LUTTE CONTRE LA DOLLARISATION DU TOURISME

LUTTE CONTRE LA DOLLARISATION DU TOURISME
Voici un article très intéressant, qui donne, en quelque sorte, suite à la réflexion que nous avions écrite au ministre du Tourisme roumain.

Tarifs en dollars prohibés (Article paru dans le journal « Les Nouvelles de Roumanie »)

Dan Matei Agaton, le ministre du Tourisme, a interdit l’affichage des prix des restaurants et hôtels, ainsi que de l’ensemble de prestations touristiques, en dollars. Seuls les lei et les euros sont autorisés à partir du 1er janvier 2003. Le ministre entend ainsi lutter contre la tendance à la dollarisation du tourisme roumain, alors que le nombre d’Américains visitant le pays est très faible.

Roumains et Européens constituant de très loin le premier contingent de touristes.

En 2001, un peu moins de 5 millions de Roumains et d’étrangers ont visité la Roumanie : 2.2 millions Bucarest et les grandes villes, 750 000 les stations de montagne, 650 000 les stations thermales et autant les stations de la Mer noire, et moins de 50 000 personnes le delta du Danube.

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La preuve qu’écrire n’est pas inutile. Encore moins si un grand nombre de touristes le font. Et même, sans en attendre une réponse personnelle, cela peut aider à changer les opinions.

Meilleurs voeux à vous tous
Arlette Renaud-Boué
rolrena@club-internet.fr

(Le 4 janvier 2003)


LETTRE AU MINISTRE DU TOURISME DE LA ROUMANIE

Mme Arlette Renaud-Boué
Épernon – FRANCE

épernon, le 23 septembre 2002

Monsieur Dan Matei AGATON
Ministre du Tourisme
Apolodor n° 17
Sector 5 BUCURESTI

à lattention de Monsieur le Ministre du Tourisme

Monsieur le Ministre,

Cet été mon mari et moi avons eu loccasion de faire un nouveau voyage en Roumanie, pays auquel nous sommes très attachés pour y avoir, depuis des années, développer de nombreux contacts et dauthentiques amitiés.

Nous avons constaté avec joie, le développement du tourisme rural et nous ne regrettons nullement d’avoir favorisé l’hébergement chez l’habitant, tout aussi enrichissant que chaleureux, plutôt que lhébergement à l’hôtel trop souvent décevant rapport qualité/prix.
Nous avons été très satisfaits des agences de tourisme qui ont su répondre à nos demandes et nous réserver des hébergements convenables. Plus qu
ailleurs, nous gardons un excellent souvenir de notre passage dans Le Maramures.

Toutefois, il ne me semble pas inutile de vous transmettre nos quelques impressions ou observations d’ordre général sur la Roumanie. On peut se demander :

  • Pourquoi ce pays, qui a adhéré à la Francophonie et souhaite entrer dans l’Union européenne, ne rêve que de s’américaniser, se laisse envahir par une myriade de parasols Coca-cola, jusqu’au plus profond de ses belles campagnes…
  • Pourquoi les traductions sont systématiquement faites en anglais, alors qu’on ne rencontre pratiquement aucun touriste d’outre-atlantique. Qu’en Transylvanie, elles soient faites en allemand, par rapport à l’Histoire, nous paraît normal, en français pour un pays francophone le serait tout autant.
  • Pourquoi, quand on essaie de communiquer en roumain avec les commerçants, la plupart d’entre eux se croient plus « modernes » en nous répondant en anglais…. Ce qui nous irrite beaucoup, nous qui faisons, avec plaisir, leffort dapprendre et de parler votre langue…
  • Pourquoi, entendons-nous parler en dollar. L’euro étant désormais pratiquement égal au billet vert, il serait grand temps et « indispensable », que les Roumains apprennent à parler en euro, ce qui justifierait leur demande d’entrée dans l’Union européenne.
  • Enfin, fait très vexatoire, nous admettons difficilement que les touristes doivent payer, le double, voir le triple, leur droit d’entrée dans les monastères et autres… Ce n’est pas la bonne méthode pour attirer le touriste…

Nous apprécions vivement le développement du réseau de tourisme rural. Nous encourageons vivement la diversité et le culte des coutumes et des traditions populaires qui sont la richesse de votre Culture. Nous avons passé un excellent séjour et si je vous confie nos impressions, cest uniquement dans un but constructif, pour espérer rencontrer un accueil encore plus chaleureux lors dun prochain voyage.

Nous vous prions dagréer, Monsieur le Ministre du Tourisme, lexpression de notre haute considération distinguée.

Arlette Renaud-Boué