LES FLAMANDS EN COLÈRE

Les flamands en colère contre le tout anglais au Vlerick Management
School

La première pierre du campus de la Vlerick Management School a été posée
ce mercredi matin sur un terrain propriété de la province de la Flandre de
l’Est. Pour l’occasion, Vlerick Management School n’avait envoyé que des
invitations unilingues en anglais au public néerlandophone. Ce qui suscita des
démêlés avec le Conseil provincial.

Anvers, le 20 octobre 2002

« Aurait-on envoyé une invitation en français, qu’on aurait assisté à une
véritable tempête de protestations » déclare Remy Sproelants de l’Assocation
flamande pour l’Espéranto (Vlaamse Esperantobond –
www.esperanto.be). « Je
comprends bien que nous, Flamands, ayons besoin de connaître l’anglais, mais
pourquoi cette institution subventionée par le gouvernement flamand doit-il
renier la langue maternelle de ses étudiants? Est-ce pour en arriver là que
l’université de Louvain a dû être divisée ? » L’Assocation flamande pour
l’Espéranto considère cette invitation unilingue anglaise comme offensante et
déplacée à l’égard des néerlandophones. « Nous nous mobilisons pour le maintien
du néerlandais comme langue de travail, parce que personne d’autres ne le fait.
Vlerik démontre que notre élite flamande s’attend en fait à la déconfiture
prochaine de notre langue, langue qui est déjà remplacée par l’anglais dans de
nombreuses réunions d’entreprise. De même, dans le domaine scientifique, le
néerlandais ne signifie plus rien » Sproelants ne pense cependant pas que le
néerlandais disparaîtra en tant que langue vernaculaire « car le néerlandais est
encore la langue officielle de 21 millions de personnes. »

Le doyen Roland Van Dierdonck a admis à contrecoeur que cette invitation
unilingue en anglais était une « erreur » tentant de justifier sa politique
linguistique envers divers politiciens flamands. Le député Sander Vercamer et le
président du conseil provincial de la Flandre de l’Est Piet Van Eeckhaut avaient
en effet déjà fait savoir qu’ils ne seraient pas présents lors de la pause de la
première pierre de la Vlerick Management School. Presque tous les cours de cette
institution sont donnés en anglais. Même la correspondance de cette institution
financée par les deniers publics avec l’extérieur se fait en anglais. Et, bien
entendu, le site Web de la Vlerick Management School est uniquement en anglais :
www.vlerick.be. Selon
Sproelants de l’Assocation flamande pour l’Espéranto, la politique linguistique
de cette école enfreint les lois linguistiques relatives à l’enseignement, la
langue de travail et la direction d’entreprise. « Mais peu de politiciens se
préoccupent de notre législation linguistique… quand il s’agit de l’anglais !
»

« La Vlerick Management School nous montre à quel point notre pays est en
voie d’être dominé par l’anglais sans qu’aucune critique ne se fasse entendre »
dit Sproelants. L’Assocation flamande pour l’Espéranto considère comme très
important de s’opposer à la domination de l’anglais. « Et c’est pourquoi nous
voulons conscientiser les gens en Flandre de l’importance de leur propre langue.
» L’idée politique qui justifia l’apparition de l’espéranto comme « langue
internationale neutre » en 1887 était de permettre à tous de pouvoir l’utiliser
également. « Il s’agit d’une langue planifiée, d’une langue neutre, d’une langue
pour tous. » « En mettant l’anglais sur un piédestal, on favorise la
discrimination et l’inégalité linguistique » commente Sproelants. « De
nombreuses annonces à Bruxelles et en Flandres demandent désormais du "personnel
de langue maternelle anglaise". Il en va de même dans les universités, les
hautes écoles et les entreprises, où l’on préfère le plus souvent des employés
avec "English mother tongue" ». (Voir

http://www.lingvo.org/fr/2/121
)

(Le 20 novembre 2002)