MEDIUMCRITÉ…

Mediumcrité…
Lettre ouverte à la radio de Radio-Canada

Certains textes récemment publiés sur le site «Impératif français» (
http://www.imperatif-francais.org/
) concernant la radio de Radio-Canada m’encouragent à mon tour à prendre
clavier pour également «pleurer» ma désespérance. Alors voici à titre
d’illustration (en raccourci) mon sentiment personnel.

Je ne suis pas un auditeur de «Matinaux Presto» (émission du matin sur
la première chaîne, en région de Québec), parce que je me sens constamment
‘agressé’ par la pauvre (approximative pour le moins, disons) qualité de la
langue de la plupart des membres de l’équipe, et donc, forcément, par le
professionnalisme bancal de l’ensemble de l’émission (quand on est incapable de
tenir des propos rigoureusement clairs et intelligibles, en effet, l’information
proposée prend indubitablement la même couleur).

à vrai dire, j’ai passablement abandonné la radio de Radio-Canada (les
deux chaînes confondues) dans les dernières années, essentiellement (mais pas
seulement) pour ce motif. Quand il n’y a pratiquement plus une personne sur deux
sur vos ondes (sinon moins) capable de s’exprimer dans un excellent français, eh
bien je ne puis plus accorder crédibilité aux contenus mêmes. Comment recevoir
avec intelligence des informations (voire de banales opinions…) «garrochées» à
la va-comme-je-te-pousse…? (j’exagère un peu il est vrai, mais enfin)

Toutefois, ce matin du 15 octobre j’ai syntonisé ladite émission parce que
j’avais entendu parler d’un sondage politique régional. Mais – une fois de plus!
– c’est une personne (de la SRC), Mme Rouleau je crois, pour ne pas la
nommer, qui s’exprime sur le sujet dans une langue qui se rapproche de celle de
mon jeune adolescent (rassurez-vous! je veille tout de même à un minimum de
qualité quand …je suis auprès de lui) plus que de l’idiome que nous servait
bellement jadis Radio-Canada.

Je ne veux pas attaquer les personnes en elles-mêmes. Car c’est la SRC qui se
révèle la grande fautive dans ce pareil gâchis. C’est elle, en effet, qui
s’autorise de plus en plus à embaucher je ne sais qui ou quoi (les premiers
venus?). N’y a-t-il donc plus d’individus dans tout le Québec qui sortent des
écoles et/ou des universités doués d’une langue correcte???

Mon dieu que Radio-Canada est devenue décevante. Et je ne parle ici
que de la qualité de la langue. Si j’avais le temps de m’exprimer sur le reste:
les contenus, une radio de plus en plus commerciale (style «privé»), moins
authentiquement culturelle,tendancieuse politiquement… etc. Ah!…

Comment Radio-Canada a-t-elle pu sombrer si bas, et en si peu de
temps?

Il y a longtemps que j’ai abandonné la radio de manière générale, compte tenu
de la médiocrité généralisée – partout. Mais vraiment partout! Or la SRC
semble désormais se convaincre que le succès réside dans le mimétisme de cette
médiocrité (par les contenus de programmation, une langue d’ado ou peu s’en faut
[une syntaxe bric-à-brac, énormément d’anglicismes, répétition continue des
mêmes termes = pauvreté du vocabulaire, etc.] et, enfin, un choix musical tout à
la fois moins raffiné et de moins en moins français [et, symétriquement,
de plus en plus anglo-américain]).

Bref, on assiste chez vous à une forme de «quatresaisonnement» de la radio.
Et c’est désespérant. Oui, c’est le mot. Désespérant!

Marcelin Gélinas
Lévis, Québec
M.Gelinas@MonCanoe.com

(Ce 15 octobre, plus jeune que jamais, Nietzsche aurait
eu 158 ans
)

Nota: Adresses électroniques utiles pour
la lectrice ou le lecteur éventuellement disposé/e à ajouter son grain de sel
d’auditeur et/ou de citoyen:
auditoire@fr.radio-canada.ca
,
matinauxpresto@radio-canada.ca,

lumiere@montreal.radio-canada.ca