25E ANNIVERSAIRE

25e ANNIVERSAIRE
de la Loi 101 et de la Charte de la langue française

à l’occasion du 25e anniversaire de la Loi 101 et de la Charte de la langue
française, il est bon de se demander ce que serait le Québec si cette loi n’
avait pas existé. Il est indéniable qu’elle a fait passer les Québécois
francophones de l’état de minorité à celui de majorité sur le territoire qui
nous identifie. Elle aura fourni à chaque citoyen ce sentiment de
légitimité de vivre différemment l’Amérique; elle aura donné à nos artistes
et créateurs cette confiance qui les amène à afficher clairement leur
différence et l’originalité de leur vision du monde.

Il faudrait aussi saisir cette occasion pour nous interroger sur ce que nous
avons fait individuellement pour affirmer notre fierté de posséder ce
précieux héritage et pour le mettre en valeur. Nous serions-nous laissés
endormir dans l’indifférence et l’apparence du confort?

Il est enfin nécessaire de prendre conscience que rien n’est jamais acquis
pour ce petit peuple de soi-disant « irréductibles », car l’immense machine
assimilatrice américaine et les énormes moyens déployés par Ottawa pour nous
ramener au statut de minorité, décoration pittoresque de la mosaïque
canadienne, continueront à peser de tout leur poids.

Mettre en valeur cette identité particulière et l’originalité de l’image que
nous offrons s’avérera, si nous y mettons l’énergie nécessaire, un capital
très profitable à tous les points de vue. C’est là une ressource
inestimable que nous aurions grand tort de ne pas faire connaître et
exploiter intelligemment car c’est une des seules que nous pouvons rendre
éternellement renouvelable.

Lucien Cimon, président
Société nationale de l’Est du Québec
courriel : sneq@globetrotter.net

(Le 29 août 2002)