LA NOUVELLE GUERRE CONTRE L’INTELLIGENCE

LA NOUVELLE GUERRE CONTRE L’INTELLIGENCE
tome II : «La manipulation mentale par la destruction des langues»
par
Charles Xavier Durand

Editions François-Xavier de Guibert, mai 2002, ISBN : 2868397719, 340 pages
disponible sur la plupart des librairies en ligne
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Ce livre analyse les relations croisées que la langue crée avec la pensée,
les réalisations qu’elle permet et l’environnement culturel et socio-politique
qu’elle engendre.

Dans la plupart des pays industrialisés, on constate une érosion très nette
de la qualité des langues nationales écrites et parlées tandis que nos "élites"
se font les relais efficaces d’une propagande visant à instaurer une langue
unique en prétextant des impératifs de communication et des nécessités
commerciales à l’échelle planétaire. Il est évident que l’altération d’un
véhicule de communication favorise l’adoption d’un autre dont l’usage est déjà
répandu dans tous les secteurs de pointe qui sont censés conditionner notre
avenir. Discrètement imposée par le secteur privé avec l’aval tacite des
autorités de nombreux pays industrialisés, la dérive vers la langue unique ne
relève nullement du pragmatisme mais d’une idéologie implantée artificiellement
par un conditionnement profond des esprits. En France, des médias bien dressés
insistent pour nous faire croire que les inquiétudes de plus en plus vives que
cette tendance suscite sont typiques d’une mentalité rétrograde alors qu’il est
facile, au contraire, d’observer sur la scène internationale que la langue, sa
qualité et le rôle qu’elle joue dans la pensée et la réflexion sont, à très fort
juste titre, des sujets universels de préoccupation.

Le tome II passe à la loupe l’idéologie qui a contaminé nos élites, l’étendue
de son emprise et les forces qui lui ont permis de se mettre en place. Elle est
en fait le mécanisme principal d’une formidable entreprise d’asservissement des
esprits dans un objectif global de consolidation d’hégémonies déjà existantes.
L’appauvrissement du vocabulaire et de la syntaxe, la confusion qu’entraîne
l’introduction massive de termes étrangers dont la signification est forcément
imprécise perturbent profondément la réflexion, inhibent le sens critique et
affaiblissent ainsi les systèmes démocratiques. De plus, l’adoption d’une langue
étrangère à travers de larges segments de l’activité industrielle et économique
entraîne une stérilisation progressive de la créativité en limitant ceux pour
qui elle n’est pas langue maternelle à singer les contributions des locuteurs
natifs. D’autre part, langue et culture étant indissociables, la langue unique
entraîne automatiquement l’adhésion aux principes et aux valeurs sécrétés par la
culture qu’elle sous-tend. Par conséquent, elle sert de facto les intérêts des
pays pour lesquels elle est aussi langue nationale. Les nombreuses tentatives
qui sont faites aujourd’hui par certains états pour, au contraire, affirmer
plusieurs langues de communication sur la scène internationale correspondent aux
craintes, parfaitement justifiées, que nous soyons bloqués mentalement et
matériellement dans un monde extérieur unipolaire dominé par un seul groupe de
pays, voire un seul d’entre eux, sans alternative possible.

Qu’on le veuille ou non, l’adoption d’une langue unique entraîne à terme le
transfert de l’autorité de toutes les instances internationales qui l’utilisent
vers les pays où elle est utilisée comme langue nationale, quelles que soient
l’origine nationale de leurs secrétaires généraux et la composition de leurs
comités de pilotage. On le voit aujourd’hui au niveau d’organisations telles que
la Banque mondiale, le FMI, le tribunal international et l’OTAN bien sûr, mais
aussi au sein de la Commission européenne de Bruxelles. Nous sommes aujourd’hui
en mesure de tirer les conséquences de l’adoption de la langue unique dans
plusieurs domaines où son choix est déjà consommé et de deviner ce qu’elle
pourrait entraîner ailleurs où elle n’a pas encore la suprématie absolue comme
c’est encore le cas, par exemple, au bureau européen des brevets. C’est ainsi
qu’elle rend possible le piratage presque systématique des connaissances
scientifiques produites à l’extérieur des pays anglophones et favorise aussi le
révisionnisme historique à large échelle dans ce domaine, sans que cela ne
suscite de réactions significatives dans la communauté scientifique. S’il est
difficile pour un non spécialiste de juger de la perte de créativité dans les
domaines technico-scientifiques, il peut cependant la vérifier dans le domaine
largement accessible des arts populaires et en mesurer précisément les effets.

La défense des langues, des cultures et de la pluralité n’est pas une petite
guéguerre d’opérette. Elle conditionne notre survie et donc, à terme, notre
indépendance économique et politique. Une fantastique opération de
conditionnement des esprits à travers la langue a été enclenchée à l’échelle de
la planète et il est impératif de la combattre efficacement. Le tome II
apportera au lecteur les éléments indispensables permettant de justifier une
telle prise de position sur l’épandage à marche forcée d’une langue prétendument
universelle. Le plurilinguisme est à l’échelle internationale ce que le
pluripartisme politique est à l’échelle nationale. Si la démocratie à
l’intérieur des états s’appuie sur le pluripartisme, la démocratie entre les
états, elle, doit s’appuyer sur le plurilinguisme. Les distorsions induites par
l’évolution actuelle sont colossales. Dans les pays industrialisés, la poussée
vers l’usage d’une langue unique pour les relations interétatiques favorise
l’émergence d’une pensée unique ayant le potentiel, à terme, de se transformer
en pouvoir unique, c’est-à-dire en dictature. L’uniformisation favorise
l’émergence d’un seul pouvoir et un seul pouvoir favorise l’éclosion de la
dictature. En abandonnant sa propre langue, l’homme perd automatiquement la
maîtrise des définitions et de ses outils de représentation. Il devient donc
vulnérable à la manipulation. Par conséquent, ses créations, quand on peut
encore en parler, deviennent puériles et insignifiantes et n’intéressent plus
personne. Le tome II explique cela en détail et fournit au lecteur une moisson
d’observations confirmant les thèses avancées ainsi que de très nombreuses
références qui lui permettront, s’il le désire, de poursuivre lui-même ses
investigations.

Présentation du tome II