ACCULTURATION DES JEUNES QUÉBÉCOIS

ACCULTURATION DES JEUNES QUéBéCOIS
Pour éviter que nos enfants deviennent des zombies culturels.

La proposition libérale de l’enseignement de l’anglais en première est une
"monstrueuse" erreur pédagogique. Elle conduirait à faire de nos enfants des
zombies culturels oscillant entre deux concepts linguistiques aux antipodes l’un
de l’autre. Au mieux, elle confinerait les générations futures à des emplois de
pompistes et de commis de grandes surfaces. Il ne peut y avoir de véritable
création scientifique, culturelle et littéraire que dans la parfaite maÎtrise de
sa langue maternelle, passage obligé de l’apprentissage d’une langue seconde, ce
qui n’est pas malheureusement pas le cas du Québec, assiégé en première ligne du
fait de la proximité de sa situation géographique avec l’empire américain. Les
nombreuses études des plus grands experts linguistiques dans le monde concluent
que l’apprentissage d’une langue seconde doit commencer au secondaire. Je fus le
premier député de l’Assemblée nationale en novembre 1969, à démissionner du
parti auquel j’adhérais pour mieux combattre l’infâme et scélérat projet de loi
63 de triste mémoire visant à bilinguiser notre système d’enseignement.

Prisonnier de sa clientèle, le parti libéral qui vota alors la loi 63, veut
prendre sa revanche en faisant balbutier l’histoire. Du programme libéral rendu
public hier, c’est l’élément le plus pervers et le plus suicidaire pour la
deuxième civilisation de langue française du monde que des suites de générations
de nos pères et mères ont réussi à implanter et à faire fleurir sur le continent
nord américain. Une obligation impérieuse de mémoire, d’intelligence et de
préservation de l’avenir commande de nous opposer de toutes nos forces à la
réduction de notre peuple au rang de sous-produit et d’ersatz de l’américanisme.

Yves Michaud
Ancien député de Gouin à l’Assemblée nationale du Québec

(Le 12 septembre 2002)