L’INTENSIFICATION DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS LANGUE SECONDE DANS LES ÉCOLES PRIMAIRE

Une étude remarquablement documentée de François Gauthier sur une mystification qui sévit un peu partout:

L’INTENSIFICATION DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS LANGUE SECONDE DANS LES éCOLES PRIMAIRES FRANCOPHONES
DU QUéBEC :
SES CAUSES, SES EFFETS ET PISTES DE SOLUTION

EXTRAIT :

« (…) Il existe une croyance populaire à l’effet qu’un jeune enfant peut mieux apprendre une langue étrangère qu’un adolescent ou un adulte. Cette croyance semble très répandue non seulement auprès des masses, mais aussi auprès des enseignants, des cadres scolaires, ainsi que des gens instruits et généralement bien renseignés.

Plusieurs auteurs dans plusieurs pays ont déjà fait état de cette croyance populaire (Seliger, Krashen et Ladefoged, 1982: p. 13; Asher et Price, 1967: p. 1219; Olsen et Samuels, 1973: p. 263; Asher et Garcia, 1969: p. 335; Oyama, 1976: p. 261; Snow et Hoefnagel-Höle, 1982: p. 84; Krashen, Long et Scarcella, 1982: p. 161). Qu’il y ait pareille croyance dans plusieurs pays n’est pas surprenant, car il est facile pour l’adolescent ou l’adulte unilingue de s’émerveiller en présence d’un jeune enfant paraissant bilingue ou polyglotte. Ce phénomène n’est pas récent, il est connu depuis des siècles. La majorité des adolescents et des adultes n’est pas en mesure d’évaluer et de délimiter l’étendue réelle des connaissances et des habiletés du polyglotte ou du bilingue, ni d’évaluer la nature ni l’impact des interférences linguistiques. On se laisse impressionner et on croit facilement que tout est permis et possible dans les diverses langues parlées par l’enfant, comme s’il possédait toutes les habiletés possibles dans les diverses langues qu’il parle. Aussi nombreux, vibrants et émouvants que peuvent être les témoignages d’émerveillement venant de toutes parts, ces témoignages ne peuvent pas remplacer l’objectivité de la recherche scientifique.»
(…)

« D’une manière générale, dès que les conditions d’apprentissage sont l’objet d’un contrôle pour assurer une fiabilité valable des résultats, on trouve que les élèves plus âgés ont de meilleurs résultats: les jeunes adultes ayant en moyenne des résultats supérieurs à ceux des adolescents qui eux ont des résultats supérieurs à ceux d’enfants plus jeunes. »

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(Ce texte nous a été communiqué par M. Jean-Luc Dion le 14 août 2002)

On a toujours intérêt à connaître LES FAITS et à ne pas se laisser influencer par la rectitude politique ou la bêtise courante…