LES ENTREPRISES PARLENT-ELLES FRANÇAIS AUX INTERNAUTES QUÉBÉCOIS ?

LES ENTREPRISES PARLENT-ELLES FRANçAIS AUX INTERNAUTES QUéBéCOIS ?

Le rapport intitulé « Enquête sur la langue des sites Web des
sociétés grands publics actives au Québec » et préparé par le Conseil de la
langue française
a été rendu public récemment. à partir des observations de
leur enquête, les chercheurs du Conseil de la langue française, M.M. Réjean Roy
et Pierre Georgeault, écrivent que, « dans le cas des entreprises qui diffusent
actuellement de l’information en français par l’entremise de leur page Web,
(…) la proportion s’élève à 100 % dans le cas des compagnies québécoises, 96 %
dans celui des compagnies canadiennes (…) » .

Il y aurait lieu de se réjouir, sauf que tout internaute
averti sait fort bien que plusieurs entreprises québécoises et canadiennes «
actives au Québec» ont toujours des sites Web unilingues anglais. Nous suggérons
donc aux chercheurs du Conseil de poursuivre leur enquête en choisissant, cette
fois-ci, d’analyser les sites Web des compagnies financées par les grandes
sociétés suivantes d’investissement du gouvernement du Québec : la Société
générale de financement (http://www.sgfqc.com)
, la Caisse de dépôt et de placement du Québec (http://www.lacaisse.com),
Investissement Québec (http://www.investquebec.com),
la Société de diversification économique de l’Outaouais (http://www.sdeo.qc.ca),
Innovatech (http://www.innovatech.qc.ca).

Ils y découvriront un bon nombre d’entreprises québécoises et
canadiennes financées par le gouvernement du Québec, c’est-à-dire par les impôts
et les épargnes des Québécois, aux sites Web unilingues anglais.

Par exemple, ETI Montréal Inc. (http://www.eti-gaming.com/main.htm),
une entreprise financée par la Société générale de financement, ayant, de
surcroît, reçu un contrat de 73 millions de dollars de Loto-Québec, vous
accueille sur son site Web uniquement en anglais. L’icone « language selector »
est inactif depuis belle lurette !

Une enquête plus poussée du Conseil de la langue française
lui permettrait aussi de constater que les entreprises suivantes avec des
places d’affaires au Québec, aussi financées avec les impôts des Québécois grâce
à la SGF, ont des sites Web toujours inaccessibles en français, c’est-à-dire
unilingues anglais: Bio-Inova North-America (http://www.bioinova.com/),
Newtrade Technologies Inc. (http://www.newtradetech.com/),
DSI Datotech, (http://www.dato.com/),
Quazal, (http://www.quazal.com/),
Haemacure Corporation (http://www.haemacure.com/),
H3 Pharma Inc. (http://www.h3pharma.com/EN/),
Amanda-Joe Plantations (http://www.xmastreeswreaths.com/index.html).

La célèbre Caisse de dépôt et de placement du Québec brille
aussi pour son financement à la défrancisation d’entreprises québécoises :
American Dye Source (http://www.adsdyes.com),
Coreco Imaging (http://www.imaging.com),
RTP Pharma Inc (http://www.rtp-pharma.com/),
Aegera Therapeutics (http://www.aegera.com),
etc.

Pour sa part, le site Internet de Innovatech Grand Montréal «
regorge» de noms d’entreprises aux sites Web inaccessibles en français. Une
visite saura vous en convaincre !

à l’aide des ressources que lui consentent les contribuables
pour la francisation du Québec, le Conseil doit poursuivre, sans faute, sa
recherche. Les conclusions de son Enquête, malgré les réserves formulées
par ses deux auteurs, ont projeté une image tronquée, une image embellie.

Cela était prévisible puisque les deux chercheurs du Conseil
ont retenu une méthodologie d’enquête fondée uniquement sur une liste restreinte
et « ciblée » de 146 grandes entreprises qui, ne formant pas un échantillon
aléatoire, ne peuvent représenter qu’elles-mêmes et non l’ensemble des
entreprises « actives au Québec » : les 63 entreprises « les plus (et les moins)
admirées des Québécois » , les entreprises gagnantes du concours de Publicité
Club de Montréal pour « l’excellence publicitaire au Québec» et, parmi les « 100
annonceurs les plus importants sur le marché américain » , ceux qui sont actifs
sur le marché québécois !

Il y a lieu de se demander quelles sont les raisons qui ont
poussé le Conseil à privilégier une pareille approche.

Quelques adresses utiles :

Conseil de la langue française

clfq@clf.gouv.qc.ca

Premier ministre du Québec

premier.ministre@cex.gouv.qc.ca

Mme Pauline MaroisMinistre des Finances
ministre@finances.gouv.qc.ca

M. Joseph FacalPrésident du Conseil du trésor

cabinet@sct.gouv.qc.ca

Madame Diane Lemieux
Ministre responsable de la Charte de la langue française

diane.lemieux@mcc.gouv.qc.ca

P.-S. L’enquête du Conseil de la langue française est
accessible à l’adresse :

http://www.clf.gouv.qc.ca/comm42.htm

Source :Impératif français

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(Le 9 avril 2002)