DISCRIMINATION CHEZ LES VERTS

DISCRIMINATION CHEZ LES VERTS

Je viens de recevoir de l’information sur le prochain Conseil de la
fédération des partis verts européens qui se tiendra les 15 et 16 novembre à
Bruxelles.

Tous les membres ECOLO sont invités à profiter de cette occasion pour
rencontrer des Verts d’ailleurs. Très bien!

Hélas! Très vite, l’on doit désenchanter car, restriction très
importante, il faut être "de préférence polyglotte". Par ailleurs, il
n’est pas question de maitriser n’importe quelles langues secondaires,
car la seule autorisée est l’english, of course!

Il est vrai que, de plus en plus, les seuls Européens respectables et
respectés sont les "native English speakers", bien que ce soit une
violation de l’art. 2 d’une certaine Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme.

Je reconnais volontiers que la problématique linguistique n’est pas aisée à
résoudre démocratiquement, mais, sincèrement, je pensais que les Verts étaient
plus soucieux des droits de tous les citoyens européens.

Je me demande qu’elle serait votre réaction si, au cours d’une rencontre
sportive européenne, seuls les "native English speakers" avaient le droit de
s’aligner en tenue sportive, alors que les autres devraient porter des vêtements
d’hiver et être chaussés de lourdes bottines. Vous crieriez certainement au
scandale, à bon escient.

Or, c’est exactement ce qui se passe sur le plan linguistique lorsque l’on
impose arbitrairement une seule langue de travail : seuls les locuteurs de cette
langue ont le droit de s’exprimer librement, avec aisance, alors que les autres
doivent faire d’énormes efforts pour essayer de se hisser à leurs chevilles,
voire à leurs genoux, rarement à leur taille!

A moyen terme, n’y aurait-il pas une solution plus démocratique, moins
discriminatoire, pour permettre aux citoyens européens de dialoguer dans le
respect mutuel
de la langue, de la culture, de la dignité de chacun? La
devise européenne ne devrait pas seulement être "Unity in the Diversity", elle
devrait pouvoir s’exprimer dans tous les idiomes européens, y compris dans les
langues régionales.

Je ne suis pas très versé dans les arguties politiciennes, aussi vous
saurais-je gré de m’expliquer la différence entre un Le Pen qui proclame "Les
Français d’abord", ou un Frank Vanecke qui vocifère "De Vlamingen voor", et ceux
qui, de plus en plus, pratiquent allègrement "The native English speakers
first".

Personnellement, je n’en vois aucune.

Avec mes remerciements anticipés pour une brève explication (que je manquerai
pas de faire connaitre à d’autres personnes interpellées par cette
problématique), je vous prie d’agréer, Madame, Messieurs, ma considération
distinguée.

Germain Pirlot
enseignant
gepir.apro@pandora.be

(Le 4 novembre 2002)