MÉTRO MAIS TROP

MéTRO MAIS TROP !

Objet : La
chaîne Métro-Richelieu (
http://www.metro-richelieu.com/)
Adrélec de l’entreprise :
consommateurs@metro.ca
Ma
famille et moi étions de fidèles clients de votre supermarché, et ce
depuis de nombreuses années. Pour deux motifs, essentiellement:

1) Vous êtes (du moins, jusqu’à nouvel ordre…) la seule chaîne
d’alimentation véritablement (…?) québécoise;
2) Votre circulaire publicitaire hebdomadaire, hormis notamment la région
montréalaise, s’adressait à votre clientèle dans la langue officielle du
Québec, soit le français.

Or depuis quelque temps, je constate que même dans la capitale nationale
vous optez pour une circulaire bilingue. C’en est trop. Les
anglophones représentent à peine 8% de la population du Québec; or vous
estimez tout de même que c’est amplement suffisant pour banaliser, et
donc fragiliser derechef, une langue déjà fort mal en point dans le
contexte canado-nord-américain.

Visiblement, pour Métro-Richelieu le français au Québec n’est
qu’une langue …parmi d’autres, fût-elle celle de l’immense majorité de
la nation concernée. Pareille attitude relève de l’assujettissement
volontaire
. Ce qui est infect au plan de la dignité.

En outre, vous adoptez de la sorte une politique de sujétion culturelle et
linguistique comparable à la plupart de vos concurrents (ontariens et/ou étatsuniens).
Aussi je ne vois absolument plus de raisons solides, désormais, d’accorder
mon patronage à Métro-Richelieu.

Je vous informe en parallèle avoir fait part à l’administration du Métro
de mon secteur d’habitation (quartier du Vieux-Port, à Québec) que je
lui retirais définitivement ma clientèle. Il en sera ainsi pour tous les
établissements affichant votre bannière par-delà l’ensemble du territoire
québécois.

Bien à vous,

Jean-Luc Gouin
Québec

Sec.ours@vif.com

Note
­. J’insère sciemment l’accent aigu sur le «E» de votre raison sociale.
Et ce, bien que vous ayez systématiquement retiré celui-ci de vos
documents et de votre affichage. Décidément, c’est avec grande «détermination»
que vous révélez une sensibilité zéro à l’égard de la langue de votre
clientèle. Incidemment, dit-on «Meutro» ou bien «Métro»…?

cc : Impératif
français (
Imperatif@imperatif-francais.org),
Journal Le Devoir (
Lettres@LeDevoir.ca)
et quelques autres destinataires: Le Soleil (
Opinion@LeSoleil.com),
La Presse (
edito@lapresse.ca),
Voir/Québec (
Courrier@Voir-Quebec.Qc.ca),
Voir/Montréal (
Courrier@Voir.ca),
Commission de protection de la langue française (
info@cplf.gouv.Qc.ca),
Mme Diane Lemieux, ministre québécoise de la Culture et des
Communications, responsable de la Charte de la langue française (
Diane.Lemieux@MCC.Gouv.Qc.ca).

PS :
Et puisque j’y suis, je profite de l’occasion pour signaler une autre
dimension de votre établissement ­ dimension analogue et hélas! non moins désagréable
­, celle-là relative à l’ambiance musicale des lieux. Votre client-type est
un(e) Québécois(e) (francophone, si vous m’autorisez… le truisme) qui
avoisine, disons, les trente-sept/quarante ans. Alors, je voudrais bien
comprendre la pertinence (et l’intelligence) de retenir un choix musical qui
plairait en priorité à …un jeune étatsunien (anglophone, si vous me
perm… …isme) de quatorze ans. Comme condition propice à la consommation
de vos victuailles, vous admettrez qu’on a déjà trouvé mieux. Beaucoup
mieux. Mais enfin, la langue française vous répugne-t-elle à ce point…?