DISCRIMINATION À L’EMBAUCHE

DISCRIMINATION à L’EMBAUCHE

NDLR – Courriel d’une immigrante désabusée par les pratiques québécoises discriminant contre les francophones :

Je suis arrivée récemment au Québec, je suis française et le marché de l’emploi est difficile à percer. Je fais partie des communautés non visibles, et ne suis pas québécoise. Le fait de ne pas parler anglais reste un handicap au niveau des emplois, on demande de plus en plus de parler anglais dans le domaine par exemple du Secrétariat. Par conséquent je reste interrogative sur le but de la promotion de l’immigration au Québec que l’on fait en France ( genre revue telle que Rebondir et des émissions TV….) car à l’arrivée les choses sont différentes, on se demande si l’on a vraiment besoin de nous ?

Une nouvelle Québécoise victime de discrimination !

***********

Réponse d’Impératif français dénonçant ces pratiques d’exclusion :

Madame,

Vous avez tout à fait raison de vous plaindre et de dénoncer les pratiques d’embauche qui discriminent et excluent certains francophones les privant ainsi, au Québec, de leur droit de travailler et de leur droit de vivre et travailler en français.

Ces pratiques déjà trop répandues dans l’entreprise privée se retrouvent encouragées au sein même des institutions publiques québécoises qui, à leur façon, participent à cette promotion de l’anglicisation des milieux de travail.

D’un côté, le gouvernement du Québec déclare, avec raison, que le français est la langue commune et la langue d’usage public au Québec et de l’autre, il crée lui-même les conditions qui conduisent à exiger ouvertement ou de façon déguisée, du genre « l’anglais est un atout », la maîtrise de l’anglais pour postuler un poste au sein de l’appareil gouvernemental et paragouvernemental québécois, les entreprises privées se trouvant ainsi encouragées à faire de même.

Par exemple, plusieurs institutions publiques « québécoises » vous accueillent avec des messages pré-enregistrés au téléphone qui vous offrent, sans que vous ayez eu à le demander, le service en anglais du genre « If you want the service in English, press… » ou encore « If you want to hear this message in English, press… ». Dans certains cas, certaines iront même jusqu’à offrir l’accès au message en anglais avant même que le message en français n’ait été entendu en entier. Il s’agit là d’un exemple flagrant de promotion active du bilinguisme institutionnel et de ses conséquences comme conditions d’embauche et sur l’anglicisation des milieux de travail.

Si le gouvernement du Québec était sérieux lorsqu’il déclare que le français est la langue commune et la langue d’usage public au Québec, il créerait des conditions pour que les non-francophones parlent le français au lieu d’encourager le bilinguisme institutionnel lequel a comme conséquence regrettable de favoriser l’unilinguisme individuel anglais et d’inciter les immigrants non francophones à opter pour l’anglais comme langue d’usage. Les statistiques démographiques sur la connaissance des langues sont à ce sujet fort éloquentes quant à l’anglicisation des immigrants au Québec, plus particulièrement à Montréal.

Il est déplorable de constater que l’anglicisation du travail est à ce point répandue au Québec, pour ne pas dire en progression, qu’il est de plus en plus rare de trouver une offre d’emploi qui ne réclame pas la connaissance de l’anglais. Cette bilinguisation (anglicisation) systématique du travail ne saurait exister sans l’appui des instances gouvernementales !

Nous comprenons donc très bien vos frustrations et celles de plusieurs autres immigrants qui ont répondu favorablement à l’invitation lancée par la publicité gouvermementale à venir vous installer au Québec pour par après se sentir floués constatant que cet état et ses insitutions créent des conditions qui rendent difficiles, voire impossible, leur intégration au marché du travail.

Vous trouverez ci-après deux textes avec leurs hyperliens qui pourraient vous aider à mieux comprendre ces forces discriminatoires et certains recours qui s’offrent dans ces cas.

L’anglais pour travailler : il y a des limites

NÉCESSITÉ D’UN COUP DE BARRE

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications

Courriel: President@imperatif-francais.org
Site: http://www.imperatif-francais.org