L’OQLF INTERPELLÉ

L’OQLF INTERPELLé

info-plaintes@oqlf.gouv.qc.ca

Il y a neuf ans j’ai acheté chez Sears un four à micro-ondes Kenmore (la
marque-maison si je ne m’abuse). Toutes les touches étaient en anglais,
toutes les indications apparaissant sur le petit écran à cristaux liquides
aussi. Pas moyen de trouver un four avec des indications en français dans
les magasins.

J’avais écrit à l’OLF pour me plaindre de cette situation. On m’avait
répondu qu’on n’y pouvait rien : les inscriptions gravées ou intégrées aux
marchandises n’étant pas régies par les lois linguistiques. Près de dix ans
plus tard, il me semble que rien n’a changé dans les magasins (toujours pas
de four à micro-ondes avec des indications en français, aucune adaptation de
la loi).

Comment peut-on justifier cet état de fait alors que la francisation (ou la
multilinguisation) de ces appareils pourrait avoir été prévue dans les
nouveaux modèles (si des gouvernements ou des regroupement de consommateurs
ont bien retransmis les plaintes et suggestions, ce qui n’est pas sûr) ?

En effet, bien conçue, cette adaptation pourrait ne représenter qu’un coût
infime par rapport au prix total des appareils (une touche de configuration
"langue" pour les messages sur l’écran et un panneau — adhésif ? — libellé
en français pour s’adapter aux touches). Cette remarque s’applique, bien
évidemment, pour de nombreux autres appareils électroniques pour lesquels il
est souvent difficile de trouver un affichage français (à la notable
exception, par exemple, de Xerox et HP qui font un excellent travail dans ce
domaine).

L’OLF pourrait-elle nous expliquer ce statisme désolant ? La loi ou les
règlements qui s’y appliquent ne pourraient-ils pas être modernisés pour
prendre en compte l’intérêt des consommateurs qui n’a souvent pas la
possibilité d’avoir un appareil dans sa langue et la facilité d’adaptation
linguistique des appareils électroniques destinés au grand-public ?

P. Andries
Roxton Falls (*)
(Québec)
hapax@iquebec.com

(*) La Commission de toponymie a encore du travail, mais il semble qu’on
débaptise plus facilement ce qui est écrit à la française (la rivière
Chamouchouane qui appartient à tous rebaptisée Ashuapmushuan en 1984).
Rendre français un lieu uniformément francophone serait vindicatif (prétexte
entendu mille fois à Montréal quand on a voulu rebaptiser les rues
King/Queen/Bridge pendant la rénovation de ce quartier à l’époque
quasi-désert), affubler d’une graphie anglaise un lieu jouxtant une
population à 3% montagnaise serait une marque d’ouverture d’esprit.

(Le 19 avril 2003)