LES LIBÉRAUX VEULENT ANGLICISER LES JEUNES DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE

DéFRANCISATION DE LA JEUNESSE QUéBéCOISE

Les libéraux veulent angliciser les jeunes
dès la première année

Le chef du parti libéral du Québec, Jean Charest, a
dévoilé le plan d’action du PLQ, bâti autour du slogan «Réinventer le Québec».

Avec un gouvernement rouge, les enfants du primaire
apprendraient l’anglais dès la première année et seraient en classe une heure et
demie de plus par semaine (25 heures au lieu de 23,5), un ajout qui coûterait au
trésor public 100 millions $ par année.

Aucune mesure n’est prévue pour renforcer le français dans
les écoles.

Le gouvernement péquiste risque de se faire damer le pion,
lui qui a imposé l’anglais dès la 3e année du primaire et qui a multiplié les
classes d’anglicisation en 4e, 5e et 6e années du primaire…

1. En contexte minoritaire, «vouloir
développer chez les élèves des compétences linguistiques proches de celles
des bilingues, sans pourtant entraîner de diminution de la maîtrise de la
langue maternelle [n’est-ce pas] réelle utopie ou réelle hypocrisie?»

2. En contexte minoritaire, «plus le
locuteur est jeune et plus les facteurs socioculturels sont déterminants,
plus la langue seconde a tendance à se substituer à la première».

3. En contexte minoritaire, «seuls les
individus disposant d’un réseau culturel et d’une conscience aiguë de
l’enjeu que constitue la maîtrise des langues ont des chances de sortir
gagnant.»

4. «II apparaît donc essentiel de
mesurer le statut de la langue immergeante et celui de la langue immergée.»

5. II est «essentiel de maîtriser
d’abord les structures de la langue maternelle pour réussir à bien saisir
les structures de la langue seconde» et ne pas confondre les unes avec les
autres.

6. «L’imposition de la langue seconde
avant que les premières structures de la langue maternelle soient mises en
place signifie souvent le début de problèmes scolaires difficilement
surmontables.»

7. Pour que le bilinguisme ne devienne
pas un «pot-pourri insipide», il faut «posséder en premier lieu sa culture
et sa propre langue. Sans cela, nous ne serions que des apatrides
culturels.»

Marie-France Vouilloz Burnier

Recommandations du Mouvement estrien
pour le français

1- Qu’on déclare un moratoire sur tous les programmes
d’anglicisation du primaire. Notre hypothèse est à l’effet que le
bilinguisme précoce pour l’ensemble de la population franco-québécoise,
entourée d’une mer anglophone, se fait au détriment de la qualité et, à
longue échéance, de la survie de la langue maternelle… comme dans le cas
des ex-francos perdus ailleurs en Amérique.

2- Qu’une commission nationale d’enquête soit
instituée afin de faire le point sur l’enseignement du français et de
l’anglais dans les écoles du Québec. Que cette commission soit mandatée pour
étudier la perception qu’ont nos élèves du français, les impacts sur la
qualité du français de l’apprentissage hâtif de anglais au Québec et la
confusion entraînée par une promiscuité grandissante des deux langues dans
nos écoles francophones.

3- Que l’Assemblée nationale du Québec adopte une
Charte scolaire du français pour enrayer les reculs de la langue française
dans le quotidien (musique, informatique, enseignement professionnel, etc.).

Le MEF considère comme très sérieuses les analyses du
professeur Gilles Bibeau, docteur en linguistique et une sommité québécoise
dans l’enseignement des langues :

«Une exposition hâtive et intense à une langue
étrangère, fut-elle surtout scolaire, peut avoir des effets non souhaitables
à la fois sur le développement en langue maternelle et éventuellement sur la
sécurité culturelle des apprenants, c’est-à-dire sur la stabilité de leurs
référents linguistiques cognitifs, sociaux et affectifs, de même que sur
leur identité, leur sentiments d’appartenance à la communauté.»

«Personne ne doute, évidemment, de l’intérêt de la
nécessité même d’enseigner l’anglais dans les écoles québécoises et
d’essayer d’atteindre des objectifs linguistiques suffisants avant que les
élèves ne sortent de l’école secondaire. Mais il ne faut pas tomber dans les
stéréotypes sociolinguistiques faciles, surtout lorsqu’ils sont contredits
par les recherches. Comme aurait dit Galilée, ce n’est pas parce que notre
perception immédiate nous fait penser que les plus jeunes apprennent mieux
l’anglais à l’école que cela est vrai, surtout lorsqu’on a démontré le
contraire.»

«Entre 1905 et 1950, suite à l’administration de
tests d’intelligence à près de 200,000 sujets bilingues et unilingues d’une
vingtaine de pays et dont la majorité étaient du niveau primaire, une
centaine d’études indiquent que la grande majorité des sujets bilingues (75)
ont obtenu des résultats inférieurs à ceux des unilingues, 7% des résultats
supérieurs, et 19% des résultats égaux.»


Le vendredi 13 septembre 2002