ENGLISH OU GLOBISH

L’Ordre des Palmes Académiques a trouvé son Cauchon.

La revue AMOPA (Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques)
reçue gratuitement par ses membres nous fait une surprise de taille dans son
numéro 158 (octobre 2002). Il s’agit d’un article d’un certain Jean-Paul
Nerrière (Chevalier des Palmes académiques, directeur commercial Automobiles
Peugeot) intitulé English ou Globish. L’article s’appuie sur un texte imprudent
de Decaux, qui ne s’est jamais remis de son échec retentissant au ministère de
la francophonie.

Voici le texte de Decaux. "Ce qui pourra sauvegarder la langue française,
c’est paradoxalement l’uniformisation de la langue anglaise. Car le langage si
pratique que l’on utilise partout dans le monde est de moins en moins l’anglais.
C’est une langue nouvelle, née de l’anglais, dont les racines sont anglaises,
mais qui foisonne de néologismes, d’approximations, de déformations. Ce n’est
plus une langue de culture." On reconnaît le raisonnement d’un doux rêveur qui
voudrait croire que l’anglais moderne serait moins pernicieux que le classique.

Voyons le parti qu’en tire notre Cauchon : "Dans la période qui nous attend,
le volume d’articles et de correspondance ou de rapports et mémoires écrits en
Globish ne fera que croître au détriment de l’anglais comme de toutes les autres
langues. C’est inévitable et même souhaitable. Tout dirigeant français soucieux
des destinées de son entreprise française et des emplois qui font partie
intégrante de sa responsabilité, a mille fois raison de demander que les notes
internes à son affaire soient échangées en Globish, même entre Français : C’est
le patois qui permettra que le destinataire ultérieur et occasionnel d’un copie
utile, à Kuala Lampur, puisse en prendre connaissance instantanément et la
discuter avec son collègue de Bamako. Nous avons durablement vu dans cette
réalité un signe du déclin du français. Autre grave erreur, car cette pratique,
loin de renforcer la prééminence de l’anglais, ne fait que l’affaiblir en
favorisant la concurrence de l’ennemi intestin, Globish."

J’arrête là.

On ne peut parvenir à croire en la sincérité de ce Cauchon, ou ce Dolon, tant
la ficelle est grosse. Aussi, n’y voyons-nous qu’un militantisme anti-français
où les références à Corneille ne sont que des trompe nigauds. Aussi, se met-on à
rêver à la "dolonie" et à imaginer un Ulysse, un Diomède…

Voici le courriel de la revue AMAPO :
amapo@wanadoo.fr

le site de cette revue :
http://www.amopa.asso.fr

Courage, luttons par TOUS les moyens !

Marie-France Pruvot
MARIE-PIERRE.PRUVOT@wanadoo.fr

(Le 25 novembre 2002)