FUMISTERIE POLITICIENNE

FUMISTERIE POLITICIENNE

Il faut vraiment sous-estimer l’intelligence humaine pour s’imaginer un seul
instant que les gens goberont cette fumisterie politicienne reprise ad
nauseam par le politicologue John Trent et ses comparses West Quebecers (pas
de doute possible sur leurs objectifs avec un nom comme celui-ci) qui
consiste à soutenir que la langue française se portera mieux dans la
capitale du Canada, Ottawa… si, tenez-vous bien, on anglicise davantage
une autre ville, bien sûr une ville québécoise, la nouvelle Ville de
Gatineau ! Il faut vraiment prendre les gens pour des imbéciles. (Le texte
de M. Trent est publié à la fin de celui-ci)

L’Article 16 de la Loi constitutionnelle du Canada stipule pourtant très
clairement que ce ne sont pas les villes de Gatineau, de Trois-Rivières, de
Chicoutimi, de Peterborough, de Regina ou de Calgary, pour ne nommer que
celles-ci, qui sont la capitale du Canada, mais bien Ottawa, car «jusqu’à
ce qu’il plaise à la Reine d’en ordonner autrement, Ottawa sera le siège du
gouvernement du Canada.». à ce titre, la Ville d’Ottawa et le gouvernement
fédéral doivent prendre leurs responsabilités. Pour peu que cette Loi
constitutionnelle ait un sens à leurs yeux, ils ne devraient d’aucune façon
chercher à y échapper !

Pour sa part, la Ville québécoise de Gatineau, au même titre que toutes les
autres villes francophones du Québec, a le droit, mais surtout le devoir
d’être aussi française que sont anglaises les villes du Canada anglais. Dans
le cas de Gatineau, il serait même approprié de dire qu’à cause de son
caractère frontalier, elle doit l’être davantage. On ne peut en effet
ignorer l’assimilation et l’anglicisation qu’entraîne la proximité de
l’Ontario et de la capitale du Canada, Ottawa. Les taux d’assimilation
francophone y sont respectivement de 38,6 % et 28,4 %. Dans la ville de
Gatineau, le solde des transferts linguistiques avantage à 100 % la
communauté anglophone !

Le gouvernement du Québec et la Ville de Gatineau ne peuvent non plus
minimiser l’anglicisation que favorise la fonction publique fédérale,
principal employeur de la région. L’anglais y demeure la langue de travail
et de communication comme en témoigne l’étude récente du Secrétariat du
Conseil du Trésor du Canada sur les « Attitudes face à l’utilisation des
deux langues officielles dans la fonction publique du Canada ».

à la lumière de ces faits, il n’y a pas de doute possible : la Ville de
Gatineau doit agir de façon responsable en adoptant des pratiques
linguistiques en faveur du français pour faire, comme il se doit, au Québec
et en Outaouais, du français la langue commune et la langue d’usage public.

Quelques adresses utiles :

Mme Dyane Adam
Commissaire canadienne aux langues officielles
message@ocol-clo.gc.ca

M. Sylvain Simard
Ministre responsable de l’Outaouais
ministre@meq.gouv.qc.ca

Mme Diane Lemieux
Ministre responsable de la Charte de la langue française
diane.lemieux@mcc.gouv.qc.ca

M. André Boiclair
Ministre des Affaires municipales
ministre@menv.gouv.qc.ca

M. Yves Ducharme
Maire de Gatineau
Maire@ville.gatineau.qc.ca

Bureau des conseillers de Gatineau :

Conseillers@ville.gatineau.qc.ca

Source :
Jean-Paul Perreault, président
Impératif français
Recherche et communications

La lettre ouverte de M. John Trent publiée dans Le Droit du samedi 12
octobre 2002 :

Bilinguisme à Gatineau : un peu plus de nuances !

Jean-Paul Perrault se force beaucoup pour être un chien de garde diligent de
la langue française. Il faut admirer sa détermination. Toutefois, on
souhaiterait que ses idées soient un peu plus cohérentes et un peu moins à
sens unique.

Dans son entrevue avec Paul Gaboury dans le Droit du 10 octobre, M. Perrault
prétend que Dyane Adam, la commissaire aux langues officielles, " se range
du côté de l’Alliance ". Un représentant du parti de l’Alliance canadienne
avait auparavant demandé que la ville de Gatineau devienne bilingue, tout
comme Ottawa. Cependant dans un autre article, sur la même page du Droit,
Mme Adam s’est bien défendue de proposer que Gatineau devienne bilingue,
préférant suggérer que la Ville offre des services égaux aux anglophones et
francophones.

Plus loin, M. Perrault déplore la soi-disant " anglicisation que le
gouvernement fédéral impose à la ville de Gatineau ". Il est difficile de
voir comment on peut parler " d’anglicisation " d’une région autrefois
fortement anglophone devenue maintenant à 83 % francophone ! Jusqu’où veut
aller M. Perrault ? Pour appuyer ses affirmations, il cite en exemple le
taux d’assimilation en Colombie-Britannique ! Enfin !

On souhaiterait une position un peu plus nuancée, un peu plus ouverte, un
peu plus équilibrée.

Pour notre part, l’Association régionale des West Quebecers croit que la
position de Mme Adam est réaliste et juste. à la fois Ottawa et Gatineau
devraient offrir une gamme de services bilingues et Ottawa, la capitale du
Canada, devrait devenir officiellement bilingue – et non pas Gatineau. Sur
ce dernier point, nous sommes d’accord avec M. Perrault.

Une bataille en commun

Nous avons une bataille en commun, une bataille pour le respect et les
droits des minorités de langues officielles au Canada. Nous voulons, de la
part de nos gouvernements, une politique un peu plus équilibrée envers ces
minorités. Une politique qui va continuer de favoriser largement les
francophones qui ont la vie difficile en Amérique du Nord, sans défavoriser
complètement la minorité anglophone du Québec.

Rappelons enfin ce que nous avons proposé au conseil de ville de Gatineau.
Les services en anglais ne sont pas purement une question de droits. C’est
aussi une question économique. Si Gatineau a une bonne réputation pour
offrir des services dans les deux langues officielles, elle pourrait mieux
rivaliser avec Ottawa pour attirer sa part des ambassades, des
investissements industriels et technologiques, de nouveaux attraits
touristiques, et une population cosmopolite qu’on considère être la source
d’épanouissement des grands centres métropolitains.

John Trent, vice-président des West Quebecers, Chelsea (Québec)

(Le 17 octobre 2002)