LES PIRES ENNEMIS DU CANADA

ANTAGONISMES

Par : Pierre Bianchi

(Les cas exceptionnels ne sont pas tenus en compte dans ce texte)

Les Anglo-Québécois seraient-ils les pires ennemis du Canada?

En conséquence seraient-ils donc les meilleurs amis du Québec?

Suivez ce chemin tortueux qui vous conduira peut-être à conclure que les Anglo-Québécois, tout en ayant un comportement indifférent ou même très hostile à tout ce qui est québécois, ont un comportement collectif nuisible à l’unité canadienne.

Vous resterez alors incrédules, car connaissant l’antagonisme qui existe entre le Canada et le Québec, vous aviez toujours pensé que les anglophones du Québec étaient les ennemis du Québec, donc les amis du Canada.

Vous pourrez alors, en paraphrasant le fameux « what does Quebec want » des Anglo-Canadiens, vous poser la question : « les Anglo-Québécois que cherchent-ils en ayant un tel comportement? ».

Vous arriverez peut-être à cette conclusion : « les Anglo-Québécois vivent généralement en vase clos exactement comme dans un ghetto ». Ils sont donc un ‘corps étranger’ à l’intérieur du Québec et ils ne se rendent même pas compte que leur comportement nuit à l’unité canadienne.

Un point de vue « étranger »

Je regarde les choses d’un point de vue extérieur, car je ne suis pas né au Canada.

De ce point de vue je constate que le Canada a tendance à devenir de plus en plus un pays unitaire et, de surcroît, de langue anglaise unique.

Cet état de fait peut très bien convenir aux citoyens de toutes les provinces hormis le Québec. Que leurs citoyens soient de langue anglaise ou non. S’ils ne sont ni anglophones ni francophones, la chose leur convient pour plusieurs raisons y compris le fait que l’Amérique du Nord est très majoritairement anglophone et qu’ils ne s’attendent pas à ce que leur langue d’origine, autre que l’anglais ou le français, jouisse d’un statut de langue officielle au Canada. Les francophones hors Québec? Les Anglo-Canadiens considèrent désormais leur cas comme un fait folklorique et d’ailleurs ils font tout pour qu’il en soit ainsi. Avez-vous entendu un Acadien du Nouveau-Brunswick (province officiellement bilingue) parler en français? Quelle peine! Il a été tellement obligé de parler l’anglais qu’il en a perdu son « latin ».

La fameuse loi sur les langues officielles du Canada.

La loi sur les langues officielles du Canada n’est même pas respectée par ceux-là même qui la prônent. Cette loi n’existe que pour que le Canada puisse se donner bonne conscience. C’est un peu comme le fait que sur les billets de banque figurent deux langues; l’anglais et le français. En outre, cette loi a pour effet de protéger la minorité anglaise du Québec. Et peut-être même que la vraie raison qui a motivé sa création était celle-là.

En dehors de ces constats, le français n’existe virtuellement en aucune province excepté le Québec. Il s’en trouvera toujours pour dire qu’on parle français à Hawksbury, à Plantagenêt et à Saint-Boniface. Je les remercie de me le rappeler. Et Moncton vous l’auriez oublié? ô Caraquet de mes amours!

Non-reconnaissance du caractère spécifique du Québec.

Or, ce Québec, seule province canadienne au statut de province unilingue française, son peuple je veux dire, n’est même pas reconnu comme tel par le Canada dans son ensemble.

Dans une optique de pays unitaire rien de plus normal. Même que si toutes les provinces étaient uniquement anglophones ou uniquement francophones, cela, à la limite, pourrait convenir. Il se trouvera toujours quelqu’un pour dire que même certaines provinces autres que le Québec ont des revendications que le Canada ne satisfait pas totalement, mais certaines différences régionales existent dans tous les pays du monde sans que cela ne constitue un problème insurmontable mettant en cause l’unité du pays.

La latinité

Un gros problème du Canada, et d’après moi il faut être aveugle ou malintentionné pour ne pas le voir, est le fait que le Québec est très différent des autres provinces. Et ce n’est même pas uniquement la langue qui fait la différence. C’est la culture, la manière de penser, la façon de vivre, de s’organiser et bien d’autres facteurs que je ne précise pas en ce moment. J’irais jusqu’à dire ceci : le reste du Canada étant ce qu’il est, si nous remplacions les Québécois francophones du Québec par des Espagnols, des Italiens ou des Portugais, le Canada aurait les mêmes problèmes d’unité nationale ou même pires.

Vraiment?

De prime abord, cette affirmation semble absurde et fausse, car si nous regardons le comportement des personnes originaires de ces pays, nous observons qu’ils semblent tous anglophiles et nous constatons qu’ils s’intègrent majoritairement au groupe anglophone. Dans cette pseudo-observation et dans cette constatation, nous négligeons un point si important que toute notre analyse s’en trouve faussée. Les raisons qui font que ces personnes optent pour l’anglais et s’intègrent majoritairement au groupe anglophone sont les mêmes que pour bon nombre de nouveaux arrivants, à savoir;

1) Le Canada représente souvent un tremplin vers les états-Unis.

2) L’Amérique du Nord est très majoritairement anglophone.

3) La langue anglaise jouit d’un statut international enviable.

4) Si on ne connaît ni le français ni l’anglais et qu’on doit commencer par en apprendre une de ces langues, celle qui nous permettra de travailler immédiatement et gagner notre vie tout en ignorant l’autre langue… eh bien, cette langue c’est l’anglais.

La langue du pain

Il existe une expression en italien et qui vaut aussi pour tous les autres : c’est « la lingua del pane » c’est-à-dire, la langue du pain. La langue du pain, c’est-à-dire la langue qui permet de gagner sa croûte. Voilà qui montre bien, si encore on en doutait, que le statut de la langue anglaise est hors de proportion par rapport au nombre des anglophones du Québec. Mais qui est-ce qui permet à des gens qui ignorent la seule langue officielle du Québec d’obtenir un emploi s’ils connaissent (lire : baragouinent) la langue anglaise alors que si c’était le contraire ils crèveraient de faim? Qui va répondre?

Bonne ou mauvaise analyse?

Certains seront tentés de me contredire dans cette analyse en disant que cela pouvait être vrai il y cinquante ans, que maintenant les nouveaux arrivants sont déjà plus instruits que ceux qui les ont précédés et que conséquemment cela ne devrait pas tenir. Il y a une partie de vérité dans cela, mais c’est contrebalancé par le fait que ceux qui arrivent maintenant et qui s’intègrent dans le groupe dont ils font partie, désormais ne font que continuer ce que leurs prédécesseurs ont commencé.

Le soussigné peut vous confirmer que ceux qui sortent du rang doivent nager contre-courant et ce n’est pas facile.

Donc, même les nouveaux arrivants, tout instruits qu’ils sont, suivent le mouvement et, souvent sans s’en rendre compte, perpétuent ainsi l’injustice faite au peuple canadien-français.

En se fiant à cette analyse imparfaite, il semblerait normal de penser que si des Espagnols, des Italiens ou des Portugais remplaçaient les Québécois francophones du Québec, le Canada ne devrait pas avoir de problème d’unité nationale. On pourrait même penser qu’un pays unitaire de langue anglaise ferait leur affaire.

Erreur!

Si nous remplacions les Québécois francophones du Québec par les mêmes individus qui forment ces groupes actuellement présents au Québec, peut-être qu’il n’y aurait pas de problème d’unité nationale au Canada. Par contre si nous prenions des entités importantes issues directement d’Espagne, d’Italie ou du Portugal et que nous les implantions ici en leur attribuant sensiblement la même histoire que les Québécois francophones ont eu à subir… … ce serait une tout autre histoire. On pourrait même dire sans grande crainte de se tromper que si, depuis les débuts, des Espagnols, des Italiens ou des Portugais avaient été à la place des Québécois francophones, l’histoire du Canada aurait été différente, car ces gens ne se seraient pas laissé manger la laine sur leur dos. Dans le cas de certains de ces groupes, l’histoire aurait même été sanglante.

Mais pourquoi alors tout ça? C’est bien simple!

Encore la latinité

Des Espagnols, des Italiens ou des Portugais tout autant que des Québécois francophones ce sont des Latins. Voilà le noeud de l’affaire!

Si vous êtes latin, que vous voyagez et que vous visitiez un pays latin, très vite vous vous sentirez chez vous, même si ce n’est pas votre pays et même si dans ce pays latin la langue parlée n’est pas la vôtre. Si de plus la langue était la vôtre, alors là vous êtes chez vous.

Ce n’est pas la même chose avec un pays anglo-saxon. Vous serez bien reçus, bien servis et tout, mais vous ne vous sentirez pas chez vous.

Ce n’est pas du racisme. C’est juste une réalité qui souvent est cachée à dessein.

L’incompatibilité qui existe entre Latins et Anglo-saxons est plus grande que celle qui peut exister entre Latins et Grecs ou même entre Latins et Arabes.

Si à la place des Québécois francophones (Latins) il y avait au Québec des Arabes, des Grecs ou d’autres nationalités y aurait-il incompatibilité avec les Anglo-saxons? Le Canada aurait-il les mêmes problèmes?

La question reste posée.

Une solution S.V.P!

Pour le moment voilà d’une manière assez succincte le problème d’unité nationale du Canada qui est posé.

Comment le résoudre? (Question de 100 millions de dollars)

Imaginons pour un moment que le Québec fût anglophone. Y aurait-il problème au Canada? Seulement si les autres provinces étaient francophones et que dans au moins une province il y avait une minorité de l’autre langue. Si toutes les provinces étaient homogènes quant à la langue parlée sur leurs territoires respectifs, il n’y aurait probablement pas de problème.

Imaginons toutes les provinces francophones ou toutes les provinces anglophones. Y aurait-il problème d’unité nationale au Canada? Jamais de la vie!

Imaginons maintenant le Canada tel qu’il est sauf que le Québec, lui, serait composé uniquement de francophones. Y aurait-il problème au Canada? On peut parier qu’il n’y en aurait pas ou si peu. Pourquoi? Parce que le reste du Canada n’aurait pas la préoccupation de s’assurer que la minorité anglaise du Québec soit traitée avec des gants blancs et qu’elle puisse vivre ici comme eux vivent là-bas, c’est-à-dire sans besoin de parler français et en bénéficiant de tous les services que les citoyens à part entière sont en droit de s’attendre à recevoir.

Conclusion hâtive?

Donc le problème du Canada ce seraient les anglophones du Québec et plus particulièrement ceux de Montréal.

Essayons d’expliquer.

Je ne suis pas historien, mais voici quelques avenues de réflexion pour que vous puissiez pousser votre recherche plus à fond.

En fouillant un peu dans des textes historiques que certains voudraient garder cachés, on apprend que depuis les origines à aujourd’hui le peuple canadien-français, qu’on appelle aujourd’hui les Québécois, a eu à subir de la part des anglophones toutes sortes de tracasseries quand ce n’était pas des déportations, des assassinats, des incendies de maisons et de fermes, etc.

N’oublions pas que les Québécois d’aujourd’hui, descendants directs des Canadiens-Français d’hier, ont dû changer leur nom plusieurs fois à cause des « Anglais ».

En effet au départ les Québécois s’appelaient les « Canadiens (Canayens)» et les autres les « Anglais ».

Mais quand les « Anglais » se sont approprié le nom « Canadiens » les « vrais Canadiens » se sont fait appeler « Canadiens-Français » et ensuite « Québécois » pour se différencier.

D’un point de vue « étranger » comme le mien, c’est une histoire proprement abracadabrante.

Sauvés par les circonstances.

C’est un concours de circonstances qui a fait que ce peuple existe encore comme tel aujourd’hui tout en n’ayant pas « jeté dehors » son envahisseur. Car souvent c’est ce qui arrive; ou bien l’envahisseur ne réussit pas dans son dessein et il est « jeté dehors », ou bien les survivants du peuple conquis s’assimilent au peuple envahisseur (et c’est ce que les Anglo-Canadiens continuent d’essayer).

Mais dans la période où ces évènements marquants pour ce peuple se produisaient, il en arrivait d’autres internationalement qui ont influencé l’envahisseur à se retenir d’aller jusqu’au bout.

La révolte des Patriotes de 1837-1838

Il y a un peu plus de cent soixante ans, ce peuple n’en pouvant plus d’être subjugué, a tenté de se libérer. Cette révolte fut écrasée dans le sang et le peuple fut soumis à un régime encore plus sévère. Cet événement porte le nom de « La révolte des Patriotes de 1837-1838 ».

Plus près de nous il y a eu ce qui est convenu d’appeler « la conscription ». Les Canadiens-Français ont eu beau voter NON! Le reste du Canada a voté OUI et la loi a passé. Le Canada avait besoin de chair à canon et il a envoyé les Canadiens-Français se faire tuer en Europe.

Conférences fédérales-provinciales à n’en plus finir.

Depuis les années ’60 plusieurs tentatives ont été faites pour amener le peuple canadien-français à se « fondre » dans le tout canadien.

D’innombrables conférences fédérales-provinciales qui échouaient, des « Victoria », des « lac Meech », des « Charlottetown » et la cerise sur le gâteau qu’a été le rapatriement unilatéral de la constitution en 1982 qui, dans les faits, nie l’existence du peuple québécois et en fait une minorité parmi tant d’autres.

La belle formule « deux peuples fondateurs » a apparemment sombré dans les eaux troubles d’un certain lac…

Le Canada a proclamé la loi des mesures de guerre en temps de paix en 1970 prétextant une crise ou une insurrection appréhendée alors que c’était faux (aujourd’hui nous en avons les preuves). Cet acte était dirigé contre le Québec. Le Canada a donc fait arrêter environ 500 personnes québécoises sans mandat et sans qu’aucune accusation ne soit portée contre elles.

Interventions fédérales antidémocratiques.

Ces dernières décennies, plusieurs interventions indues du fédéral ont influencé les résultats de plébiscites québécois en complète contradiction de la démocratie et même de la simple bienséance. Le prétexte invoqué par le fédéral était qu’il défendait les intérêts de certains citoyens. Il venait ainsi soustraire ces citoyens du jeu démocratique pratiquant ainsi une démocratie à sens unique.

Où trouver d’autres informations.

Voici pêle-mêle des liens internet où vous trouverez matière à vous faire dresser les cheveux. Malheureusement, plusieurs sont en anglais, mais à cause de cela ils témoignent de leur véridicité, car l’ennemi n’écrit pas contre soi-même. Aussi vous pourriez lire, de Normand Lester, « LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS » tomes I, II et III.

http://www.themercurypress.ca/nonfiction/Impossible.html

http://www.republiquelibre.org/cousture/

http://www.usask.ca/education/ideas/tplan/sslp/kkk.htm

http://www.vigile.net/groulx/cahiers8pres1.html

http://www.stratnet.ucalgary.ca/journal/1998/article5.html

http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/francais/fransk/saskfrancais/vol1/i87-104.pdf

Voilà pour l’explication historique.

Droits et privilèges exorbitants.

Et à la fin de toute cette entreprise, les anglophones du Québec se sont retrouvés avec des droits exorbitants comparés à ceux des autres minorités de par le monde et surtout comparés aux droits des minorités francophones du Canada hors du Québec.

De plus cette minorité anglo-québécoise, a joui d’une puissance économique supérieure à celle de la majorité francophone, parce qu’elle a fait jouer tous les leviers politico-économiques qui l’ont toujours favorisée. Nous constatons aujourd’hui que cette minorité jouit encore de :

1) Un réseau complet d’enseignement à tous les niveaux y compris des universités mieux équipées que celles de la majorité. Ce réseau est financé à même les fonds publics et il constitue un pôle d’attraction pour les nouveaux arrivants et même pour des Québécois francophones.

2) Un réseau hospitalier aussi bien équipé que leur réseau d’enseignement.

3) Des institutions qui lui sont propres comme les journaux, les postes de radio et de télévision, etc. qui, comme pour l’enseignement ou la santé, attirent même les Québécois francophones devenant, de par ce fait, un véhicule d’anglicisation et d’assimilation.

4) Des organismes voués à la promotion de la langue et de la culture anglaise qui, dans les faits, sont des organismes qui luttent efficacement pour neutraliser ou même contrecarrer les efforts des francophones pour défendre leur langue. Il faut noter qu’en Amérique du Nord s’il y a une langue menacée c’est bien le français et non pas l’anglais. Donc ces organismes, dont Alliance-Québec est le plus connu, sous prétexte de protéger les droits des anglophones (qui ne sont pas menacés), en réalité nuisent à l’épanouissement du français et constituent même une menace pour sa survie. Notons aussi que ces organismes reçoivent un financement du fédéral qui provient des impôts de tous les Québécois.

Une minorité bien sage?

Au fait, cette minorité anglo-québécoise ne se croit pas une minorité et elle se comporte comme une majorité.

Puisque le Canada dans son ensemble ne reconnaît pas l’existence du peuple québécois, pourquoi cette minorité devrait-elle le reconnaître?

Alors, elle se comporte comme la majorité anglaise des autres provinces et elle exige d’être servie en anglais partout. Or pour que ces citoyens puissent être servis en anglais partout il faut que partout il y ait un petit « Canadien-Français de service » qui, lui, doit être « bilingue » (lire : en voie d’assimilation). Les lois, bien que très généreuses à son égard, ne lui accordent que le droit à ses institutions précitées et, au niveau fédéral, le droit d’être servie en anglais dans les agences du gouvernement fédéral désignées. En passant, cette loi dite des langues officielles n’est effective que pour eux, car en dehors du Québec il est très difficile de se faire servir en français même dans ces agences.

Mauvais citoyens du Canada.

Que penserions-nous, tout francophones que nous sommes, d’un citoyen canadien de langue française qui, en Alberta par exemple, prétendrait vivre en citoyen à part entière en ignorant la langue anglaise? Nous penserions que c’est un fou, car, même s’il essayait fort et même s’il était plein de fric, il ne réussirait pas. Mais même si à cause de son fric il devait réussir, cela nous semblerait-il juste et raisonnable? Absolument pas! La très grande majorité autour de toi est anglophone et si tu veux vivre là-bas tu t’adaptes et tu parles anglais. Ou bien tu t’en vas ailleurs.

Le contraire est pourtant ce qui se passe ici. La très grande majorité est de langue française et néanmoins il y a des anglophones qui prétendent vivre en citoyens à part entière tout en ignorant le français.

Bons citoyens du Canada.

Nous sommes en visite chez notre oncle Georges à Vancouver. Tout comme nous il est francophone. Il vit et travaille en anglais, car il est un bon citoyen canadien qui vit en Colombie-Britannique où la langue de la majorité est l’anglais.

Tout à coup le téléphone sonne et l’oncle Georges répond en disant « Yes? ». Pourquoi a-t-il répondu en anglais? C’est simple! Le téléphone communique avec l’extérieur et l’extérieur est anglais. Et si en appelant sa cousine Lucille il s’est trompé de numéro, il va dire « Sorry, wrong number! ».

Le bon citoyen canadien qu’est notre oncle répond en anglais au téléphone ainsi qu’il parle en anglais dans la rue s’il demande un renseignement. Il fait de même à la banque, au restaurant, chez le coiffeur, sur l’autobus, à la clinique et même au bureau de poste, car il sait que, même si la loi sur les langues officielles du Canada lui permettait, en théorie, d’être servi en français au bureau de poste, en pratique il n’en est rien. En bon citoyen canadien, il s’adapte, il prend sa pilule et il ne cause pas de trouble.

Lorsqu’il est en compagnie des siens ou avec des amis francophones, là il parle en français. C’est un comportement tout à fait normal. Si je veux vivre en Chine je suis aussi bien de parler en chinois si je ne veux pas mourir de faim.

Mauvais citoyens du Canada.

Que font les membres de la minorité anglaise du Québec et particulièrement ceux de Montréal?

C’est exactement le contraire de ce que fait notre oncle Georges à Vancouver.

Non seulement qu’ils répondent en anglais au téléphone qui pourtant communique avec l’extérieur et que l’extérieur est français. Mais même si l’interlocuteur est quelqu’un qui parle en français, ils le forcent à parler en anglais si la personne veut communiquer avec eux. S’ils appellent quelqu’un des leurs, qu’ils se sont trompés de numéro et que la personne qui répond parle français, ils vont dire « Sorry, wrong number! », car pour eux c’est cette personne qui n’est pas à sa place puisqu’elle leur parle en français.

Le mauvais citoyen canadien qu’est l’anglophone du Québec répond au téléphone en parlant en anglais ainsi qu’il parle en anglais dans la rue s’il demande un renseignement. Il fait de même à la banque, au restaurant, chez le coiffeur, sur l’autobus, à la clinique et au bureau de poste. Le bureau de poste serait, parmi ceux qu’on vient de citer, le seul endroit où ce citoyen aurait le droit d’être servi en anglais, mais il ne le sait pas. Pour lui le bureau de poste est un endroit comme un autre. Il n’a même pas besoin de penser qu’il existe une loi sur les langues officielles du Canada lui permettant d’être servi en anglais au bureau de poste. Il se fait servir en anglais partout.

Pourquoi parlons-nous de bons et de mauvais citoyens canadiens?

Parce que si le Canada a des problèmes d’unité nationale c’est bien à cause de cette minorité anglo-québécoise qui se prend pour une majorité.

Peut-être que les plus surpris par cette affirmation seront les Québécois francophones eux-mêmes, car ils n’ont jamais envisagé les choses sous cet angle.

Mais la réalité est celle-là. S’il n’existait pas d’anglophones au Québec ou si les anglophones du Québec se comportaient en bons citoyens canadiens un peu à l’image de notre oncle Georges de Vancouver, le Canada n’aurait pas de problème d’unité nationale. Et un certain petit gars de Shawinigan aurait peut-être raison d’affirmer que le Canada est le plusss meilleur pays du monde.

Nous imaginions tantôt le Canada tel qu’il est actuellement sauf que le Québec, lui, serait composé uniquement de francophones. Nous pouvions raisonnablement imaginer qu’il n’y aurait pas eu de problème d’unité nationale au Canada.

En effet, le fédéral ne se serait jamais senti obligé de contrecarrer les visées québécoises en fait de langue puisque cela n’aurait nui à personne. Par contre, puisque le Canada prend soin de sa minorité anglaise du Québec comme de « la prunelle de ses yeux », il fait tout en son pouvoir pour la protéger, conscient que ces efforts vont dans le même sens que ceux qu’il déploierait de toute manière pour continuer l’assimilation des Québécois francophones.

Car, ne nous illusionnons pas là-dessus; s’il n’y avait pas une minorité anglaise à « protéger » au Québec, le Canada n’aurait pas besoin de dépenser les sommes énormes qu’il dépense en essayant de résoudre le problème d’unité nationale, en assimilant peu à peu les francophones au lieu que de mettre au pas la minorité anglaise du Québec.

Un seul exemple de ces dépenses; le montant alloué au Québec pour la fête du Canada n’a aucune commune mesure avec la proportion de la population du Québec comparée aux autres provinces. C’est même le seul cas où on peut dire que le « Canada est très généreux envers le Québec ».

N’oublions jamais, qu’ici au Québec, un avancement de la langue française est perçu par les anglophones comme un recul de l’anglais.

Cela est même tout à fait vrai, car la lutte est bien celle-là. Il ne peut pas exister la possibilité que la langue française et la langue anglaise puissent coexister harmonieusement, pacifiquement et s’épanouir convenablement toutes les deux. Dans le meilleur des cas, si les francophones ne font pas attention, l’anglais prend le dessus. Nous n’avons qu’à regarder ce qui se passe internationalement. L’hégémonie anglo-saxonne est à l’oeuvre constamment et partout.

Nous avons vu que les Anglo-Québécois ne sont pas les amis du Québec. D’un autre côté, leur comportement nuisible au Canada laisse penser qu’ils ne sont pas les amis du Canada non plus. Mais alors de qui sont-ils les amis et que cherchent-ils donc en ayant ce bizarre de comportement?

Pourrions-nous aider les Anglo-Québécois à comprendre?

Nous disions au début que les Anglo-Québécois ne se rendent même pas compte que leur comportement nuit à l’unité canadienne.

Pourrions-nous les aider?

Nous devrions leur faire comprendre qu’ils se comportent en mauvais citoyens DU CANADA. Car c’est à cause d’eux qu’au Québec il y a un fort courant indépendantiste. Si eux se comportaient comme toute minorité bien sage, le CANADA n’aurait plus de problème d’unité nationale.

Par contre, leur comportement favorise la BRISURE du Canada. Voilà pourquoi ils sont les pires ennemis DU CANADA (tout en restant les pires ennemis du Québec aussi).

Si nous réussissions dans cet exploit, le salut du Canada poindrait à l’horizon.

Nous savons cependant que…

Bien sûr que nous savons très bien que leur comportement inacceptable vient du fait qu’ils ne se sentent pas une minorité, mais bien une majorité. Pour eux le Québec n’existe pas et ils sont citoyens du CANADA. Conséquemment, ils se comportent comme la majorité qu’ils croient être. Et, comme je le décrivais plus haut, dès qu’ils sentent qu’un Québécois essaie de leur enlever ce qu’ils croient être « leurs droits sacrés » (d’utiliser leur langue en toute circonstance, par exemple), ils changent complètement d’attitude et ils deviennent très méchants. Nos chances de les convaincre sont donc très minces.

Une longue expérience à servir les Anglo-Québécois sans utiliser leur langue (faut le faire!).

J’ai travaillé très longtemps avec le public dans le transport en commun surtout dans l’ouest de Montréal.

L’Anglophone qui s’adresse à vous en anglais, chose normale pour lui, si vous le servez même en baragouinant un peu sa langue, reste très gentil avec vous.

Or moi, depuis l’avènement de la Charte de la langue française, j’ai systématiquement refusé tout service qui ne se ferait pas complètement en français.

Cela veut dire en clair que si la personne s’adressait à moi en anglais, elle n’obtenait pas le service escompté. Si la personne ne m’avait pas parlé en français, tout en restant courtois, je la laissais « partir bredouille ». J’ai donc été privilégié de pouvoir faire beaucoup d’expériences qui m’ont permis de voir le vrai visage de l’Anglo-Québécois contrarié dans ce qu’il croyait être son « droit sacré », c’est-à-dire, d’être servi dans sa langue.

Je ne le répéterai jamais assez; si vous n’avez pas refusé à un anglophone un service qu’il croyait avoir le droit de recevoir dans sa langue, vous ne pourrez pas comprendre complètement ce que je dis.

Visages hideux. Comportement parasitaire

J’ai donc vu des visages hideux, j’ai subi la hargne et les menaces et j’ai été l’objet de plaintes et de mesures disciplinaires de la part de l’employeur qui était à genoux devant eux.

Et j’ai vu leur comportement parasitaire. Je les ai entendus dire : « This bus driver shouldn’t be allowed to drive the bus if he doesn’t speak English! Imagine if some tourist comes along and he doesn’t speak English! » en réaction à mon comportement. D’après eux j’aurais dû parler anglais pas pour eux, mais bien pour d’éventuels touristes (et, bien sûr, eux en auraient profité, les parasites!)

Et ils jouent aussi sur toutes les cordes, même celle de l’ignorance « I wish I could speak as good French as you speak English » (cela m’arrivait avant la loi 101, car après elle ils ne m’ont jamais plus entendu prononcer un mot en anglais).

Peut-il y avoir une conclusion? Ce serait peut-être intéressant!

Je vous disais que je ne suis pas né ici.

En arrivant à Montréal en 1965 et en ayant été confronté aux demandes de m’exhiber en anglais si je voulais travailler, je me suis informé de source sûre au sujet des pourcentages respectifs des francophones et des anglophones.

Ayant su que les francophones représentaient environ le 82% de la population d’ici, je me suis dit : « dans quel pays normal la minorité dicte sa loi à la majorité? ».

J’ai alors vu l’injustice à l’oeuvre et comme l’injustice ne fait pas bon ménage avec moi, j’ai commencé à faire naître en moi le désir de m’associer au peuple opprimé dans ses droits.

Pour moi la seule conclusion logique serait que tous les anglophones du Québec se comportent en bons citoyens du Canada et qu’ils utilisent la langue française dans toutes les sphères de la vie publique québécoise.

Ils n’auraient qu’à prendre l’exemple de notre oncle Georges de Vancouver!

La parole aux experts

Je laisse les derniers mots à des gens plus compétents que moi.

Ce qui suit je l’ai pris quelque part.

Il a donc déjà été dit que…

« La Charte de la langue française vise à « faire du français la langue de l’état et de la loi aussi bien que la langue normale et habituelle de travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires». Cet objectif implique que le «français doit devenir la langue commune de tous les Québécois.» (La politique québécoise de la langue française, 1977, Bilan 1996.) Il doit être connu de tous et «servir d’instrument de communication dans les situations de contact entre Québécois francophones et non francophones.» (Commission Gendron, 1972.)

Jean Dansereau (1996) précise que le français sera devenu langue commune quand il sera la langue de communication dans une rencontre publique entre les citoyens de toutes langues et de toutes origines. Comme c’est le cas pour la langue officielle dans la plupart des pays, au Québec, le français devrait normalement être le moyen de communication inter linguistique, la langue d’usage utilisée en public autant entre un francophone et un anglophone, qu’entre un allophone et un francophone ou un anglophone et un allophone.

Faire du français la langue commune et officielle du Québec constitue un facteur essentiel à la cohésion sociale et à l’inclusion de tous les citoyens dans la même sphère de droits et de devoirs. »

Et voilà.

Pierre Bianchi

La reproduction et la distribution de ce document sont fortement encouragées.

courriels : pierre34@sympatico.ca.

: pierre34@ssjb.com

Pierre Bianchi est un néo-Québécois qui a, depuis presque son arrivée en 1965, épousé la cause du peuple québécois.

Il a écrit trois textes et un tract.

L’ordre chronologique d’écriture de ces textes a été: 1-Antagonismes, 2-Comportements, 3-GRRR_les_anglophones. Le tract découle de ces textes.

NDLR – Les quatre articles de M. Bianchi sont publiés dans le site Internet d’Impératif français www.imperatif-francais.org avec les titres suivants :

MON PATRON NE PARLE PAS FRANÇAIS

Québec – Quels sont mes droits ?

ÊTES-VOUS FOUS ?

Québec – Choyer les anglophones !

CUIRE UN OEUF OU BALAYER LA RUE

Québec – La connaissance de l’anglais est requise.

LES PIRES ENNEMIS DU CANADA

Canada – Les pires ennemis du Québec!

(Le 21 décembre 2003)