CENTRE CANADIEN JUNO BEACH

CENTRE CANADIEN JUNO BEACH

Décevante. Si un adjectif peut caractériser la visite du Centre Canadien Juno
Beach (Calvados, France), c’est bien celui-là. Car en réalité, que nous apporte
celle-ci de plus que la consultation d’un livre traitant du même thème? Ce
"musée", ou "exposition" -appelons-là comme bon nous semble-, inauguré en grande
pompe par MM. Chrétien et Raffarin à l’occasion de la comémmoration du 59ème
anniversaire du débarquement allié en Normandie (débarquement en l’occurence
canadien sur cette plage de Juno Beach), a pour ambition de faire découvrir à
ses visiteurs l’Histoire du Canada au XXième siècle, en particulier durant la
Seconde Guerre Mondiale, et le rôle joué par ses troupes au cours de cette
dernière. Répondant aux critères du "musée moderne" -entendez une architecture
extérieure métallique se voulant "stylisée" en forme de feuille d’érable-, le
Centre Canadien n’offre en réalité qu’un intérêt restreint quant à son contenu
et à sa présentation : une suite ininterrompue de panneaux bilingues vous expose
les faits, les statistiques, etc. mais l’aspect concret est inexistant si l’on
fait exception des très rares maquettes ou objets personnels exposés. Ajoutez à
cela une horrible cacophonie omniprésente due à l’entremêlement des nombreuses
et imcompréhensibles bandes-son français-anglais, et vous serez comblé…

A noter que l’organisation de l’exposition repose sur un concept immuable
mais implicite selon lequel le Canada, de sa fondation à notre siècle, fut et
est encore un Etat totalement anglophone. Tout visiteur ayant un minimum de
culture générale se verra bien forcé de constater que les présences amérindienne
et française au Canada semblent relever de l’anecdote… Le public est abreuvé
d’informations prenant incontestablement partie pour la majorité anglophone du
pays et l’histoire particulière du Québec ne semble pas être prise en compte
(faut-il y voir un lien avec le fait que le Centre a été partiellement financé
par l’Etat canadien?…)…

De la lecture à n’en plus finir, quelques films sans grand intérêt, des
bandes-son incompréhensibles…et une sortie obligatoire par la boutique du
"lieu de mémoire", regorgeant d’ouvrages (rédigés en anglais pour la plupart)
ayant pour thème unique le Canada (anglophone, donc), de petits drapeaux à
feuille d’érable, des oursons en peluche coiffés du fameux chapeau "scout" de la
police montée, de T-shirts "Juno Beach Center"… De très rares et épars
bouquins traitent du Québec, mais quant à leur contenu…

Oui, vraiment décevant.

Un jeune Normand amoureux du Québec :
francois-oxeant@wanadoo.fr.