DIVERSITÉ LINGUISTIQUE ET CULTURELLE MONDIALE

DIVERSITé LINGUISTIQUE ET CULTURELLE MONDIALE

Message du Secrétaire général de la Francophonie, Monsieur Boutros
Boutros-Ghali, au 4e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la
communauté des pays de langue portugaise (CPLP)
Brasilia, le mercredi 31 juillet 2002

Monsieur le Président du Conseil de Ministres de la CPLP,
Messieurs les Ministres des Affaires étrangères de la CPLP,
Excellences,
Mesdames et Messieurs

C’est avec le plus grand des plaisirs que je veux vous adresser, Mesdames et
Messieurs les Ministres, les plus chaleureuses félicitations de l’
Organisation Internationale de la Francophonie, en ce moment particulier des
travaux du IV Sommet des la Communauté des pays de langue portugaise, et à
vous exprimer tous mes voeux de succès dans vos délibérations. Qu’il me soit
permis, également, de remercier Madame Dulce Maria Pereira , Secrétaire
exécutive de la CPLP, pour son aimable invitation et pour toute la
disponibilité dont elle fait preuve, dans le cadre de la coopération étroite
qui s’est établie entre la CPLP et l’OIF. Mes remerciements vont aussi vers
les autorités brésiliennes et, en particulier le Président Fernando Henrique
Cardoso, pour l’accueil réservé à la Délégation de l’OIF, ainsi que pour la
possibilité qui nous est offerte de prendre part, comme observateurs, à ce
Sommet.

L’OIF garde encore le souvenir mémorable de sa participation aux travaux du
III Sommet, en juillet 2000, qui a vu la CPLP renforcer ses assises, par les
importantes décisions prises à cette occasion.

Cette première participation nous a permis de confirmer notre volonté
commune de renforcer les relations entre nos deux Communautés, celle de
langue portugaise et celle de langue française, a travers leurs
organisations respectives, la CPLP et l’OIF.

Cela tient d’abord à ce qui nous unit :

L’appartenance commune de trois de nos pays aux deux Organisations.

Les idéaux que partagent nos deux Organisations, parmi lesquels, celui de la
démocratie, celui de la paix et celui de la solidarité au service du
développement.

Une solidarité fondée, pour chacune de nos deux Organisations, sur le
partage d’une langue commune et sur la complémentarité de ses membres.

Une solidarité au service de la majorité des pays africains qui font partie
de nos deux Organisations au moment où l’Afrique tourne une page importante
de son histoire avec la mise en oeuvre du NEPAD.

Cela tient aussi aux défis qui nous sont lancés par la mondialisation. Qu’il
s’agisse de la préservation de la diversité linguistique et culturelle. Qu’
il s’agisse de la démocratisation des relations internationales, deux enjeux
auxquels contribue l’action politique et diplomatique de nos deux
Organisations.

Je constate, en effet, et avec joie, qu’au croisement de nos volontés
communes, se trouvent les mêmes objectifs, les mêmes ambitions, qui
consistent à faire partager par nos populations respectives, les progrès que
nos deux Communautés sont en mesure de réaliser dans les domaines de la paix
et du développement économique, social et culturel.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est dans ce dessein que j’avais souhaité à Maputo, que la CPLP et l’OIF
puissent engager un dialogue approfondi sur les défis identitaires et
culturels qui pèsent sur nos Communautés, ainsi que sur les actions communes
à mettre en oeuvre, dans ce contexte .

C’est chose faite, aujourd’hui, tant au plan des relations entre l’OIF et la
CPLP, que dans le cadre plus large des relations qui se sont nouées, depuis
lors, entre les 5 Organisations représentatives des espaces linguistiques
hispanophone, lusophone et francophone : la Communauté des pays de langue
portugaise, l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Organisation
des Etats Ibéro-américains, le Secrétariat de la Coopération
ibéro-américaine et l’Union latine.

En effet, un premier Colloque entre les Trois Espaces Linguistiques a eu
lieu à Paris en mars 2001, en présence des Présidents Noboa de l’Equateur,
Chissano du Mozambique et Chirac de France. Les cinq Secrétaires généraux se
sont ensuite retrouvés en mai 2001 à Rome, en décembre 2001 à Lisbonne et en
juin 2002 à Paris.

Dans le cadre de cette coopération, les trois espaces linguistiques ont mis
en place deux groupes de travail qui présenteront, en octobre 2002, à
Lisbonne, à l’invitation de la CPLP, leurs recommandations finales de
coopération dans les domaines de l’aménagement linguistique et des nouvelles
technologies de l’information et de la communication.

La richesse des propositions, esquissées en juin dernier, témoigne déjà de l
’intérêt qu’il y a de mener une coopération entre ces organisations dans ces
domaines, avec la collaboration, pour la mise en oeuvre, d’autres partenaires
stratégiques.

Il s’agit la d’une coopération qui a la promotion de la diversité culturelle
comme point de départ. Et qui pourra apporter sa contribution sur le devenir
de ce débat, à un moment où la communauté internationale, notamment dans le
cadre de l’UNESCO, réfléchit à la mise en place d’un instrument de
concertation.

En apportant leur caution à cette coopération, les Chefs d’Etat et de
gouvernement de la CPLP nous soutiennent dans ce combat qui nous est commun.

J’en rendrai compte, également, au Chefs d’Etat et de gouvernement, à l’
occasion du IX Sommet de la Francophonie qui se tiendra à Beyrouth en
octobre prochain.

Ce Sommet portera sur le thème du dialogue des cultures qui est intimement
lié à celui de la diversité culturelle.

Un monde soucieux de sa diversité et ouvert au dialogue, est un monde qui se
veut plus démocratique et qui aspire à la paix.

Et c’est dans l’esprit de notre coopération qui nous honore, que nous
proposerons aux autorités libanaises, hôtes du Sommet, d’y inviter et d’y
accueillir la CPLP.

Vive la coopération entre la CPLP et la Francophonie !

Je vous remercie.

(Le 15 août 2002)