L’ASSIMILATION : DU BERCEAU À LA TOMBE…

L’ASSIMILATION : DU BERCEAU à LA TOMBE…

Sylvain Forest

apbaloo@attcanada.ca

Depuis des années, je remarque que beaucoup de
familles francophones du Québec et du Canada donnent des prénoms d’origine
anglophone à leurs nouveau-nés. Des prénoms comme Kevin, Alexandra, Steve,
Patricia, William et bien d’autres feraient plaisir à nos voisins anglophones.
Pourtant, dans bien des cas, les deux parents parlent français à la maison et la
plupart de ces familles viennent de régions à 95% francophones, comme la
Mauricie Bois-Francs ou la Beauce.

Cela ressemble beaucoup à l’Ontario et même aux
états-Unis : Shawn Thériault, commerçant de Boston, que j’ai rencontré il y a
quelque temps, n’a jamais parlé français et fut même très étonné que le français
se parle encore en Canada… Autre exemple, une policière d’Ottawa, unilingue
anglophone, dont le nom de famille est Poirier et le prénom, plutôt anglophone.
On voit comme l’assimilation a fait son oeuvre !

C’est une situation qui mérite réflexion surtout
quand on sait que la région outaouaise est une des régions du Québec où le
français est le plus menacé; il ne faudrait pas que cela s’étende au reste du
Québec.

En me promenant dans des cimetières de la région
-un passe-temps qui n’a rien de morbide mais plutôt à caractère historique, car
ces lieux regorgent de jalons du passé – j’ai remarqué une chose « amusante »
sur certaines pierres tombales. Tout d’abord, des couronnes de fleurs mortuaires
sur des tombes récentes, avec l’inscription "MOM & DAD". Pourtant, les familles
étaient francophones, du moins, les deux conjoints l’étaient… En plus,
certaines inscriptions sont rédigées en anglais. La raison est-elle économique,
comme des coûts moindres pratiqués par des fournisseurs anglophones, ou
s’agit-il de la manifestation d’une aliénation inconsciente, certaines gens
étant tellement assimilés qu’ils ne s’en rendent même pas compte? à l’occasion
des Fêtes, cette année, j’ai reçu des cartes de souhaits rédigées en anglais !

Finalement, si, un jour, j’ai des rejetons, je
les nommerai : Télésphore, Bibianne, Thérèse, Pétrus, ou d’autres prénoms
typiquement ancestraux. Comme cela, il restera encore un siècle de francophonie
au Québec et au Canada. Et, je me ferai incinérer… en français s’il vous plaît
!