SITUATION ET L’AVENIR DE LA LANGUE FRANÇAISE

SITUATION ET L’AVENIR DE LA LANGUE FRANçAISE

Le rapport de la Commission des états généraux.
http://www.etatsgeneraux.gouv.qc.ca

COMMISSION DES ETATS GENERAUX SUR LA SITUATION ET L’AVENIR DE LA
LANGUE FRANCAISE AU QUEBEC : UN NOUVEL ORGANISME MOTEUR DE LA POLITIQUE
LINGUISTIQUE

MONTREAL, le 20 août /CNW/ – Afin de mettre en oeuvre l’approche globale
proposée et l’ensemble des volets de la politique linguistique québécoise,
la Commission recommande, dans son rapport final rendu public aujourd’hui,
de créer un nouvel organisme qui sera appelé à remplacer les quatre organismes
existants et à assumer toutes les fonctions liées à la défense, au maintien,
au développement, à la promotion et au rayonnement de la langue française au
Québec.

Agissant comme moteur de la politique linguistique du Québec, le nouvel
organisme aura notamment comme responsabilité la conception de stratégies
visant la valorisation du français, la diffusion des objectifs de la
politique linguistique québécoise, le développement de partenariats avec la
société civile, le soutien à l’emploi du français, la création et la diffusion de
matériel linguistique en langue générale et en langues de spécialité et le
respect de la législation linguistique.

Cet organisme sera dirigé par un président ou une présidente nommé(e)
par le gouvernement. Son mandat sera de cinq ans, renouvelable une seule
fois.

La présidence sera appuyée d’un conseil d’administration composé de sept
personnalités représentatives de la société civile.

UN NOUVEAU TRAITEMENT DES PLAINTES
L’approche proactive proposée modifie également la manière de faire
respecter la législation linguistique. La Commission croit que les plaintes
doivent d’abord être traitées comme des signaux d’un problème à résoudre.
Pour une catégorie de produits précis, par exemple, une plainte fondée
devrait déclencher une intervention ciblée permettant à l’organisme de
trouver avec ses interlocuteurs des manières efficaces de respecter les dispositions de
la loi. En cas de mauvaise foi ou d’échec de cette démarche, le dossier sera
renvoyé devant un tribunal de la Cour du Québec spécialisé dans le
traitement des infractions à la "Charte de la langue française".

"Pour réussir, l’approche globale proposée suppose une unité de
commandement et une cohérence stratégique. Seul un nouvel organisme unifié,
bénéficiant du regroupement des compétences et des ressources et jouissant
de capacités additionnelles peut permettre le déploiement de cette nouvelle
politique linguistique" a déclaré le président de la Commission, Gérald
Larose.

Le texte du rapport est disponible dans le site Web de la Commission à
l’adresse :
http://www.etatsgeneraux.gouv.qc.ca


COMMISSION DES ETATS GENERAUX SUR LA SITUATION ET L’AVENIR DE LA LANGUE
FRANCAISE AU QUEBEC : MAITRISER UN FRANCAIS DE QUALITE POUR NOMMER LE MONDE
MODERNE ET PARTICIPER PLEINEMENT A LA SOCIETE QUEBECOISE

MONTREAL, le 20 août /CNW/ – La Commission des Etats généraux sur la
situation et l’avenir de la langue française au Québec formule, dans son
rapport final rendu public aujourd’hui, plusieurs recommandations visant à
élever au premier rang des priorités la maîtrise du français et le
développement des compétences linguistiques.

Notant que les attentes des Québécoises et Québécois sont aujourd’hui
plus grandes en ce qui a trait à l’enseignement, à la maîtrise et à la
qualité de la langue française, les commissaires interpellent directement le
système d’éducation québécois. Postulant que l’école doit assurer la maîtrise de la
langue à l’oral comme à l’écrit, la Commission constate, malgré des
avancées, qu’"actuellement, la difficulté du réseau québécois
d’enseignement
d’assurer aux jeunes et aux adultes la maîtrise du français écrit et parlé mine cette
mission fondamentale de l’école."

Pour briser le cercle vicieux de la transmission d’un niveau à l’autre
des difficultés reliées, entre autres, à la maîtrise du code, la Commission
propose notamment :

– que chaque établissement d’enseignement se dote d’une politique
linguistique institutionnelle;

– que la formation linguistique des futurs enseignants soit adaptée à
leur future tâche d’enseignement;

– que la réussite à un examen national soit une condition d’obtention du
permis d’enseignement pour tous les futurs enseignants;

– qu’il soit prévu, lors de la révision des programmes de formation des
maîtres, une augmentation du nombre de cours au contenu linguistique;

– que des programmes de formation continue en français soient instaurés
et disponibles pour tout le personnel enseignant ;

– que chaque élève dispose de son propre manuel de français et de sa
propre grammaire et qu’un nombre suffisant de dictionnaires soient
disponibles dans chaque classe;

– que soit élaboré un plan de cheminement précis liant tous les niveaux
de scolarité et permettant de suivre chaque élève de cycle en cycle;

– qu’à chacun des cycles du cours primaire et secondaire soit
formellement vérifiée l’acquisition des connaissances en français,
l’échec déclenchant une opération de mise à niveau.

De plus, la Commission propose une série de mesures visant à rehausser
le contenu culturel des programmes de français, notamment par l’enseignement
des grands textes des littératures québécoise, française et des Amériques
et
par l’organisation d’activités linguistiques tels des dictées, des concours de
rédaction, des pièces de théâtres, etc..

LA MAITRISE DU FRANCAIS PAR LES JEUNES QUEBECOIS D’EXPRESSION ANGLAISE
Par ailleurs, les membres de la Commission sont préoccupés par les
témoignages de jeunes Québécois d’expression anglaise au sujet de leur
maîtrise insuffisante du français, particulièrement à l’écrit, et de son
univers culturel. Convaincus que, pour participer pleinement à l’essor de la
société québécoise et pour en influencer le développement, les membres de
la
communauté québécoise d’expression anglaise doivent maîtriser la langue
commune, les commissaires proposent :

– que l’enseignement du français soit confié à des personnes qui
maîtrisent le français, connaissent le milieu de langue française et ont
une formation en enseignement des langues secondes;

– que la maîtrise du français écrit soit mieux intégrée dans
l’enseignement;

– que soient organisés régulièrement des échanges avec des
établissements
et des institutions culturelles de langue française à l’intention de
l’ensemble du personnel et des étudiants.

LA MAITRISE DU FRANCAIS PAR LES NOUVEAUX ARRIVANTS
L’intensification de l’immigration confronte le Québec au défi d’offrir
aux nouveaux arrivants la chance de s’approprier pleinement la langue
française. Affirmant que les orientations du gouvernement à cet égard vont
dans la bonne direction, la Commission soumet néanmoins plusieurs
recommandations qui viendront appuyer cet élan.

Pour les enfants :
– que les enseignants des classes d’accueil aient une formation en
enseignement du français, langue seconde;

– que les centres de la petite enfance soient tenus d’offrir des
services de francisation aux enfants des immigrants de moins de quatre ans;

– qu’un suivi particulier auprès des enfants des classes d’accueil soit
assuré une fois qu’ils ont intégré le réseau scolaire normal;

– que soient organisées des colonies linguistiques de jour pour aider
les enfants à consolider leur apprentissage du français.

Pour les adultes :
– que la formation linguistique des nouveaux arrivants soit offerte le
plus systématiquement possible sur les lieux de travail;

– que soit élargi et facilité l’accès aux divers programmes de
francisation aux femmes immigrantes qui restent à domicile et ce, en
collaboration avec les commissions scolaires et les organismes
communautaires;

– que les immigrants soient informés des démarches à suivre pour obtenir
des services de francisation.

Le texte du rapport est disponible dans le site Web de la Commission à
l’adresse :
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COMMISSION DES ETATS GENERAUX SUR LA SITUATION ET L’AVENIR DE LA LANGUE
FRANCAISE AU QUEBEC : L’AVENIR DU FRANCAIS COMME LANGUE INTERNATIONALE : UNE
QUESTION DE SOLIDARITE

MONTREAL, le 20 août /CNW/ – La Commission des Etats généraux sur la
situation et l’avenir de la langue française au Québec propose d’insuffler
un nouveau dynamisme dans les relations que le Québec entretient avec ses
partenaires francophones.

"L’avenir de la langue française interpelle non seulement le Québec,
mais l’ensemble des partenaires de la francophonie internationale, de même
que les communautés francophones d’Amérique", a déclaré Gérald Larose
qui
rendait public aujourd’hui le rapport final de la Commission.

LA FRANCOPHONIE EN AMERIQUE
Reconnaissant la diversité des contextes sociopolitiques du peuple
acadien et des différentes communautés francophones du Canada et les
contradictions politiques dans lesquelles l’Etat fédéral place leurs
rapports avec le peuple québécois, la Commission propose que le Québec
établisse ses rapports de solidarité avec ces communautés sur la même base
que ses
rapports avec les pays francophones à travers le monde, c’est-à-dire sur un
intérêt mutuel à l’égard de l’apprentissage et du rayonnement du français.
La
Commission recommande également de miser d’abord et avant tout sur les
organisations de la société civile, sur les réseaux scolaires et de la
culture et sur ses relations avec les leaders du peuple acadien et des
communautés francophones du Canada pour animer le dialogue. Elle propose aussi
de
bonifier le programme québécois de soutien aux échanges francophones.

LA FRANCOPHONIE INTERNATIONALE
Selon les membres de la Commission, l’avenir de la langue française se
joue en bonne partie au sein des pays de la francophonie internationale. Le
Québec, étant membre à part entière des organisations de la francophonie, a
un rôle important à jouer. Ils souhaitent que le Québec y assume un
leadership encore plus décisif et y fasse préciser le statut du français,
statut qui,
curieusement, tant à s’éroder. A cet égard, la Commission souhaite que le
français soit nettement prédominant dans toutes les activités de la
francophonie institutionnelle et qu’il devienne la seule langue de
correspondance et de publication de l’Organisation internationale de la
francophonie et de l’Agence de la francophonie.

LA DIVERSITE LINGUISTIQUE DES AMERIQUES
La Commission considère essentiel le respect de la diversité culturelle
et linguistique des Amériques et propose donc que le Québec entreprenne des
démarches auprès du gouvernement fédéral et des Etats de langue espagnole et
portugaise afin que les débats des divers forums et l’ensemble des
communications (y compris commerciales) de la Zone de libre-échange des
Amériques (ZLEA) se fassent tout à la fois en espagnol, en portugais, en
anglais et en français.

Le texte du rapport est disponible dans le site Web de la Commission à
l’adresse :
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COMMISSION DES ETATS GENERAUX SUR LA SITUATION ET L’AVENIR DE LA LANGUE
FRANCAISE AU QUEBEC : MEME AVANTAGES PAR RAPPORT AUX AUTRES NORD-
AMERICAINS, LES QUEBECOIS PEUVENT ENCORE AMELIORER LEUR CONNAISSANCE DES
LANGUES SECONDES ET TIERCES

MONTREAL, le 20 août /CNW/ – Convaincue que la mondialisation et
l’intégration continentale des Amériques offrent aux Québécoises et
Québécois des perspectives d’avenir et des défis stimulants et que le
plurilinguisme individuel constitue une valeur ajoutée à la culture
personnelle et un atout
professionnel indéniable, la Commission des états généraux sur la situation
et l’avenir de la langue française au Québec propose, dans son rapport final
rendu public aujourd’hui, plusieurs recommandations visant à assurer une
meilleure maîtrise de la langue anglaise et la connaissance d’une troisième
langue.

LE DEFI DU CYCLE SCOLAIRE OBLIGATOIRE : ENSEIGNER LES LANGUES EFFICACEMENT
Les spécialistes s’entendent pour dire que la maîtrise parfaite d’une
deuxième langue suppose un apprentissage concentré de 5 000 heures. Ce type
d’attente est démesuré dans le cadre du seul apprentissage scolaire.
Cependant, les commissaires estiment qu’il est possible d’atteindre une
connaissance fonctionnelle de la langue anglaise si celle-ci est enseignée
de manière concentrée. C’est le sens des propositions de la Commission.
Au chapitre de l’enseignement de l’anglais, la Commission recommande de
modifier le dispositif actuel de la façon suivante:

– au début du primaire, mettre en place une stratégie d’éveil des
enfants aux langues étrangères conçue non pas en fonction de
l’appropriation d’une autre langue, mais en fonction d’une consolidation de la
connaissance et de la maîtrise de la langue française;

– au dernier cycle du primaire, au milieu et à la fin du secondaire,
prodiguer un enseignement concentré avec création d’un environnement
culturel anglais et un nombre d’heures d’enseignement au moins deux fois
supérieur à ce qui est prévu dans la réforme;

– confier l’enseignement de l’anglais à des personnes qui maîtrisent
l’anglais, connaissent le milieu de langue anglaise et ont une formation
en enseignement des langues secondes.

Quant à l’enseignement d’une troisième langue, la Commission propose :

– que l’enseignement d’une troisième langue soit confié à des personnes
qui maîtrisent cette langue, connaissent le milieu où elle se parle et
ont une formation en enseignement des langues secondes;

– que l’enseignement d’une troisième langue soit introduit
progressivement à partir du secondaire et en continuité jusqu’à la fin
des études collégiales.

LE COLLEGIAL : LIEU DE PERFECTIONNEMENT LINGUISTIQUE
La Commission croit fermement que l’ordre collégial est appelé à jouer
un rôle décisif sur le plan linguistique comme sur celui de l’intégration
citoyenne et propose que celui-ci devienne un lieu d’approfondissement de la
culture québécoise et un lieu de perfectionnement des langues.

Les commissaires proposent notamment :

– qu’un programme optionnel de six cours soit mis au point pour les
étudiants qui souhaitent une formation plus poussée en langue seconde :
en anglais dans les cégeps de langue française et en français dans les
cégeps de langue anglaise;

– que se multiplient les échanges de groupes d’étudiants entre les
établissements de langue française et anglaise dans les programmes où la
chose est possible et utile;

– que, dans les cégeps de langue anglaise, les deux cours de formation
complémentaires soient convertis en cours de français et en cours de
troisième langue pour ceux qui ont une maîtrise assurée du français;

– que les logiciels français, les versions françaises des logiciels et
la terminologie française soient obligatoirement utilisés pour
l’enseignement technique dans les cégeps de langue française et que les
étudiants des cégeps de langue anglaise soient formés à l’environnement
terminologique et informatique français;

– que tous les cégeps se dotent d’une politique linguistique
institutionnelle : dans les cégeps de langue française, pour confirmer
le statut du français comme langue prépondérante d’enseignement,
d’activités parascolaires et de travail et dans les cégeps de langue
anglaise, pour contribuer au rayonnement du français comme langue commune de la
société
québécoise. Cette politique serait définie et appliquée par un comité
composé de personnes représentatives de la communauté collégiale.

La Commission est convaincue que ces mesures permettront de répondre
adéquatement aux attentes des étudiants d’expression française et anglaise
quant à la maîtrise d’une langue seconde pour les uns et de la langue
commune pour les autres.

Le texte du rapport est disponible dans le site Web de la Commission à
l’adresse :
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