UN VASTE PROJET D’ANGLICISATION DE LA SUISSE

UN VASTE PROJET D’ANGLICISATION DE LA SUISSE
Suisse – La Confédération va créer un service central de traduction en
anglais.

L’OTAN et le «Partenariat pour la Paix» oblige

Rien qu’en l’an 2000, 25 000 pages ont en été traduites en anglais par
l’administration fédérale en Suisse. La Confédération va maintenant créer un
service central de traduction en anglais sur pied d’égalité avec les
services linguistiques centraux pour les langues nationales, l’allemand, le
français et l’italien. Les préparatifs sont entrés dans leur phase finale:
la Chancellerie fédérale procède même à la sélection des natifs anglophones.
Le plus gros producteur de textes en anglais est le département de la
défense (7780 pages en 2000), l’OTAN et le «Partenariat pour la Paix» oblige.

EEU [
komunikadcentro@esperanto.org
]

La version originale du texte suivant est accessible à l’adresse :

http://www.swissinfo.org/sit/Swissinfo.html?siteSect=111&sid=1055967

«En Suisse, l’anglais joue un rôle toujours plus important.
D’ailleurs, la Confédération va créer un service central de
traduction en anglais.

Ce service sera sur pied d’égalité avec les services
linguistiques centraux allemand, français et italien de
l’administration fédérale. Dans un premier temps, il comptera
trois collaborateurs à plein temps. Mais ce n’est qu’un début.

Des dizaines de milliers de pages

En effet, les besoins en traduction anglaise de
l’administration fédérale sont assez considérables. Selon
une enquête du gouvernement, rien qu’en l’an 2000, 25 000
pages ont en été traduites en anglais.

Or, actuellement, c’est en confiant l’essentiel du travail à
l’extérieur – une solution jugée peu satisfaisante – que l’on a
pu économiser une partie des 17 à 20 traducteurs qui
auraient théoriquement été nécessaires.

Les préparatifs en vue de la création du nouveau service sont
entrés dans leur phase finale. Et la Chancellerie fédérale, qui
s’occupe du dossier, procède actuellement à la sélection des
nombreuses personnes en lice pour les trois postes au concours.

Ces candidats viennent notamment des Etats-Unis et de
Grande-Bretagne. Mais aussi de Suisse et d’Allemagne.

Des problèmes sérieux

C’est en août que le gouvernement a autorisé la création du
nouveau service suite à un rapport qui relevait que la
traduction de textes en anglais posait de très sérieux problèmes.

Le plus gros producteur de textes en anglais est le
Département de la défense (7780 pages en 2000). Il s’agit
surtout de textes du Groupement de l’armement – achats de
matériel militaire – et de l’Etat-major général.

A cet égard, on peut s’imaginer que l’intense coopération
instaurée avec l’OTAN dans le cadre du «Partenariat pour la
Paix» occasionnent bon nombre de textes en anglais.

Et il en va de même pour les activités chapeautées par le
«Groupe de la promotion de la paix et de la coopération en
matière de sécurité» – envoi de soldats suisses à l’étranger
notamment.

Toutes sortes de choses sont traduites: une grande quantité
de rapports techniques, de lettres, de communiqués de
presse, de brochures d’information, de discours et la plupart
des textes adressés par Berne à des institutions ou à des
organisations internationales.

Par ailleurs, un nombre croissant de lois et d’ordonnances
sont également traduites en anglais. C’est le cas, par
exemple, de la loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent
et d’autres dispositions sur le secret bancaire.

Dans ce cas, la qualité des traductions est particulièrement
importante. D’ailleurs, une collaboration avec l’Institut de droit
comparé de Lausanne est envisagée.

Répondre à un besoin urgent

C’est surtout pour coordonner le travail entre les
départements fédéraux et soutenir les secteurs de
l’administration, qui ont un besoin urgent de traductions en
anglais, que le futur service central – qui sera opérationnel
au début de l’été – va être créé.

Le nouveau service s’efforcera aussi de mieux répartir les
travaux entre traducteurs de l’administration et traducteurs
extérieurs. Il devrait en outre favoriser la création d’une
terminologie commune (par banque de données).

Reste à savoir si le développement de la traduction anglaise
se fera au détriment des langues nationales. La Chancellerie
fédérale promet que ce ne sera pas le cas.» (Swiss Info)

swissinfo/Michel Walter