LE FRANÇAIS, ÇA S’IMPOSE !

LE FRANçAIS, çA S’IMPOSE…

(Le texte suivant de notre correspondant suisse Pierre G. Théus est extrait
du Journal Français de décembre 2002. )

DéFENSE DE LA LANGUE FRANçAISE

L’action volontariste de citoyens sur le terrain

La Francophonie est un vaste ensemble de sujets que nous connaissons. Hélas,
nous sommes souvent contraints de faire de la propédeutique, la Francophonie
souffrant d’un véritable déficit de communication, fruit de l’ignorance. Et
pourtant…, nous écrivait notre Ambassadeur à Berne, Michel de Bonnecorse, la
défense de la langue française est un combat permanent. Le gouvernement s’est
engagé fortement pour la promotion de la diversité culturelle afin de faire
reconnaître ce principe dans toutes les instances internationales. Et
l’Ambassadeur d’ajouter : « La défense de la langue française passe aussi par
l’action volontariste des citoyens qui s’engagent sur le terrain ». C’est ce qui
a été notre option, dès l’an 2000. Nous avons pu une nouvelle fois constater que
le français pose pas mal de problèmes de vocabulaire, d’orthographe et de
sémantique. Casuistique à mettre en forme pour arriver à bien communiquer. En
effet, comment ne pas être troublés par l’ambivalence de la prospective ? Un
exemple… Tantôt on nous dit « Les anglicismes nous envahissent » ce qui permet
de répondre : « Allons donc, ce ne sont pourtant que des termes d’origine
latine, dignes de figurer dans la langue française ».

Communiquer :
étymologiquement, c’est rendre commun.

Nous avons donc adressé à 6 journaux de Suisse romande un texte idoine pour
lancer un appel destiné à stimuler leurs lecteurs pour la (ré-)animation de la
langue française. Cet appel a été étudié et entendu. Nous avons pris comme
figure de proue Denise Bombardier, écrivain et vedette de la télévision du
Québec, chantre du français. Le Ministère de la Culture et des Communications du
Québec avait été informé de ce qui précède (à l’instar de certaines universités
québécoises). Le Ministère nous a écrit fort aimablement parlant de « notre
dévouement à cette noble cause ». Puis nous avons entamé d’excellentes relations
avec Jean-Paul Perreault, président de « Impératif français ». Toujours au
Québec, « Impératif français », dirigé de main de maître par son président,
publie tout ce que nous envoyons (dans la « Tribune de Genève ») au sujet de la
Francophonie et/ou lorsque nous parlons du Québec. La réciproque est valable, si
bien que les lecteurs de nos deux journaux sont informés.

Enfin, nous recevons régulièrement d’une personne amie (de et à Athènes) des
textes rédigés par des étudiants grecs et diffusés, toujours en français, dans
les pays européens par le journal « Pax » qui les distribue. Ces actions nous
obligent à prendre certains risques et nous veillons à leur garder une totale
authenticité. Mais, après tout, c’est un Américain, Abraham Lincoln, qui l’a
écrit : « On peut tromper tout le monde quelque temps sur ce qui est réellement.
On peut tromper quelques personnes tout le temps, mais on ne peut pas tromper
tout le monde tout le temps ».

Et pour finir, nous dirons, comme nos amis du Québec :
LE FRANçAIS çA S’IMPOSE !
Pierre G. Théus
Genève, Suisse

Des étudiants de divers pays européens rédigent en français leur propre
journal : LE PAX
Les Grecs du lycée Arsakio de Thessalonique sont particulièrement brillants,
preuve en est le texte ci-dessous, remarquable.

POUR VOUS MES FRèRES PERDUS

Alors mes frères, il n’y a plus rien qui reste sauf une ombre qui s’efface?
Le bruit de vos pas s’éloigne et il n’y a plus rien que je puisse faire pour
vous. Pourquoi oh mes frères?
Vos rêves s’abîment, à peine tissés.
Je vous vois condamnés aux projets sans départ, ruinés dès le début. Pourquoi oh
mes frères?
Mes amis disparus derrière l’horizon, ce n’est que votre vie perdue que je vois.
Vos souvenirs même sont morts dans l’étouffement de votre prison.
Les murmures de l’espoir se sont tus.
Dans l’obscurité absolue de la non-pensée, où allez-vous mes frères?
Un jour la terre ne sera plus qu’un espace désert, où se confondront le jour et
la nuit.
Les vivants sur la terre ne vivront plus que dans la misère d’un silence de
mort.
Pourquoi oh mes frères?
Mon coeur, sans voix, se hâte pour s’approcher de vous, mais vous vous éloignez
comme des feuilles légères d’automne.
Pourquoi oh mes frères?
Je fais quelques pas dans l’illusion d’un bonheur impossible avant de retourner
là où je ne sais plus ce qui m’attend… L’impasse terrible sans doute et
l’horreur de la mémoire.
Pourquoi oh mes frères?
Je traverse la distance, et le temps marche d’étoile en étoile oh mes frères.
Mais toujours le réveil est plus clair.
Un chant d’oiseau s’élèvera oh mes frères, pourvu qu’il y ait toujours une
lumière qui brille silencieusement dans le coin le plus secret de nos coeurs.

(Le 29 janvier 2003)