PLAINTE CONTRE AIR CANADA

PLAINTE CONTRE AIR CANADA
Air Canada encore dénoncée pour son mauvais service à la clientèle.

Commissariat aux langues officielles
2021, avenue Union, bureau 805
Montréal (Québec) H3A 2S9

Madame, Monsieur,

J’aimerais porter plainte contre Air Canada pour un service en français
affligeant sur son vol 773 qui reliait Montréal à Chicago le 18 mars 2003.

Tous les passagers de ce vol partant de Montréal furent salués par une
hôtesse unilingue qui ne saluait les passagers qu’en anglais. Par la suite, la
même agente faisait d’abord toutes annonces en anglais avant que la bilingue de
service ne les traduise en français. Il me semble que la moindre des politesses,
quand un vol part de Montréal, serait de saluer les passagers dans leur langue
(les deux officielles si l’hôtesse n’est pas d’abord saluée par le passager) et
de faire d’abord les annonces en français.

Par la suite, cette même agente de bord unilingue anglophone, blonde dans la
quarantaine, fut affectée au service de la classe économique. Elle ne
s’adressait à tous les passagers qu’en anglais. Quand vint mon tour de me voir
demander ce que je voulais boire, elle me répéta trois fois sa question en
anglais pour me voir répéter « un jus de canneberge » aussi obstinément qu’elle
se refusait à comprendre ces quelques mots en français. Quand de guerre lasse,
après avoir avoué qu’elle ne parlait pas français, elle alla chercher l’agente
de bord bilingue (une seule !) du vol. Celle-ci servait les passagers de la
classe affaire. Il s’ensuivit une longue discussion (truffée d’anglicismes de la
part de la bilingue au nom francophone pourtant, où l’on aperçoit quelle doit
être sa langue de travail chez Air Canada). Cette hôtesse prétendit que la
courtoisie aurait voulu que je m’exprime en anglais à cette hôtesse si je
connaissais l’anglais ! Voilà bien tout le système dévoilé : accuser le client
de ne pas connaître l’anglais et vouloir le forcer à l’utiliser (en répétant
trois fois les demandes en anglais au besoin). Il semble que le client ne soit
roi que lorsqu’il connaît l’anglais, c’est alors que l’agent de bord peut lui
rendre « service ».

Inutile de dire qu’après cet esclandre (et la plupart des francophones se
plient à ces agents unilingues pour ne pas créer autant de vagues) je n’ai plus
chercher à parler à cette hôtesse qui * bien que toujours aussi monolingue *
était toujours affectée à mon prétendu service. Pas de café après le repas donc,
cela aurait encore causé une scène.

Je trouve ce service tout simplement pitoyable, plus particulièrement alors
que ce vol partait de Montréal. Je porte donc plainte et envoie pour mémoire ce
pli à plusieurs associations et à l’OLF.

Patrick Andries
patrick.andries@videotron.ca

(Le 7 avril 2003)