, bien
évidemment, pour de nombreux autres appareils électroniques pour lesquels il est
souvent difficile de trouver un affichage français (à la notable exception, par
exemple, de Xerox et HP qui font un excellent travail dans ce domaine).

L’OLF pourrait-elle nous expliquer ce statisme désolant ? La loi ou les
règlements qui s’y appliquent ne pourraient-ils pas être modernisés pour prendre
en compte l’intérêt des consommateurs qui n’a souvent pas la possibilité d’avoir
un appareil dans sa langue et la facilité d’adaptation linguistique des
appareils électroniques destinés au grand-public ?

Salutations distinguées,

P. Andries
345, rue Sainte-Thérèse
Roxton Falls (*)
(Québec)
J0H 1E0

(*) La Commission de toponymie a encore du travail, mais il semble qu’on
débaptise plus facilement ce qui est écrit à la française (la rivière
Chamouchouane qui appartient à tous rebaptisée Ashuapmushuan en 1984). Rendre
français un lieu uniformément francophone serait vindicatif (prétexte entendu
mille fois à Montréal quand on a voulu rebaptiser les rues King/Queen/Bridge
pendant la rénovation de ce quartier à l’époque quasi-désert), affubler d’une
graphie anglaise un lieu jouxtant une population à 3% montagnaise serait une
marque d’ouverture d’esprit.

(Le 14 mai 2003)