LA VOLONTÉ DE FRANCISER AU QUÉBEC

Selon une étude réalisée en 1984 par le Conseil supérieure de la langue
française (CSLF), les inscriptions gravées sur les appareils d’usage courant
devraient OBLIGATOIREMENT être en français:

LA VOLONTé DE FRANCISER AU QUéBEC
Voici ce qu’en dit cette étude du CSLF accessible à l’adresse

http://www.cslf.gouv.qc.ca/Publications/PubC144/C144-2.html

Le règlement no 9 de la Charte de la langue française exempte de l’obligation
de rédiger en français les inscriptions sur les produits venant de l’extérieur
du Québec si, entre autres, les inscriptions sont « gravées, cuites, incrustées,
soudées, rivetées ou moulées de façon permanente au produit ». Cette exemption
touche une foule de produits d’utilisation quotidienne vendus au Québec comme
les automobiles, les stéréos, les téléviseurs, les appareils ménagers. Le sujet
est important et le statut du français est bien en cause. Même si la loi n’offre
aucun recours dans ce cas précis, les Québécois désirent-ils néanmoins des
inscriptions en français sur ces produits?

La réponse est très fermement affirmative. Près de 100 % des Québécois de
toutes origines linguistiques croient que des inscriptions en français devraient
être placées sur les appareils d’usage courant. De fait, 9 % des francophones
souhaitent que ces inscriptions soient unilingues françaises et 90 % qu’elles
soient en français et en anglais.

Une seconde question demandait jusqu’à quel point il est important que ces
inscriptions soient en français. On obtient alors 90 % de francophones qui
trouvent important (très, 63,0 %; assez, 27,4 %) pour eux que ces inscriptions
soient en français. Les anglophones (62 %) et les allophones (71 %) sont aussi
très majoritairement enclins à trouver important que ces inscriptions soient en
français (lire bilingues).

Maintenant, selon quelle modalité cette francisation des inscriptions sur les
appareils d’usage courant devrait-elle se faire? Ici, la subtilité du sujet
entraine une certaine ambiguïté. D’une part, environ les deux tiers des
francophones se satisferaient de l’ajout de plaques en français sur les
appareils plutôt que d’inscriptions gravées comme c’est le cas pour l’anglais et
seulement 16 % des francophones croient que cette façon de faire enlaidit les
appareils. D’autre part, 96 % de ces mêmes francophones croient que le français
devrait obligatoirement occuper une aussi bonne place que l’anglais sur les
machines et appareils vendus au Québec. On voit l’ambiguïté : l’ajout de petites
plaques en français procure-t-il une aussi bonne place au français qu’à
l’anglais sur ces produits? On aura probablement outrepassé ici les limites de
l’entrevue téléphonique.

Par ailleurs, un paradoxe surgit lorsque l’on compare l’opinion des
francophones à celle des anglophones. Ces derniers se satisferaient beaucoup
moins de l’ajout de plaques en français (50,6 % contre 65,7 %) que les
francophones et croient davantage (24 %) que cela enlaidit les appareils (les
francophones : 16 %). Ces ambiguïtés et paradoxes sont probablement imputables à
la difficulté du sujet lorsque l’on veut trop préciser l’opinion.

Les réponses aux dernières questions (4b et 4c) sur les inscriptions en
français témoignent de la confiance envers la capacité du Québec de faire
progresser encore la francisation. Ainsi, 95 % des francophones croient que les
manufacturiers américains ou japonais accepteraient de mettre des inscriptions
en français pour le marché du Québec et 79 % ne croient pas que le marché du
Québec soit trop petit pour exiger des inscriptions en français sur les produits
en cause. à peu de chose près, les anglophones et les allophones partagent le
même avis.

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Malgré cette volonté populaire bien claire de franciser au Québec, un
correspondant, M. Patrick Andries, nous a fait remarquer que, dans le dernier
numéro de Protégez-Vous (octobre 2003,
http://www.pv.qc.ca/), un tableau
comparatif de 13 fours à micro-ondes indique que plusieurs ont toujours un
affichage unilingue anglais et qu’à peine quelques-uns ont un affichage partiel
en français.

Voici les modèles sans affichage en français :
Panasonic NN-S563-BF
Goldstar GMS-1124TW
LG MS-119SE
Samsung MW1230WA
LG LMS-8020UW
Sharp R-310F(K)C
Whirlpool YMT4110SK
Kenmore DMW953W
LG MC 156SH (four à convection)

Et les modèles avec un affichage en partie en français :
GE JE1045 GBC (écran liquide en français) : 155 $
Danby DMW 953 W (commandes en français) : 85 $
Panasonic NN-GX35SF (commandes) : 170 $
Panasonic NN-C980 W (four à convection, écran liquide) : 670 $

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Il faut dire que malgré la volonté des citoyens clairement exprimée dans l’étude
du CSLF, la Charte de la langue française persiste à encourager à ce chapitre le
non-respect des francophones comme en témoigne le libellé suivant des «
Règlements d’application de la Charte de la langue française » à l’adresse:
http://www.olf.gouv.qc.ca/charte/reglements/regcommaffaires1.html

Charte de la langue française
(L.R.Q., c. C-11, a. 53, 58 et 67; 1993, c. 40, a. 16, 18 et 21) SECTION I
DéROGATIONS à L’ARTICLE 51 DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANçAISE

3. Une inscription sur un produit peut être rédigée uniquement dans une autre
langue que le français dans les cas suivants : […] 6o le produit provient de l’extérieur du Québec et l’inscription est
gravée, cuite ou incrustée dans le produit lui-même, y est rivetée ou
soudée, ou encore y figure en relief, de façon permanente. Cependant, les
inscriptions concernant la sécurité doivent être rédigées en français et
apparaître sur le produit ou l’accompagner de façon permanente.

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Quelques adresses utiles :

Madame Line Beauchamp
Ministre responsable de la langue française
line.beauchamp@mcc.gouv.qc.ca

Conseil supérieur de la langue française
cslfq@cslf.gouv.qc.ca

Office québécois de la langue française
webmestre@oqlf.gouv.qc.ca

(Le 9 octobre 2003)