« TOULON 2004 HIV MEETING »

Allongé tout du long dans la Cité « premier échelon » de Napoléon
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Re : « TOULON 2004 HIV MEETING »
http://www.avps.org/ et/ou http://www.avps.org/2003/hiv.htm et/ou http://www.avps.org/2002/indexa.htm
Courriels (dont Dr. Alain Lafeuillade, « Chair… ») :
AVPS@club-internet.fr (et : HIVToulon.Overcome@wanadoo.fr)

« Che per variar natura è bella »
Le Tasse

Le malheur avec vous (que dis-je, la tragédie), cousins Français, c’est que vous en êtes désormais (et ce, depuis maintenant plusieurs années)* à estimer qu’« être international » signifie vous nier vous-mêmes dans votre personnalité spécifique.

Les Français (et l’Europe francienne de manière générale, car la France exerce une influence extrêmement pernicieuse sur la Belgique, le Luxembourg et la Suisse, en particulier, mais aussi, force est de le reconnaître, à l’endroit du continent africain) adoptent face à l’internationalité l’attitude même, naguère, de leurs ‘colonies’ vis-à-vis d’eux; i.e. comme des êtres « inférieurs » (qui se percevaient tels consécutivement au « travail constant et assidu d’éducation exécuté par la métropole ») qui se voyaient convaincus précisément qu’être quelqu’un, c’était partager la langue et la culture du Maître. Et ce jusqu’aux Indes de Pondichéry, l’Indochine de Diên Biên Phu, la Mélanésie de Nouméa, le Maghreb de Tataouine, l’Afrique noire de Cotonou.

Comment une société évoluée, instruite et moderne comme la vôtre – la Nation de l’Encyclopédie et des Droits de l’Homme – est-elle parvenue à fouler aux pieds des valeurs aussi élémentaires, fondamentales, constitutives du tissu humain, que le Respect de soi et la Dignité? Voilà pour moi – fils de Français venu en Nouveau-Monde au XVIIe siècle depuis le vieux port de La Rochelle, en Charente – une interrogation douloureuse sinon soigneusement métaphysique.

La France fut jadis un phare pour l’humanité tout entière. était-il donc nécessaire – comportement singulièrement pathologique afin de faire amende honorable de ses errances historiques? – qu’elle pousse ensuite l’humilité jusqu’au plus profond mépris d’elle-même?

Je fus amoureux d’un pays. Et ardemment. Je ne le suis plus que d’une Idée, d’ailleurs de plus en plus vague. Car, on l’aura compris, je fus violemment éconduit par « ma » délicieuse Marianne, si belle et désirable en chair, celle-là même qui, par le truchement du génial pinceau de Delacroix, fit jusqu’à ce jour – et ce depuis presque deux cents ans – frissonner de la tête aux pieds l’esprit, le coeur et le corps de tous les Franciens de la Planète. Les Québécois au premier chef.

Mais dites-moi Frenchmen, comment aimer désormais une Femme qui se répugne à elle-même…?

Cela dit franchement à cette France-qui-se-ment, je vous remercie pour l’invitation à votre « meeting ». J’ai le regret de vous informer toutefois que je préfère, et de loin, le United Kingdom, le Ghana (ou même le Canada) lorsque me saisit – ce n’est pas fréquent, mais enfin – une soudaine pulsion d’anglophilie. Pour ce qui me concerne, une France anglaisée – dans la glaise de son amnésie volontaire en quelque sorte, pour éviter ici de paraphraser de La Boétie – n’a plus aucun intérêt. à plus forte raison si elle s’angloétatsunianise – nonobstant ses cocoricos ponctuels de galerie, d’élysée en salons privés, via le quai d’Orsay – par tous les pores de la peau de son tissu social.

Bien à vous donc, Matrie d’hier (et nana de n’importe qui aujourd’hui?). Et le V.I.H. (HIV for you) bien ancré dans la dure-mère d’une tête hélas! devenue fort molle – voire résolument dans le formol.

Jean-Luc Gouin
Peregrin@Q-bec.com

Québec, 5 juin 2003

* L’Auto-Terrassement
– Complément – « De l’Aliénation comme Vertu »