PROTECTION DE LA MINORITÉ FRANCOPHONE EN FLANDRE:

Protection de la minorité francophone en Flandre:

L’APFF s’adresse à la Commission des questions juridiques et des droits de
l’homme du Conseil de l’Europe

De Haan (Belgique), le 20 juin 2002 – L’Association pour la Promotion de la
Francophonie en Flandre (APFF asbl) a fait parvenir une lettre, dont vous
trouverez une copie en annexe, à l’ensemble des membres de la Commission des
questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l’Europe.

La Commission se réunira en effet le 25 juin prochain pour entendre trois
nouveaux experts qui, à la demande de parlementaires flamands, doivent
donner un avis complémentaire sur le contenu du rapport de Mme Lili
Nabholz-Haidegger relatif à la protection des minorités en Belgique.

"Lorsqu’il est question de minorité francophone en Flandre, seuls les
problèmes strictement linguistiques alimentent le débat et retiennent
l’attention de la plupart des médias", fait remarquer Edgar Fonck, directeur
de l’APFF.

"Le rapport de Madame Lili Nabholz-Haidegger met heureusement en relief un
autre aspect de la problématique, qui est trop souvent passé sous silence, à
savoir les difficultés rencontrées par les francophones pour maintenir une
vie culturelle en français dans la région flamande.

Quand tiendra-t-on compte de l’existence, au nord de la Belgique, d’un
nombre important d’associations culturelles francophones? Si elles ne sont
pas soutenues, elles finiront par disparaître."


LETTRE

A propos de la minorité francophone en Flandre (Belgique)

Madame, Monsieur,

La Commission des questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil
de l’Europe se réunira fin juin pour entendre trois nouveaux experts qui, à
la demande de parlementaires flamands, doivent donner un avis complémentaire
sur le contenu du rapport de Mme Lili Nabholz relatif à la protection des
minorités en Belgique.

Le constat établi par la rapporteuse du Conseil de l’Europe est non
seulement parfaitement objectif, mais la reconnaissance des minorités qu’il
préconise est de nature à mettre un terme à un conflit linguistique qui,
dans ce pays, dure depuis plusieurs décennies.

Le rapport observe en substance que les francophones sont une minorité à
protéger en Flandre comme c’est aussi le cas des Flamands en Wallonie. Il
est inexact de dire que ce texte est trop favorable aux francophones. Il a
justement le mérite de prendre en considération les autres minorités dont
la minorité germanophone si souvent oubliée.

Pour ce qui concerne les 300.000 francophones habitant la Flandre (ce
chiffre est une estimation étant donné l’absence délibérée de recensement
linguistique), il existe un problème culturel que le rapport Nabholz relève
en ces termes :

"Les plaintes des francophones vivant en Flandre que j’ai trouvées les plus
fondées étaient celles qui concernaient la culture. De fait, en dehors des
quelques communes à facilités linguistiques, il semble que, en Flandre, le
français soit traité comme une langue étrangère, et non pas comme l’une des
langues de la Belgique et les francophones ont donc beaucoup de mal à faire
vivre la culture francophone en Flandre."

Dans son bulletin "Nouvelles de Flandre" et sur son site internet
(http://www.dmnet.be/ndf), l’Association pour la Promotion de la
Francophonie en Flandre (APFF asbl) a répertorié plus d’une soixantaine
d’associations culturelles francophones actives en Flandre. Au cours de la
saison 2001-2002, elles ont proposé près de 500 activités en français sur
l’ensemble du territoire flamand. L’existence de ces associations est la
preuve indéniable qu’elles répondent à un besoin. Or, suite aux démarches
des autorités flamandes qui ont saisi la Cour d’arbitrage, la survie d’une
partie d’entre elles est mise en péril.

On peut s’interroger sur les motivations réelles des Flamands dans une telle
démarche. La conséquence, c’est l’interdiction faite à la Communauté
française de continuer à accorder des subventions aux associations du nord
du pays. Les Flamands contrôlent ainsi la vie culturelle des francophones,
ce qui n’est pas normal. Les francophones refusent que la francophonie
devienne, en Flandre, une culture de seconde main.

Le français est l’une des langues nationales en Belgique (et l’une des deux
langues officielles du Conseil de l’Europe!). Les associations francophones
doivent être mises sur le même pied que les autres associations. Elles
doivent pouvoir être subventionnées par la communauté francophone et elles
doivent avoir normalement accès à des locaux publics en Flandre pour y
développer librement leurs activités culturelles.

La reconnaissance, dans chacune des régions, du statut de minorité à ceux
qui parlent une autre de nos langues nationales, apporterait l’apaisement et
la sérénité. Et cette décision politique témoignerait d’un état d’esprit
digne d’un pays qui accueille la plupart des institutions européennes.

Veuillez croire à notre haute considération.

Edgar FONCK
directeur

Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF asbl)
Spreeuwenlaan 12, B-8420 De Haan, Belgique
Téléphone: +32(0)59.23.77.01
Télécopie: +32(0)59.23.77.02
Courriel: apff@dmnet.be
Site: http://www.dmnet.be/ndf