LANGUE OFFICIELLE DE L’ESCRIME

LANGUE OFFICIELLE DE L’ESCRIME
Le monde – Le français sait ses jours comptés, sauf si…

NDLR – Les non-anglophones devront réagir s’ils croient à la richesse de la
diversité linguistique et culturelle. La phrase suivante extraite du texte
suivant indique assez clairement que l’anglophonie mondiale tente de tout
angliciser (américaniser !) :« Mais ce serait quand même mieux en anglais,
estime Eloise Smith, une fleurettiste britannique. Avec le français, l’escrime
passe pour un sport élitiste. ». Mais pas avec l’anglais !!!
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Langue officielle de l’escrime, le français sait ses jours comptés
(Texte de GILLES VAN KOTE extrait du quotidien Le Monde du 26/08/2002, pg. 11)

LISBONNE de notre envoyé spécial « Etes-vous prêts ? Allez ! » L’arbitre est
chinois, les escrimeurs ukrainien et cubain. Le français reste la langue
dans laquelle ont été arbitrés les championnats du monde de Lisbonne. Face à
l’anglophonisation galopante, l’escrime s’accroche à sa langue officielle.

« Y renoncer, ce serait perdre une partie de notre identité », assure Pierre
Abric, le président de la Fédération française d’escrime (FFE). Il y a
quelques années, une proposition visant à faire accéder l’anglais au statut
de langue officielle avait été repoussée d’une voix par la Fédération
internationale (FIE). L’anglais et l’espagnol ont cependant été admis comme
« langues de travail ». Les documents de la FIE sont désormais disponibles
dans les trois langues, des traductions simultanées sont prévues lors de ses
congrès. « Je tiens toujours les réunions en français, mais les arbitres me
demandent systématiquement de traduire en anglais », constate Serge
Plasterie, membre de la commission d’arbitrage de la FIE. Pour accéder au
rang d’arbitre international, il est nécessaire de maîtriser environ 200
mots ou expressions de français qui permettent d’expliquer les décisions.
Bien souvent, les arbitres s’en contentent. « J’ai fait passer son examen à
un juge chinois: en dehors des expressions requises, il ne parlait pas un
mot de français ni d’anglais », reprend Serge Plasterie.

« DANS QUELLE POULE ON DOIT TIRER » Chaque pays est libre de faire arbitrer
ses compétitions nationales dans sa propre langue. Les jeunes escrimeurs
découvrent donc en général l’arbitrage et les annonces en français lors de
leurs premières sélections internationales. « Le plus difficile est
d’arriver à comprendre dans quelle poule et sur quelle piste on doit tirer,
raconte Amit Rozenblat, un épéiste israélien qui maîtrise à peine quelques
mots de français. Mais je ne suis pas pour que l’on change de langue
officielle: le français incarne la tradition de l’escrime et c’est bien
comme cela. » Tous ne sont pas de cet avis.

« La situation est extrêmement précaire », estime Pierre Abric. « Il se
pourrait que l’escrime soit arbitrée un jour en anglais, reconnaît Serge
Plasterie. Si un anglophone prend un jour la présidence de la FIE, la
question se posera… » En attendant, un nouveau langage a fait son
apparition sur les bords de piste: depuis le 1er janvier, les arbitres
doivent accompagner leurs explications de gestes codifiés, afin de permettre
une meilleure compréhension de leurs décisions par le public… et les
escrimeurs eux-mêmes. « Mais ce serait quand même mieux en anglais, estime
Eloise Smith, une fleurettiste britannique. Avec le français, l’escrime
passe pour un sport élitiste. ».

(Le 6 septembre 2002)