RADIO OFF CANADA

Radio off Canada
« La radio de toutes les cultures… but mine ? »

Radio-Canada m’exaspère. Je suis particulièrement
déçu de la dégradation des deux antennes radio, quant à : 1) la qualité de la
programmation
(de moins en moins "véritablement" culturelle : le babillage
s’est substitué pour une bonne part aux débats, à la réflexion et à
l’information solide. Et je ne parle même pas ici de la stricte qualité de la
langue, alors que la SRC n’est plus à cet égard que l’ombre d’elle-même), et
2) l’« hyper-canadianisation » des contenus et des discours.
Le phénomène
prend parfois – à vrai dire souvent – carrément des allures de propagande
pro-Canada à l’égard de l’auditoire francophone (essentiellement : la
non-société-distincte québécoise, comme on sait…).

Pour ce qui concerne l’antenne télévision, je l’ai
littéralement abandonnée pour les mêmes raisons. En plus marquées! Des films
étatsuniens à la TVA / TQS (par exemple) présentés dans un format idéologique
global à la Jean Chrétien / Stéphane Dion, eh bien merci pour moi… Je n’en peux
plus. Tout simplement. Ce Canada-là, je l’ai bu jusqu’à la lie. Non! décidément,
je n’en peux plus.

Un exemple parmi cent. Hier, le 29 mai, j’écoutais Claude
Saucier sur la chaîne (dite) culturelle (L’Air d’aller). Or
qu’entendais-je dès les premières minutes…?

Eh bien voilà : du « Canada », des « Canadiens » et des «
Canadiennes » à profusion. Et Lalalère… On eut droit aussi à du « Toronto » et à
du « Canadian Brass », et puis quoi encore? Ah mais oui! le pavillon…
du « Canada », rien de moins, à l’Expo ’67…

Il me semblait entendre Jean Chrétien vanter son pluss
méyeur vous savez quoi. Il m’est d’avis que Radio-Canada, eh bien c’est
cela devenu. Et singulièrement depuis les lendemains du référendum
d’octobre 1995 sur la Souveraineté du Québec. Pur hasard, of course.

J’ai « débarqué » de Radio-Canada il y a bien des années;
mais j’y reviens (tout de même, je m’en accuse) à l’occasion parce qu’il
y a une qualité que je continue à y apprécier : on ne s’y fait pas agresser avec
de la publicité comme sur les autres chaînes (presque toutes horriblement
insipides et commerciales à la Rock-Détente, faut dire).

Hélas! en revanche, on se fait emboucher bien autrement.
Or il y a quand même des limites. Et moi, je les ai désormais atteintes ces
limites. Bref, et Rebelote : « J’en peux pu! », vous dis-je – BBM ou pas.
Ma
Culture, ce n’est pas une simple culture parmi toutes les
cultures.
I’m really sorry, Mister Rabinovitch – grand manitou de la
SRC (

http://www.cbc.radio-canada.ca/htmfr/administration/index.htm
).

Cela dit, je ne veux pas être injuste à l’égard de M.
Saucier, en lui-même plutôt sympathique (après tout, il fait le job qu’on
lui demande…) : si ce sont ses beaux habits que j’éclabousse aujourd’hui de ma
fielleuse goutte d’eau lourde et citoyenne, c’est le fait du plus impur hasard.
Je pourrais tout aussi bien émettre un commentaire analogue à l’égard d’un grand
nombre de ses comparses à cette radio publique qui me lessive le cerveau à même
mes taxes et mes impôts (au fait, M. Vigeant nous entretenait de compositeurs «
canadiens », et encore de compositeurs « canadiens », dès 18 hres. Immédiatement
après L’Air d’aller…). Cela dit, ça ne vous excuse pas pour autant, M.
Saucier…

Reste qu’en attendant, eh bien « Les Québécois », on
l’aura compris, ça n’existe plus à Radio-Canada. D’où désormais mon cri de dépit
: Radio off Canada !

Marcelin Gélinas
M.Gelinas@moncanoe.com
30 mai 2003
un Québécois de Lévis,
pas un Canadien de Toronto, d’Ottawa ou de Victoria.

Correspondance électronique :
http://radio-canada.ca/ +
Auditoire@Fr.Radio-canada.ca