ANGLICISATION DES MÉDIAS FRANÇAIS

ANGLICISATION DES MéDIAS FRANçAIS
France/Francophonie – Sous prétexte que l’anglais est la langue
internationale !

Un homme, dansant sur le trottoir, chante: " I’m singing in the rain, I’m
singing in the rain… Just singing in the rain… "
. Ainsi commence la
publicité télévisée du nouveau modèle de Citroën, la fameuse C3. Le décor, quant
à lui, c’est la rue; rien d’extraordinaire à cela, me direz vous, si ce n’est
que cette rue n’est autre qu’une rue de New York (ou de toute autre
métropole nord-américaine)… Exemple flagrant d’anglicisation progressive des
médias français s’il en est, ce spot n’est pas un cas isolé. Dans le même
registre, prenons celui d’une autre grande marque automobile française, Renault,
où sont vantés les mérites de la dernière mouture de l’Espace, et où l’on voit
un homme marchant dans les rues de la " Grosse Pomme ", entouré d’une foule
compacte mais cependant distante de lui dans un périmètre rappelant la forme -et
donc la taille- du célèbre monospace de la marque. Certes le slogan (" Et si le
vrai luxe, c’étai l’espace ?… ") semble adapté, et nous ne sommes pas là pour
débattre des méthodes publicitaires de telle ou telle grosse marque, mais quelle
interprétation donner à cet omniprésence de l’impérialisme américain ? Les
grands espaces, d’accord… Mais les Etats-Unis ne sont pas la France, et
vice versa
Quant aux fonds sonores de nos spots télévisés, là
encore l’hégémonie anglo-saxonne se fait ressentir. Et bien malgré nous.
Conditionnées par les radios, nos oreilles ne réagissent même pas. Grandes
marques automobiles, produits alimentaires, assurances… tout y passe, et nous ne
nous en apercevons même pas. En toute honnêteté, aucun exemple de chanson
francophone ne me vient à l’esprit. Vous allumez votre télé, et " paf ", quel
est le succès anglophone repris pour la promotion de la nouvelle Machin Chose
quatre roues motrices, pour le forfait avantageux que propose l’opérateur Truc
Muche ? Hein ?

Tenez : un nouvel exemple me vient à l’esprit. Tout le monde connaît
désormais la filiale téléphonie mobile de France Télécom, Orange. Et bien quel
titre peut on entendre pendant la diffusion de cette pub ? Si je vous dis : "
Come together, oh yeah… "
; vous ne voyez pas ? Les Beatles.
Personnellement, je n’ai rien contre ce groupe légendaire. Je les adore, même ;
mais pourquoi les entreprises se sentent-elles obligées de " remixer ", de faire
des reprises de ces titres planétaires anglophones ?… C’est toujours le
même problème ; sous prétexte que l’anglais est la langue internationale
de référence, on nous la ressert à toutes les sauces. Et je suis parfaitement
conscient que le phénomène n’est pas spécifique à la France. Tout le monde y a
le droit. Pays " développés " comme " en développement ", c’est notre lot à
tous. L’Espagne, dont la langue compte des centaines de millions de locuteurs à
travers le monde, la France, l’Allemagne… Tout le monde… Mais que faire, bon
sang, comment endiguer ce phénomène apparemment irréversible d’anglicisation,
sournoise ou déclarée, directe ou indirecte, suggérée ou encouragée ? … Comment
?…

Chauvin, je ne suis pas ; anglophobe, non plus ; anti-américain convaincu,
non plus ; conservateur, nostalgique de la France d’antan ? Non. Je suis
conscient que sans l’anglais, on ne peut plus faire grand-chose aujourd’hui,
du moins en dehors de nos frontières
. Est-ce à dire que la France doit se
fermer, se replier sur elle-même, en bonne " franchouillarde " franco-française,
dédaigneuse et persuadée de sa supériorité culturelle ? Non, non et non. Mais
si, même en France, on ne parle plus que franglais, alors… Alors
n’imaginons pas l’état du monde d’ici à dans quelques décennies…

Ouvert à toute réaction, allant ou non dans le même sens,

francois-oxeant@wanadoo.fr

France, 30 Octobre 2003.