CANADIAN RULE


Canadian Rule, Rabinology

« und
» culture québécoise

Du Brésillement de la
québécité en Radio-Canada






«
Mon
pays ce n’est pas un pays


C’est l’envers d’un pays qui n’était ni pays ni patrie
»



Gilles Vigneault, Mon Pays

Quelques mots pour exprimer ce qu’un banal auditeur, simple quidam
parmi la foule, pense de la nouvelle programmation ‘radiophonissisée’ de la
SRC ; lequel auditeur s’est donné la peine depuis quelque quinze jours de suivre
celle-ci attentivement via les deux chaînes françaises de la société
d’état.

Sentiment général : Déception et courroux.

De Claude Thibodeau, le matin en capitale nationale (à « Matinaux
Presto »), à Jacques Beaulieu, en soirée, en passant par Marie-Louise Arsenault
en dimanche après-midi (ou le PAP
* de Marie-France Bazzo à longueur de semaine, mais ça on connaissait
déjà), j’ai vraiment l’impression de me retrouver sur n’importe quelle antenne
commerciale privée, style « Radio Rock-Détente ». De propos superficiels et
souvent peu informés en intelligence carrément approximative des dossiers –
voire discours tendancieux sinon ‘étayés’ sur des préjugés personnels pas
toujours habilement dissimulés (sans compter un laxisme de moins en moins
tolérable concernant la langue, lequel n’épargne même plus la salle des
nouvelles) -, j’ai le sentiment que l’on est en voie de détruire définitivement
ce qui faisait la beauté, la qualité et le professionnalisme de Radio-Canada.
à ce train-là, vous pourriez embaucher des cégépiens : ce serait, peu s’en faut,
j’exagère à peine, tout pareil. Et certes moins onéreux.

Je m’étais singulièrement éloigné de la SRC depuis les changements
apportés il y a environ huit ans, Radio-Canada ayant d’ores et déjà mis
au rancart – dans la foulée, impure coïncidence, de l’élection du « p’tit gars
de Shawinigan » à la tête (???) du Canada – des émissions solides et
authentiquement ‘culturelles’, ainsi que leurs compétents et dynamiques
animateurs. Or avec l’éviction ferme (comme on dirait : « Ferme ton clapet ! »)
des Jean Larose et Georges Leroux, Stéphane Lépine, Gilles Archambault, Mira
Cree, et j’en passe, je constate que vous poursuivez sans scrupules et en bon
petit soldat, M. Rabin ô, le travail de sape du réseau français radio-canadien.

En outre, ce « multiculturalisme » tant vanté, très publicisé à tout
le moins, constitue une horreur qui, manifestement, module l’objectif de la
banalisation : 1) du Québec tout à la fois comme sujet d’expression et objet de
réflexion, et 2) (en corollaire) de la chanson québécoise et d’expression
française en particulier. Un animateur a même poussé la flagornerie à l’égard du
grand patron en diffusant des chansons yiddish (si! si! rien de moins) dès les
premières heures de la nouvelle grille automnale…

Or si la « vraie » belle chanson française n’est diffusée que par
intermittence et de manière très ponctuelle (par le biais des « Refrains
d’abord », par exemple, ou, dans une moindre mesure maintenant, de
« Chansons en Liberté »), qui alors fera connaître et aimer (car la connaître
c’est d’emblée en tomber amoureux, j’en reste persuadé) notre propre culture
chansonnière : CITé, CKOI, CIMF, CJMS, CHOM, CKMF, CKVL, CKAC…? Ou les chaînes
étatsuniennes, chinoises, japonaises ou hollandaises, sans doute… Ou sinon
peut-être les innombrables canaux anglo-québécois, aussi concernés par la
culture de Miron, de Riopelle et de Ferron (hormis l’ami Jim Corcoran) que par
celles du Cantal ou de Canton…

En misant sur le multiculturalisme, loin de viser « l’ouverture au
monde » les chaînes françaises de la société d’état s’activent avec grande
célérité à la secondarisation, à la folklorisation, à l’appauvrissement enfin,
de la culture québécoise. Par conséquent, il apparaît clair que MM. Robert
Rabinovitch, Sylvain Lafrance (et bientôt Daniel Gourd ?) se travestissent en
émules de ce que furent les Pierre Elliott Trudeau et les Jean Chrétien, et ce
depuis les années soixante, au plan de la politique canadienne à l’égard du
Québec. Et je ne m’entretiens même pas ici du réseau de télévision, dont
l’inféodation politique à la Canadian Unity ne trompe plus personne
depuis longtemps.

Certes (de Carole Trahan et Cynthia Dubois à Languirand, par
Désautels ou Françoise Guénette), il y a encore du bon chez vous. Il y a en
effet des femmes et des hommes qui, en dépit des vents ‘bossiens’ contraires,
tentent de maintenir un haut standard de qualité – aussi bien dans le propos,
les choix musicaux que dans le raffinement de la langue. Mais c’est hélas!
désormais devenu l’exception chez Radio-Canada. Pour le moment, vous êtes
quelque chose (le petit-politique en prime) comme du « Rock-Détente » légèrement
amélioré, c’est-à-dire : à deux doigts d’honneur de la médiocrité généralisée.

Vraiment, je ne vois (presque) plus de différence entre la SRC et
l’ensemble des chaînes radio du Québec, où la chanson commerciale
(essentiellement anglo-américaine par ailleurs) occupe tout l’espace auditif ;
chanson elle-même accompagnée, on le sait, de commentaires verbeux qui dépassent
rarement la culture moyenne du concessionnaire-type de bagnoles d’occasion.

Les Claude Thibodeau et les Jacques Beaulieu (éditorialisme opinieux
de pacotille, humour douteux et même arrogance et grossièreté à l’occasion)
deviennent insensiblement mais décidément la norme de Radio-Canada. On
pourrait également ajouter sur-le-champ, a contrario mais en vertu de la
même rigoureuse logique, les grand-es ‘remercié-es’ et de 1994 et de 2002 ; qui
elles et eux constituent par silence interposé (telles de grandes tours
disparues du paysage radiophonique) la nette new a-norme de cette SRC
cuvée 3e millénaire, maintenant au service de bien autre chose que la
langue et la culture d’expression française. Au demeurant, avec le traditionnel
‘classique’ (ainsi que le jazz, que pour ma part je ne discute pas, bien au
contraire, sur la présumée chaîne culturelle), la soi-disant
multiculturalisation en aurait bien suffisamment les bras si elle s’attaquait,
ou s’attardait, à ce qu’il serait approprié – de Namur à Abidjan, par
Port-au-Prince, Lausanne, Carcassonne et Nouméa – de nommer : le
« multiculturalisme de type francien ».

Aux antennes dirigées par le très canadien Robert Rabinovitch
(voir :

http://www.cbc.radio-canada.ca/htmfr/3%5F4%5Frr.htm
),
on a clairement opté pour la discrétion quant à la spécificité québécoise.
Des animateurs plutôt peu sensibles à celle-ci, sauf exceptions (on ne
pouvait tout de même pas fiche tout le monde à la porte d’un seul coup, ou même
deux…), complètent à merveille le portrait d’une plage musicale française
réduite comme peau de chagrin – égarée entre l’espagnol, l’italien, le magyar,
le… yiddish et, surtout (comme partout ailleurs indistinctement, y compris les
radios communautaires), l’anglo-américain
**. à Radio-Canada comme en Canada, congruence oblige, et
nonobstant nos milliards en taxes et impôts (ren)versés de l’autre côté de
l’Outaouais, le Québec importe de moins en moins : il ne s’agit, après tout, que
d’une culture – marginale – parmi toutes les autres. Quand bien même il
s’agirait, fondamentalement, d’une antenne conçue par et pour des Québécois…

Que nous reste-t-il comme solution, nous, Québécois, qui formons les
96% de l’auditoire ? Modeste suggestion personnelle : Fermons notre (?) poste,
rapatrions avec énergie les budgets d’Ottawa vers Québec et concevons,
ici, une idée bien à nous de ce qui définit notre culture et, notamment, les
moyens qu’il importe de mettre en oeuvre pour espérer voir celle-ci s’embellir,
perdurer et s’épanouir. Librement. à commencer – et pourquoi pas, M. le Premier
ministre Landry ? – par l’instauration d’une SRQ véritablement à notre image.

Entre-temps, ou d’ici-là, eh bien lisons
« Le Devoir » et autres indépendants, « Le Monde diplomatique », « Le
Nouvel Observateur », « Spirale », « L’Action nationale » et les aires
cybernéennes « Vigile » ou « Impératif français ». Et puis écoutons nos Félix,
nos Brel, nos Vigneault, nos Pauline, nos Clémence, nos Ferré, nos Barbara et
nos Léveillée depuis nos propres albums personnels.

Nicolas St-Gilles, Québec



Mercuriale@MonCanoe.com

15
sept. 2002




*



« Prêt à penser ».



**


Pensez-vous incidemment, au nom du même multiculturalisme, que l’on retrouve
proportion analogue en français sur les ondes des deux chaînes radiophoniques
anglaises de CBC… ? Il en est du multiculturalisme comme du bilinguisme
« social » : une arme ‘douce’ destinée à noyer le poisson minorisé. Voir à ce
sujet « Les Bilinguistes » d’un certain Jean-Luc Gouin :

http://www.vigile.net/pol/101jlg/bilinguisme.html

.







Note

.



Outre l’auteur même, NSt-G, destinataires privilégiés des commentaires
éventuels des lecteurs/auditeurs –



Radio-Canada
:


http://www.cbc.radio-canada.ca/htmfr/9_1.htm#Comment%20nous%20joindre

et/ou

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. Principaux
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