CANADIAN GROCERIES AGAINST QUEBECERS… ?

 

CANADIAN GROCERIES AGAINST QUEBECERS…?
Lettre ouverte aux chaînes d’alimentation ayant pignon sur rue dans l’unique état français d’Amérique du Nord

Att. : Les supermarchés suivants

METRO / RICHELIEU / LOEB / SUPER C
http://www.metro.ca/client/fr/Corporatif/Profil/Division.asp
T-phone : 1 800 561-8429

IGA / SOBEYS
http://www.iga.net/FR/
sac@iga.net, randy_huckvale@igacanada.com (vp Canada), Bwiest@igainc.com

LOBLAW (LOBLAWS et WESTON) / PROVIGO (Inter-Marché) / MAXI
http://www.loblaw.com/fr/apercu_profil.html
http://www.provigo.ca/francais/
service_clientèle@weston.ca, service@provigo.ca

–>>> Pour mémoire, l’intervention de M. Nicolas Sylvestre sur le site « Impératif français » lui-même : http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2000-et-moins/mentalite-depicier.html

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Objet : Les « épiciers » à la conquête de la bilinguisation insidieuse du Québec

Il est extrêmement décevant, toutes chaînes commerciales confondues, de constater la politique linguistique partout en vigueur sur le territoire québécois dans les établissements d’alimentation.

Pour l’heure, quoique parmi moult aspects, je retiendrai en priorité :

1) Le CHOIX MUSICAL
2) Les promotions publicitaires diffusées sous forme de CIRCULAIRES HEBDOMADAIRES dans l’ensemble des foyers de la collectivité.

AMERICAN MUSIC ONLY

Nous sommes ici au Québec, où le français est à la fois la langue officielle et massivement la langue de la majorité (langue véhiculaire de facto). Les anglophones, en effet, représentent à peine 8% de la population du Québec. Or dans ces supermarchés on n’entend à toutes fins utiles que de la chanson anglo-américaine (la chanson d’expression française, du reste, n’y est pas seulement réduite à sa plus simple expression mais également confinée à un répertoire sottement commercial et de fort médiocre qualité). Et ce, aussi bien en métropole et en capitale qu’en province. So, anywhere!

Et à la faveur de réflexions ou commentaires formulés sur le sujet auprès des propriétaires concernés (ou de la gérance des lieux), une réponse revient invariablement tel le mantra d’un ‘valet’ ou d’un quelconque ‘subordonné’… « étranger en son propre pays » (ainsi que le dirait le poète) : « On n’y peut rien, ce sont des entreprises indépendantes liées contractuellement avec la maison-mère…».

On n’y peut rien, quoi : c’est Toronto (!?!) qui décide quelle langue nous devons avaliser à Montréal, Québec, Tracy, Rouyn, Saguenay ou Sainte-Lucie s/mer. Ainsi les sages et dociles employés des succursales «locales» – même lorsque propriétaires, même lorsqu’il s’agit d’organisations proprement québécoises (METRO-RICHELIEU)! – retrouvent les bons vieux réflexes de colonisés de leurs aînés d’antan.

D’il y a un demi-siècle.

Messieurs, dames… si « à la journée longue » on vous infusait dans les oreilles du mandarin, du thaï de l’hébreux, du ouolof ou de l’arabe – même classique! -, seriez-vous si enclins à baisser pavillon – de tête, pas d’oreilles – en prétextant, tels des enfants insouciants ou irresponsables, que vous n’y pouvez rien…?

Bref nous sommes au Québec, et pourtant nous nous laissons littéralement agresser comme si ces multinationales étaient parfaitement autorisées, et justifiées, à imposer aux Québécois la langue du Canada et des United States of America.

Or face à pareil mépris de la clientèle il ne reste, me semble-t-il, qu’un choix : aller faire ses emplettes ailleurs.

CIRCULAIRES HEBDOMADAIRES

Les Francophones représentent 25% de la population canadienne. Or tout est rigoureusement unilingue anglais partout hors-Québec, dont incidemment la publicité et l’affichage (hormis très rares exceptions, comme en Acadie. Quoique…). Et alors que les anglophones du Québec ne représentent que les 8% de la société, faut-il le rappeler, eh bien c’est bilingue tous azimuts dans la patrie de Félix Leclerc. Cherchons l’erreur / Looking for mistake.

Les chaînes d’alimentation du Québec (à l’instar d’entreprises analogues oeuvrant dans des créneaux parallèles, tels les magasins à rayons comme ZELLERS) adoptent la règle ‘séculaire’ du deux poids / deux mesures : anglais en Canada (…officiellement bilingue) / bilingue en Québécie (…officiellement et massivement français).

Aussi face à pareil mépris de la clientèle, il ne reste décidément qu’un choix : …aller faire ses emplettes ailleurs.

Au reste, les petits (et moins petits) épiciers indépendants ne manquent nullement de par le territoire. Et si c’est parfois (encore que) un peu plus onéreux que dans les grandes surfaces, le client, ultimement, se voit largement ‘dédommagé’ aux plans et du respect (notamment de sa langue, bien sûr) et de la qualité d’un service véritablement personnalisé. Et c’est sans compter comme par surcroît l’esprit convivial, sympathique même, que l’on retrouve habituellement en ces lieux.

D’autant plus que cette bilinguisation – cette re-bilinguisation rampante, voire servile, à laquelle nous assistons depuis quelques années, devrait-on dire plus exactement (et ce n’est certes pas le gouvernement ô combien « provincial » actuel, on peut le supputer, qui consacrera grande énergie à y mettre un frein) – se fait de plus en plus généralisée. Quelque captieuse, larvée et sournoise que puisse apparaître celle-ci, par ailleurs : affichage, présentoirs (carrément unilingues anglais, bien souvent!) et moult autres détails qui ne mentent pas.

Pour ma part, à titre de citoyen-consommateur je n’accepte plus désormais que des sociétés d’affaire imposent leurs lois propres – aveugles, exclusivement mercantiles, ‘colonialistes’ et moquant de la sorte la nation tout entière – à l’ensemble de la collectivité à laquelle j’appartiens. Une collectivité qui plus est, par son statut de minoritaire sur cet inContinent, reste toujours extrêmement fragile dans le contexte et de l’Amérique du Nord et… de l’agressive et pompeuse angloétatsunianisation du monde.

En dernière analyse, et compte tenu qu’il doit forcément se nourrir et, par conséquent, fréquenter ces aires quasi journalièrement, quel individu peut réellement espérer échapper, plus ou moins subliminale, à pareille propagande (et amollissement identitaire) de tous les instants…?

IGA / SOBEYS, LOBLAWS (LOBLAW’S) / WESTON, PROVIGO, METRO / RICHELIEU, SUPER C, LOEB, MAXI et al.: Gouvernez-vous en conséquence avant qu’une réaction en « chaîne », et à grand déploiement, ne vienne hanter et votre réputation et votre portefeuille.

étienne LaHire
Saint-Denis s/Richelieu, Québec
LaHire@Q-bec.com, 19 juin 2003