NOUVEAU-BRUNSWICK

Le texte suivant est extrait du journal La Presse du 29 janvier 2001.

NOUVEAU-BRUNSWICK
Le bilinguisme est trop coûteux au goût du gouvernement Lord

André Pépin
MONCTON, NOUVEAU-BRUNSWICK

La Cour d’appel du Nouveau-Brunswick doit se prononcer bientôt pour
déterminer si les municipalités sont obligées de publier dans les deux
langues officielles les arrêtés, règlements et autres documents officiels,
lorsque chacun des deux groupes linguistiques sont présents en force,
comme c’est le cas à Moncton.

La cause revêt une importance capitale dans la seule province officiellement
bilingue du Canada. Le gouvernement conservateur de Bernard Lord,
notamment, s’oppose en cour à la bilinguisation de tous les services
municipaux, ce qui entraînerait des coûts importants, soutiennent les avocats
de la province.

Un citoyen de Moncton, Mario Charlebois, avec l’appui de plusieurs organismes
de défense des droits des francophones, vient en effet de s’adresser à la Cour
d’appel qui a pris la cause en délibéré après avoir entendu les différentes
parties, notamment les représentants du gouvernement Lord.

Le plaignant dans cette affaire invoque les dispositions de la Charte
canadienne des droits. Peu importe la décision que rendra la Cour d’appel du
Nouveau-Brunswick, l’affaire pourrait bien se retrouver devant la Cour suprême.

M. Charlebois a reçu copie, rédigée uniquement en anglais, d’un arrêté
municipal touchant le secteur de la construction. Il dit ne pouvoir appliquer
une
directive qu’il ne peut comprendre.

Cette cause pourrait donc, selon la décision que rendra la Cour d’appel,
faire
beaucoup de vagues au sein de toutes les communautés minoritaires au pays.

Le plus ironique dans cette affaire, c’est que la ville de Moncton se
retrouve
encore au coeur d’un litige touchant les droits linguistiques, comme ce fut le
cas, il y a trente ans, lors des affrontements opposant les citoyens au
légendaire maire Leonard Jones qui ne voulait rien entendre des droits des
francophones.

Moncton a bien changé depuis cette époque. L’université française a
favorisé
l’émergence de nouveaux courants d’idées, la communauté française peut
compter sur des écoles modernes et la compagnie Assomption-Vie -la fierté
acadienne- a pignon sur rue dans cette ville.