NON ! LE QUÉBEC, CE N’EST PAS LA FRANCE

Non! Le Québec, ce n’est pas la France
(American advertising en télévision québécoise)

Objet : Publicité du produit « Dodge » sur les antennes du Québec

Je suis extrêmement déçu par votre publicité diffusée actuellement sur les
ondes de la télévision française du Québec.

C’est que vous incorporez à votre "message de vente" un accompagnement
musical d’expression anglaise; lequel ne respecte pas, bien évidemment, la
langue de la clientèle ciblée.

Or ce type de procédure devient – redevient! – de plus en plus fréquent.
C’est insidieux. Pareille attitude témoigne d’un respect plus que douteux de
«DaimlerChrysler» à l’égard de ses clients québécois.

Je sais fort bien que de semblables techniques de vente ont cours dans nombre
de pays francophones (européens en particulier: France, Suisse, Belgique…),
mais il vous faudrait comprendre que les Québécois, eux, n’acceptent pas aussi
aisément d’être ‘charriés’ de la sorte. Aussi ne pouvons-nous recevoir votre
publicité autrement que comme l’expression d’un mépris à l’égard de notre langue
et de notre culture – expression d’une ferme indifférence dans le meilleur des
cas.

Si je prends le temps et la peine de vous exprimer cette opinion, c’est que
je projette de faire l’achat d’un nouveau véhicule dans les prochains mois. Je
me vois donc particulièrement sensible aux publicités et autres promotions
concernant l »univers automobilien’.

Je tiens par conséquent à vous informer – quel que soit le rapport
qualité/prix des produits «DaimlerChrysler», celui des véhicules "Dodge" en
particulier – que cette ‘gifle’ à l’endroit de ma culture aura eu raison de mon
‘préjugé favorable’ initial à l’égard de votre compagnie. Je retire donc
d’emblée «DaimlerChrysler» de la carte des concessionnaires susceptibles de me
convaincre de leur accorder ma confiance.

Non ! le Québec, ce n’est pas la France. Il y a encore sur cette Planète des
peuples francophones qui se refusent à brader leur langue et leur culture pour
un plat de lentilles, de dollars ou… de voitures américaines.

Espérant que ce commentaire, que je veux constructif, saura initier une
véritable réflexion au sein de votre firme.

Salutations,

Nicolas St-Gilles,
Québec, 20 avril 2003
Mercuriale@MonCanoe.com

Note -. S’il le désire, le lecteur peut s’impliquer à son tour par le biais
de la page cybernéenne suivante (cliquer le hyperlien "courriel" à gauche, les
autres liens de communication ne sont pas fonctionnels…):

http://www.daimlerchrysler.ca/CA/03/FR/DODGE/1,,CA-03-FR-DODGE-ASSISTANCE,.html

(j’ajouterai que suite à l’envoi de la présente directement à l’entreprise par
le truchement de cette page informatisée, l’auteur reçut sur-le-champ un
courriel automatisé anonyme et… unilingue anglais).

Note 2 -. Cette lettre ouverte est acheminée simultanément à l’Office
québécois de la Langue française, à l’adrélec suivante:
Info-plaintes@OQLF.Gouv.Qc.ca
– histoire de (tenter de) sensibiliser un organisme national qui semble
s’être assoupi dans les limbes depuis de nombreuses années (et de surcroît, ô
misère, qu’attendre désormais de celui-ci consécutivement à l’élection toute
récente de l’équipe de M. Jean Charest à la tête de l’état québécois???). Il n’y
a qu’à voir Montréal, par exemple (secteurs massivement francophones
compris), métropole québécoise qui ressemble de plus en plus à ce qu’elle
étalait dans les années soixante – ville où la langue officielle du Québec se
fait de plus en plus discrète sous mille formes, nettes ou insidieuses (c’est
selon), de bilinguisation sinon carrément d’unilinguisation anglaise. Au reste,
on peut en dire autant de l’Outaouais – dont l’anglo-bilinguisme en Gatineau n’a
d’égal que l’unilinguisme anglais tous azimuts d’Ottawa (Canadian Capital,
faut-il le rappeler, d’un pays officiellement bilingue).

(Le 20 avril 2003)