MONTRÉAL ET SES NOMS DE RUES

MONTRéAL ET SES NOMS DE RUES

Modifications de noms de rues à Montréal

La toponymie est très souvent le plus important reflet d’une ville. Dans le
cas de Montréal, elle porte son image internationale. Or, aujourd’hui, beaucoup
de noms de rues de la métropole québécoise ne semblent pas appropriées. Ainsi,
pour un étranger (que je suis), voir par exemple une rue Amherst est
profondément désagréable voire choquant. Je vous propose ainsi quelques
changements de noms pour certaines rues.

Rue Sherbrooke devient Rue Camille-Laurin
C’est une manière de rendre hommage à un grand québécois, artisan de la Loi 101,
qui a fait du français la langue commune de tous les Québécois, sans distinction
d’origine ou de religion. Cette loi est certainement une des lois québécoises
les plus importantes et les plus courageuses, qui a façonné le Québec
contemporain. Dans cet esprit, il me semble que Camille Laurin mérite vraiment
de donner son nom à une grande artère de Montréal.
(par la même occasion, la station de métro Sherbrooke deviendrait
Camille-Laurin)

Rue University devient Rue de l’Université
Le mot university n’a aucune signification dans une ville francophone. Au
contraire, ce mot laisse même planer un doute vis-à-vis du monde sur la
francophonie de Montréal.

Rue Amherst devient Rue Toussaint-Louverture (et le Square Amherst
Place d’Haïti
)
Toussaint-Louverture, un Haïtien, fut l’artisan de l’indépendance d’Haïti en
1804. Donner ce nom à une rue serait rendre hommage à tous les Haïtiens vivant à
Montréal, à la veille de la célébration du bicentenaire de l’indépendance
d’Haïti. Et d’autre part je vous l’assure, beaucoup de gens sont souvent choqués
de voir que le général Amherst, célèbre pour ses couvertures empoisonnées, ait
une rue à Montréal.

Rue Wolfe devient Rue des Montagnais
Il semble vraiment curieux que Montréal célèbre la mémoire de Wolfe, l’artisan
de la prise de Québec en 1759 et de la chute de la Nouvelle-France. Donner le
nom de Montagnais à cette rue serait un bon moyen de rendre hommage à ce peuple
amérindien.

Rue Bridge devient Rue du Pont
Le mot bridge n’a pas de signification dans une ville francophone.

Square Victoria devient Place de la Nouvelle-France
Montréal, la métropole de l’Amérique française, se doit de perpétuer le nom de
Nouvelle-France. Si Montréal ne célèbre pas ce nom, aucune autre ville dans le
monde ne le fera. Ce qui fait l’originalité et l’intérêt de Montréal aux yeux du
reste du monde, c’est bien d’être la seule ville d’expression française en
Amérique du Nord, et l’héritière de l’immense Nouvelle-France.
(par la même occasion la station de métro Square-Victoria deviendrait
Nouvelle-France)

Boulevard Dorchester à Westmount devient lui aussi Boulevard René-Lévesque

Rue Peel devient Rue de la Grande Paix de Montréal
La Grande Paix de Montréal, dont on a fêté les 300 ans en 2001, est une
véritable fierté pour l’histoire du Québec et de l’Amérique française. Elle
symbolise une rencontre fondée sur le respect mutuel entre les Français et les
Amérindiens. Donner ce nom à une rue permettrait de rendre hommage à tous les
Amérindiens du Québec.
(et par la même occasion, la station de métro Peel deviendrait Maisonneuve : il
semble absolument nécessaire de donner au fondateur de Montréal, Paul Chomedey
de Maisonneuve, le nom d’une station de métro)

Rue Bishop devient Rue de l’évêque
Le mot bishop n’a aucun sens dans une ville francophone.

Square Dorchester devient Place du Québec
Ainsi on aura de part et d’autre du Boulevard René-Lévesque la Place du Canada
et la Place du Québec.

L’Axe McGill – Victoria – Rue Beaver-Hall – Rue Aylmer devient Rue
de la Louisiane

Unifier cet axe est une façon de célébrer cet état américain très lié
historiquement au Québec, et donc de se tourner vers l’Amérique du Nord, et non
plus vers l’héritage colonial britannique.

Rue Wellington devient Rue des Illinois
Les Illinois sont un peuple amérindien qui a eu des liens très étroits avec les
Français et Canadiens-français du Mississippi. Donner ce nom est aussi un moyen
de célébrer l’état américain de l’Illinois.

Avenue McGill College devient Avenue de l’Université McGill
Le mot college en anglais ne désigne pas un collège mais une université, une
grande école. Le mot college n’a donc aucun sens dans une ville francophone.

Rue City Councillors devient Rue du Conseil Municipal
L’expression city councillors n’a aucun sens dans une ville francophone.

Rue Queen devient Rue de la Reine
Le mot queen n’a rien à faire dans une ville francophone.

Rue King devient Rue du Roi
Le mot king n’a rien à faire dans une ville francophone.

Quai King-Edward devient Quai Samuel de Champlain
Ainsi, avec le Quai Samuel de Champlain à côté du Quai Jacques-Cartier, le
Vieux-Port célèbrerait les deux fondateurs du Québec.

Je suis bien convaincu que Montréal est une grande métropole internationale
nord-américaine dont l’originalité est bien d’être d’expression française et de
contribuer à la diversité culturelle de l’Amérique du Nord.

Vu de l’étranger, Montréal est une ville particulièrement ouverte sur la
francophonie et sur le monde en général. La toponymie doit être un des témoins
de cette ouverture. Montréal doit aussi par la même occasion célébrer sa propre
histoire, l’histoire du Québec, l’histoire de l’Amérique française (car aucune
autre métropole ne le fera à sa place). Il me semble que Montréal ne peut plus
célébrer la mémoire de gens comme Amherst, qui furent des bourreaux à la fois
pour les Canadiens-français et pour les peuples amérindiens.

Amicales salutations de la France.

Nicolas Prévost (Paris, France)
PREVOSTN@aol.com

(Le 1er avril 2003)