ORGANISATION DES NATIONS-UNIES

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Les journalistes ont signé une pétition pour défendre la langue de Molière.

Le français disparaît au profit de l’anglais à l’ONU à Genève…

(Le texte suivant, en partie extrait du quotidien Libération,
nous a été communiqué par notre correspondant M. Claude Rifat
cyrano@aqua.ocn.ne.jp le jeudi 14
février 2002. )

Le français, une langue morte? Pas encore, mais sa lente agonie se poursuit

aux Nations unies jusque dans la cité francophone de Calvin. Un groupe de
journalistes a pris les choses en main pour sonner l’alarme. Ils ont écrit ­
en français ­ une pétition adressée à la porte-parole de l’information,
Marie Heuzé, et signée par leurs nombreux collègues pour s’insurger contre
le fait que certaines organisations du système de l’ONU ne donnent plus
«qu’une place secondaire, voire marginale au français». Or, le français avec
l’anglais sont les deux langues officielles de travail de l’Organisation.
Carences financières

Les pétitionnaires mouchent, sans la désigner nommément, l’Union
internationale des télécommunications (UIT), qui de manière désormais
Proutinière, fait parvenir ses communiqués de presse dans la langue de
Shakespeare. Mais au-delà de l’UIT, le problème est général. Environ, 90%
des documents produits à l’ONU à Genève le sont en langue anglaise au point
que même les personnes de langue maternelle française préfèrent désormais
écrire en anglais ne serait-ce que pour être lus et promouvoir leur
carrière. Certes, les documents continuent à être traduits, mais la vie
quotidienne des organisations se passe en anglais.

Le directeur général des Nations unies à Genève, Vladimir Petrovski,
aujourd’hui sur le départ, après une dizaine d’années en fonction, ne parle
toujours pas la langue de Molière. L’information et la communication aux
médias se font, elles aussi, toujours davantage en anglais, au risque de
«pénaliser, comme le relève la pétition, d’importants contingents de
journalistes chinois, africains, arabes, de l’Europe de l’Est, etc., ne
maîtrisant souvent comme langue de travail que le français».

Dans les différentes agences onusiennes, on avance deux arguments pour
se justifier: le manque de ressources financières et «la nécessité dans
l’urgence
d’informer les journalistes plutôt que d’être linguistiquement correct».
L’initiateur de la pétition, Mostafa Benhamza, de l’agence de presse
marocaine, donne un exemple parmi d’autres, du déclin du français: «A
l’Organisation mondiale du commerce, il faut des jours et des jours, pour
que les traductions françaises nous parviennent et parfois, elles n’arrivent
jamais. De toute manière, à ce moment-là, elles n’ont plus aucun intérêt.»

La mission française ne cache pas sa préoccupation. L’ambassadeur français

auprès de l’ONU a même eu un haut-le-coeur, lorsqu’il s’est rendu à un
séminaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui se tenait à Lyon,
en anglais et… en russe! Finalement, son ministre de la Santé, Bernard
Kouchner, qui était présent s’est exprimé en français. L’honneur fut sauf,
mais de justesse. Face à l’hégémonie de l’anglais, l’heure n’est plus à la
confrontation directe, réalisme oblige. L’ambassadeur de la Francophonie,
Xavier Michel, croit à une stratégie d’alliance avec les hispanophones,
arabophones et russophones pour défendre ce qui reste du plurilinguisme.

(Le texte suivant en partie extrait du quotidien Libération nous a été
communiqué par notre correspondant M. Claude Rifat
cyrano@aqua.ocn.ne.jp le jeudi 14
février 2002)