UNE LANGUE TRUFFÉE D’EFFETS SPÉCIAUX…

 

Une langue truffée d’effets spéciaux…

Lettre ouverte au cinéma Le Clap (Québec)

 

Petit mot critique serti pour l’occasion dans une pensée douloureuse pour Pauline Julien, qui ce jour même il y a quatre ans s’est retirée de ce monde dans un moment tragique de lucidité. Six pieds sous terre, Juju, tu soeures encore…

Parce que bien des aspects me sont rébarbatifs au Clap, et ce en dépit du fait que vous présentiez le meilleur cinéma à Québec (ce qui n’est pas rien, j’en conviens assurément), je n’avais pas renouvelé ma fidélité à l’échéance de ma dernière carte d’abonnement, il y a quelques mois.

 

Illustration de quelques-uns desdits désagréments (pourtant déjà portés à votre attention depuis longtemps) : ambiance musicale constamment anglo-commercialo-américaine, une p’tite tasse de jus de chaussettes à 2$ que vous présentez comme étant du café, une section non-fumeurs bidon dans votre café, puisqu’un (1) seul fumeur qui pénètre les lieux s’impose à tous illico, le problème dans les salles du manque de discrétion d’une part grandissante de la clientèle (bavardage et bruits de toutes sortes), laquelle clientèle se comporte de plus en plus comme si elle était seule dans ses appartements privés (plus que de simples "rappels" sans conséquences, de véritables mesures de ‘discipline’ s’imposent il me semble), etc.

 

Cela dit, « client captif » en quelque manière, c’est à contrecoeur que je me suis résolu ces derniers jours… à me procurer une nouvelle carte. Mais oh ! quelle ne fut pas ma surprise maintenant de constater qu’on ne savait plus ni lire ni écrire au sein de votre équipe.

 

Ainsi, sur le récépissé que l’on m’a remis lors du paiement du nouvel abonnement, il est indiqué qu’il s’agit d’un : « renouvelement » ; sur un autre document, par le biais duquel on requiert les coordonnées du client, il est écrit : « ce coupon dûment complétée » (au surplus, les virgules insérées dans la phrase complète sont totalement superflues) ; enfin – et simultanément ! – je lisais sur le moniteur derrière la préposée : « Les représentations de film seront déplacé »…

 

Bref, c’est bien impressionnant ces superbes images sur écrans géants, mais la communication ne s’arrête pas là. Et la langue française n’est certainement pas un vulgaire joujou que l’on peut traficoter n’importe comment et à volonté, ne pensez-vous pas ? De pareils coups de dague dans notre langue constituent de véritables plaies de/dans notre culture.

 

Question, en terminant : y a-t-il (au moins) un membre au sein de l’administration du Clap (ne fût-ce que Mlle Marie Chabot, réviseure en titre de la maison) qui ait (au moins) complété, cela dit pourtant sans un soupçon d’arrogance, son cours collégial ?

Nicolas St-Gilles
Mercuriale@MonCanoe.com
Québec, le 1er octobre 2002

Réf. : Site du Clap – http://www.clap.Qc.ca/ Courriel LeClap@Clap.Qc.ca