LE FRANÇAIS, LANGUE COMMUNE ET D’USAGE PUBLIC

Le français, langue commune et d’usage public
« Il est bien normal pour les municipalités non reconnues « bilingues
» de n’utiliser que le français dans leurs textes et documents à l’intention des
citoyens. »

La Regional Association of West-Quebecers (RAWQ) cite le communiqué de
l’Office québécois de la langue française du 17 septembre 1999 pour tenter de
faire progresser l’anglicisation de la nouvelle ville de Gatineau. Sauf que la
RAWQ oublie de mentionner que ce communiqué s’adressait aux municipalités du
Pontiac et de l’Estrie qui refusent de respecter la Charte de la langue
française
qui « exige qu’une municipalité utilise la langue française dans
les textes et documents destinés au public ».

L’Office dénonçait ainsi ces municipalités du Pontiac et de l’Estrie qui,
dérogeant à leurs obligations, privent depuis plusieurs années les citoyens de
ces régions de leurs droits linguistiques. La lecture du livre Les sacrifiés de
la bonne entente : histoire des francophones du Pontiac du professeur Luc
Bouvier pourrait en instruire plus d’un sur le sort peu enviable que les
municipalités du Pontiac font et continuent de faire subir
aux francophones de cette région.

Le communiqué de l’Office québécois de la langue française n’avait donc pas
pour objectif, contrairement à ce que laisse entendre la Regional Association of
West-Quebecers, d’angliciser les municipalités du Québec, mais bien le
contraire.

Dans un échange de correspondance avec le président d’Impératif français, le
chef des communications à l’Office québécois de la langue française, M. Gérald
Paquette écrivait, en parlant de la politique québécoise visant à faire du
français la langue commune, qu’il « était bien normal pour les municipalités non
reconnues « bilingues » de n’utiliser que le français dans leurs textes et
documents à l’intention des citoyens. »

M. Paquette précisait aussi que « l’Office québécois de la langue française
fait la promotion d’une pratique linguistique qui favorise l’usage du français
comme langue des communications publiques. C’est la langue française qui est
dans une situation précaire et non la langue anglaise. Il faut d’abord s’assurer
de l’usage du français comme langue commune avant de décider d’utiliser
également une autre langue à la suite d’une demande de certains citoyens. »

Il ajoutait à l’intention de la nouvelle ville de Gatineau : « nous disons
aux élus municipaux d’avoir le courage de leur conviction. De plus, nous leur
rappelons que la pratique de l’unilinguisme français est tout à fait appropriée
dans le cadre de la politique linguistique de leur municipalité.»

Espérons que le message soit bien reçu car les récentes données statistiques
du recensement de 2001 confirment la fragilité de la langue et de la culture
d’expression française à Gatineau en regard de celles d’expression anglaise : la
langue anglaise voit son importance augmenter de 14 % grâce à l’assimilation des
allophones et même des francophones. à lui seul le secteur d’Aylmer est
responsable de 71 % de tous les transferts vers la langue anglaise où les taux
d’anglicisation des francophones et des allophones, respectivement de 6,63 % et
45 %, sont parmi les plus élevés au Québec!

Pas étonnant, dès lors, de voir et d’entendre la Regional Association of
West-Quebecers et l’Alliance canadienne, réclamer du Conseil municipal de
Gatineau qu’il étende à l’ensemble de la nouvelle ville les pratiques
anglicisantes de l’ex-ville d’Aylmer !

Source :

Jean-Paul Perreault
Impératif français

Président@imperatif-francais.org

www.imperatif-francais.org