NON, MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE

NON, MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE
Europe – Québec – L’anglais, l’espéranto
contemporain ?

Monsieur le Premier Ministre,
C’est sur le site d’Impératif Français
que je viens de lire votre déclaration, dans laquelle vous qualifiez l’anglais
d’espéranto contemporain.
Une telle comparaison me parait absolument
fallacieuse
!
Alors que l’espéranto est une langue
neutre
, l’anglais a une vocation nettement partiale qui engendre une
discrimination linguistique éhontée. D’ailleurs, certains anglophones ne se
privent pas de clamer leur supériorité, telle Mme M. Thatcher qui, lors
d’une conférence aux Etats-Unis, s’en est prise violemment à ceux qui
s’opposent à cette évidence : "Au XXIe siècle, le pouvoir dominant est
l’Amérique, la langue dominante est l’anglais, le modèle économique est le
capitalisme anglo-saxon"! Bref, une parfaite apologie d’une puissance unique,
d’une langue unique, d’un système unique, d’une idéologie unique … comme en
ont rêvé bien des esprits totalitaires.
Avec l’espéranto comme langue
commune
, le dialogue se passe dans le respe
ct
mutuel
de la langue, de la culture, de la
dignité de chacun des interlocuteurs. Ce qui n’est jamais le cas lorsque la
langue commune est une langue nationale, tel l’anglais ou le français.
Ce qui ne signifie nullement que je veuille mettre
en doute l’importance de l’anglais actuellement.
Cependant, langue de l’amitié et de la
tolérance, l’espéranto
génère un esprit spécifique qui est très bien
expliqué par un Chinois, prof d’anglais, dans une déclaration à un
journal américain lors d’un séjour linguistique aux états-Unis : "When I speak
Esperanto with an American Esperantist, we meet on a linguistically neutral
basis, so we avoid the risk of butchering the other’s native language. This
prevents embarrassment and misunderstanding, and encourages a free an friendly
exchange of ideas. When two persons shake hands, each extends his hand
halfway, meeting in a neutral zone as a mutual gesture of friendship. So it is
with Esperanto – a linguistic handshake" (Zhou Huanchang, "Esperanto – A
Linguistic Handshake", Los Angeles Times).
Avec l’anglais, les anglophones gardent
égoïstement, dédaigneusement, leur main en poche et les autres doivent
s’escrimer pour aller la leur "shaker" dans leur pantalon!
Non, Monsieur le Premier Ministre, l’anglais ne
peut en aucun cas être comparé à l’espéranto, car tout les différencie. Je
pense qu’on a dû très mal vous informer sur cette question.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre,
l’assurance de ma considération distinguée.
Germain PIRLOT
enseignant
BE-8400 Oostende, Union Européenne

gepir.apro@pandora.be

(Le 1er avril 2002)