L’UNION EUROPÉENNE, UNE FINALITÉ HUMANISTE!

L’UNION EUROPéENNE, UNE FINALITé HUMANISTE!
Qui a envie de devenir un citoyen de seconde catégorie parce qu’il n’est pas
anglophone de naissance?

A la question qui m’a été posée par un internautefrançais après avoir lu mon
article publié sur le site de voxlatina à propos de l’affaire de l’étiquetage
des denrées alimentaires.

Défendre le français ET/OU construire une langue
européenne ?
N’est-on pas aujourd’hui dans l’Union européenne dans la situation où la
République française a été pour consolider son unité politique ?
Elle a été amené à IMPOSER le français comme langue officielle et surtout à
combattre les dialectes locaux. Nous ne pourrons pas imposer le français aux
autres nations . Quelle pédagogie proposer aux média européens pour qu’ils nous
donnent envie de PARTAGER une langue commune ?

Voici ce que j’ai répondu:

ll n’est pas question d’IMPOSER une langue quelle qu’elle soit en Europe, ce
n’est pas l’objectif du traité de l’Union . Son objectif est d’intégrer les
peuples de l’Union européenne en respectant leur diversité, y compris
linguistique et culturelle. Ce traité a une finalité HUMANISTE.

En le réduisant à l’intégration du marché intérieur, la Commission, le
Conseil et le Parlement européen trahissent cette finalité.

En acceptant d’appliquer leurs directives mettant en cause leur langue à
des fins d’harmonisation commerciale sans broncher, les pays de l’Union
trahissent aussi l’esprit du traité qu’ils ont signé.
cf: application de la
directive européenne du 30 mars 2000 sur l’étiquetage des denrées alimentaires
(qui n’est que le droit dérivé du traité) par le gouvernement français dès le
1er août 2002, quelques jours après l’injonction de la Commission à l’Etat
français!

Le problème est d’autant plus grave que la langue hypercentale dans le monde
est l’anglo-américain et qu’il est très difficile de lutter contre son
attraction, mais il faut se battre contre cette tendance centrifuge , il y va de
notre identité.

Ce n’est pas le partage d’une langue unique ( laquelle?) qu’il faut envisager
mais un multilinguisme adapté et géré. Je n’ai pas la solution. Beaucoup à
Bruxelles et dans les associations de défense du multilinguisme, se cassent la
tête ( moi aussi ) pour trouver une solution gérable, car aujourd’hui avec 11
langues et demain avec 22, la tendance, si on ne fait rien, va inéluctablement
vers le tout anglais.

Et qui a envie de devenir un citoyen de seconde catégorie parce qu’il n’est
pas anglophone de naissance? Il faut pouvoir dire l’Europe et le droit dans SA
langue.

Le problème n’a pas été soulevé au départ parce qu’il n’y avait que 4 langues
officielles, mais aujourd’hui c’est un problème majeur et les décideurs de
l’Europe se refilent comme une patate chaude . Il est dommage de voir que c’est
la vox populi qui tire ce problème du placard alors qu’il devrait en être tiré
par la coordination européenne.

Alors, Europe fédérale ou Europe d’états nations, peu importe. Si ceux qui
font le droit européen aujourd’hui ne laissent pas les pays membres de l’Union
libres de légiférer comme bon leur semble dans les domaines culturels,
linguistiques ou d’étiquetage ( on a tout de même réussit avec l’exception
culturelle) les Français et les autres seront réduits à n’ avoir de l’Europe
qu’un vaste marché intérieur.

Conseil aux citoyens de base: apprenez plusieurs langues et pas
seulement l’anglais! de cette façon vous défendrez mieux votre propre langue et
vous contribuerez à l’intégration européenne véritable, pas seulement à celle du
marché.

Amicalement,
Claire GOYER
Linguiste
cl.goyer@skynet.be

(Le 25 août 2002)