LETTRE À M. BERNARD LANDRY


LETTRE à M. BERNARD LANDRY

L’apport du français dans votre culture serait-il négligeable ?

Monsieur Bernard Landry



PREMIER.ministre@cex.gouv.qc.ca

Premier Ministre du Québec
Conseil exécutif
édifice Honoré-Mercier
835, boulevard René-Lévesque Est 3e étage
Québec (Québec) G1A 1B4

Monsieur le Premier Ministre,

Dans un
discours présenté au Quebec Community Groups Network le 26 mars 2002, vous
auriez affirmé que, si le français est la langue commune au Québec, l’anglais
représente un pont vers le monde parce qu’il est : «
l’espéranto contemporain
».


Citoyen français d’Europe j’ai
toujours cru, depuis mon enfance que le français est la langue d’usage du
Québec. Vous ne semblez pas le nier, heureusement mais, dites vous, " le rôle
de l’anglais, en matière de communications, naguère avec le Royaume-Uni,
désormais avec nos partenaires nord-américains, a été la source d’un
extraordinaire ferment culturel et nous en voyons aujourd’hui les résultats en
termes de culture et de technologie».
L’apport du français dans votre culture
serait-il négligeable ?
Et, récapitulant alors les succès
culturels et économiques du Québec par comparaison avec d’autres provinces
canadiennes et d’autres pays du monde, vous avez, semble-t-il, reconnu que «la
communauté anglophone a été profondément impliquée dans ces succès. Une bonne
partie (du mérite) lui revient, (…) une partie essentielle.»
Et vous auriez ensuite affirmé que la
langue anglaise avait «concrétisé le rêve espérantiste, qui rêvait d’un
langage universel. L’anglais réalise leur rêve, (puisque) l’anglais est
l’espéranto contemporain.»


Savez-vous, M le Premier Ministre, que plusieurs millions d’espérantophones,
dans environ 120 pays du monde, dont beaucoup ignorent totalement l’anglais,
et dont de nombreux Canadiens, évidemment plus près de la zone d’influence
anglophone, autour de vous donc, maintiennent vivante une longue tradition de
communication internationale sur une base linguistique neutre, hors d’une
quelconque hégémonie politique, économique, à prétention scientifique ou
culturelle, et ce par l’intermédiaire de l’espéranto précisément.
Des citoyens britanniques et américains ne restent pas, eux non plus,
indifférents aux immenses mérites de l’espéranto, heureusement.
Et c’est pourquoi, seul, à nos yeux, l’espéranto est susceptible, plus que
jamais; de réaliser le rêve espérantiste. Il progresse d’ailleurs très vite,
et peut-être aurons nous ici, vous et moi, un point de vue commun. C’est, pour
beaucoup grace à la technologie de l’Internet. L’auteur de ces lignes, parmi
des millions d’autres, doit aux Américains d’avoir pu découvrir, hélas à 62
ans seulement, les merveilles irremplacables de l’espéranto, le vrai. Il
connaissait l’anglais depuis son enfance, mais GRAND DIEU… Quelle différence
!
Par l’espéranto, et l’espéranto seul, il est devenu CITOYEN du MONDE

Nous vous invitons à lire le Manifeste de Prague qui vous a été adressé et qui
présente les buts poursuivis par le mouvement pour la langue internationale
espéranto et les espérantophones.

Vous découvrirez aussi, dans plusieurs documents, qui vous ont été adressés
par certains de vos concitoyens, tout un réseau de communication qui
fonctionne bel et bien dans cette langue.


L’imposition de l’anglais va à l’encontre de l’égalité entre les peuples, la
démocratie, le plurilinguisme, le droit à la diversité linguistique et
culturelle sur la planète.

Les avantages de l’espéranto par rapport à l’anglais sont gigantesques et il
ne saurait être question, pour quelqu’un qui connait et pratique les deux,
d’établir une quelconque équivalence. La complexité de l’anglais et l’extrême
simplicité de l’espéranto, la difficulté énorme de prononciation de l’anglais
et l’extrême facilité de celle de l’espéranto, l’imprécision de l’anglais et
la précision de l’espéranto constituent un océan de différences !
18% des députés de l’Union européenne
se sont déclarés en faveur de l’adoption de l’espéranto comme langue de
travail neutre. Ce n’est évidemment pas encore assez pour faire avancer la
logique et le sens des économies dans l’U.E. mais le bons sens est en route.
Et nous sommes certains que le bon sens l’emportera un jour, en Europe, en
tout cas !
Mais aussi au Canada qui a démontré
maintes fois qu’il n’en manquait pas non plus.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, mes sentiments les plus
respectueux et les meilleurs.
Un espérantophone, tout récent mais
"archiconvaincu", de France.
Vive le Canada francophone et libre !
Michel Arlès
8 rue des Lapins 01600
TREVOUX
( Le 4 avril
2002)