AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE

AGENCE INTERNATIONALE DE L’éNERGIE
L’AIE défend ses pratiques d’exclusion !

L’échange de correspondance suivant fait suite au texte publié à l’adresse http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2003/lagence-internationale-de-lenergie.html

Pour information, vous trouverez ci-après la réponse du directeur de l’AIE suite à mon courriel de protestation contre l’unilinguisme anglais du site internet http://www.iea.org ainsi que ma réaction.

———- Entête Initiale ———–
De : "MANDIL Claude, IEA/EXD" < Claude.MANDIL@iea.org >
A : "daniel.depoli@voila.fr" < daniel.depoli@voila.fr >
Date : Sat, 23 Aug 2003 17:03:36 +0200
Objet : Site de L’AIE.

Monsieur,

Vous m’avez récemment interrogé sur "l’unilinguisme" de l’AIE, et en particulier sur l’absence d’une version française de son site Internet.

Je dois en préambule rectifier une de vos informations, qui est erronée: contrairement à l’OCDE, l’AIE, agence autonome et créée par un traité séparé, n’a aucune langue officielle. Elle s’est choisie une langue de travail, qui, pour des raisons évidentes tenant à son champ d’action (l’énergie), ne pouvait être que l’anglais. Rendre obligatoire la pratique du français au sein du personnel de l’Agence (personnel qui en principe n’a que des contrats de trois ans) aurait eu pour conséquence de la priver des meilleures compétences existant dans plusieurs pays membres: il est extrêmement rare de trouver un expert australien de l’énergie qui manie notre langue! Rédigé par les agents de l’AIE et destiné à la communauté énergétique mondiale, le site Internet ne pouvait donc être qu’en anglais.

Certes, il aurait été possible de le faire traduire, mais au prix de dépenses qui sont malheureusement peu compatibles avec la modestie du budget qui nous est octroyé par les Etats membres. Croyez que je déplore comme vous cette situation. Contrairement à mes prédécesseurs, j’indique aux candidats à un emploi au sein de l’Agence que la pratique du français, ou au moins la volonté de l’apprendre, est un élément important de mon choix, ne serait-ce que pour m’assurer que les agents profiteront pleinement de trois ans passés dans notre pays.

Je vous prie de croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs

Claude Mandil
Claude.MANDIL@iea.org

Ma réponse :

Cher M

Merci pour votre réponse. Je me permets d’ajouter quelques observations complémentaires : Je dois en préambule rectifier une de vos informations, qui est erronée: contrairement à l’OCDE, l’AIE, agence autonome et créée par un traité séparé, n’a aucune langue officielle.

Je veux bien vous croire mais ce n’est pas ce qui est mentionné dans les offres d’emploi pour les statisticiens : http://www.iea.org/about/statvac.htm Il est clairement écrit : « 5. Very good knowledge of one of the two official languages of the Organisation (English and French) » Rédigé par les agents de l’AIE et destiné à la communauté énergétique mondiale, le site Internet ne pouvait donc être qu’en anglais. Certes, il aurait été possible de le faire traduire, mais au prix de dépenses qui sont malheureusement peu compatibles avec la modestie du budget qui nous est octroyé par les Etats membres.

S’il y avait vraiment la volonté politique de rédiger un site bilingue, on trouverait facilement l’argent.

En tout cas, je trouve vraiment dommageable pour la langue française cette absence du site de l’AIE. Comment promouvoir ensuite le français comme langue des sciences et de la modernité s’il est absent des sites des organisations scientifiques internationales ?

Pour conclure, je vous invite à imprimer et à lire l’argumentaire suivant, texte très intéressant qui montre les effets néfastes de l’anglais pour la recherche française : http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2001/le-francais–une-langue-pour-la-science.html

Bien à vous

Daniel DE POLI
daniel.depoli@voila.fr

(Le 24 août 2003)