ALSACE : L’ALLEMAND OU L’ANGLAIS ?

ALSACE : L’ALLEMAND OU L’ANGLAIS ?

BILINGUISME Anglais contre allemand ? Une nouvelle polémique


http://www.alsapresse.com/aujourdhui/IRF/article_16.html

L’enseignement des langues vivantes dans l’école primaire suscite une
nouvelle péripétie, alimentée par les craintes -infondées, selon le rectorat
– d’un déclassement de l’allemand, au profit de l’anglais.

Statut spécifique

Après une lettre ouverte du président de l’association des élus du Haut-Rhin
pour la promotion de la langue et de la culture aslaciennes (L’Alsace du 2
décembre), mettant en cause la volonté du rectorat de poursuivre la montée
en charge de l’enseignement de l’allemand extensif, le Comité fédéral des
associations pour la langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle
vient de prendre, à son tour, la plume pour dénoncer, auprès du recteur, une
remise en cause du « statut spécifique de l’enseignement extensif de
l’allemand-langue régionale ». Le comité croit savoir, « par différentes
sources », selon son secrétaire général Christophe Hartmann, que « cette
mise en cause vise à mettre en place un enseignement précoce de l’anglais
dans les écoles primaires et en maternelles » !

« Des inepties »

Suit l’énumération de toutes les raisons plaidant en faveur d’un maintien
d’une primauté de l’allemand, parmi lesquelles l’engagement personnel des
présidents Chirac et Schröder et le fait que les Badois aient rendu le
français obligatoire dans les écoles, etc. Un édifice que remettraient en
cause, écrit-on au recteur, « certains responsables de votre administration
(qui) cherchent à substituer l’anglais à l’allemand, langue régionale, et à
établir de fait son monopole dans tout le pays ». Au rectorat, Jean-Daniel
Zeter, chef de la mission académique aux enseignements et aux relations
internationales (MAERI), déclare : « C’est très clair : le recteur, comme
d’autres, est favorable au multilinguisme qui, de toute façon, dépassera le
bilinguisme. Mais, poursuit-il, il ne va pas développer l’anglais à la place
de l’allemand, mais, en plus de l’allemand et, parfois, de façon parallèle
». Le comité fédéral rappelle lui-même, dans sa lettre ouverte, qu’« une
option pour l’anglais ou une autre langue, comme LV2, est offerte dans notre
région dès la 6e, et, par la suite, sera possible dès le CM2 en application
de la convention ».

70 % anglicistes

Seule nouveauté donc, à en croire M. Zeter, qui évoque des discussions
internes au rectorat, le recteur aurait évoqué « la possibilité que les
classes bilingues puissent avoir accès à l’anglais, dès le CM1 » : « Je
reconnais que là, il peut y avoir débat sur les plans pédagogique et
psycholinguistique ». Le même raisonnement pourrait s’appliquer « en
extensif, lorsque l’enseignement de l’allemand est bien mené. Mais,
toujours, en plus de l’allemand, avec des pratiques qui utiliseraient la
parenté entre les deux langues ». « Tous ceux, qui disent que le recteur a
dit autre chose, disent des inepties », résume M.Zeter, qui rappelle
néanmoins ce constat, peut-être à l’origine de bien des spéculations : « 70
% des enseignants sortant des IUFM sont anglicistes et non germanistes ».

(cet article nous a été communiqué par notre correspondant M. Daniel Duclos
le mercredi 10 décembre 2003)