LUTTE POUR LA PROTECTION DE LA LANGUE ALLEMANDE

Le Welt Am Sonntag ( http://www.diewelt.de/daten/2001/02/11/0211de222000.htx
)
Le 11 février 2001
[Traduction rapide sans prétention professionnelle]

Lutte pour la protection de la langue allemande
Les politiciens de tous bords mettent en garde contre l’aliénation causée par
les anglicismes.

Berlin H.S./upo – Une grande coalition d’hommes politiques de tous les partis
s’efforce de protéger l’allemand et d’éviter l’apparition d’un sentiment
d’aliénation. Le chef du FDP, Wolfgang Gerhardt, déclarait au Welt am Sonntag
: "les vagues d’anglicismes qui envahissent nos médias, la publicité, les
descriptions de produit et le monde technique, constituent une violence imposée
aux gens."

Le président du Bundestag Wolfgang Thierse (SPD, le parti socialiste
allemand) en appelle à une résistance contre la dégradation linguistique. Ce
qui a lieu, en premier chef dans les médias, constitue un avilissement
linguistique et moral qu’il devient de plus en plus difficile à
supporter". M. Thierse propose que les anglicismes et américanismes soient
rejetés dans la fonction publique et les parlements allemands.

Le président CDU de la Rhénanie-Palatinat, Christoph Böhr, a pour sa part
exiger une "collaboration entre les niveaux politiques, linguistiques et de
l’enseignement". Pourquoi emploie-t-on dans les modes d’emploi en allemand
"computer" à la place d’ordinateur ("Rechner"),
"airbags" plutôt que coussins gonflables (Luftkissen) ou
"Software" au lieu de logiciel ("Programm").

Le président de la fédération, M. Rau du SPD (le parti socialiste
allemand), nous a confirmé qu’il avait déclaré dernièrement :
"l’utilisation inflationniste des américanismes dans la publicité et dans
les médias" est "absurde et idiote". L’écologiste Antje Vollmer,
vice-présidente du Bundestag, a pour sa part déploré : "Les slogans, les
anglicismes à la mode et le jargon des experts excluent à mauvais
escient de nombreuses personnes." Le vice-président du PDS, le linguiste
Peter Porsch, en appelle à une prise de conscience plus grande en ce qui
concerne l’influence linguistique étrangère.

Le ministre de la Science bavarois Hans Zehetmair (CSU) et le maire actuel de
Berlin Eberhard Diepgen (CDU) ont également exprimé de la sympathie pour une
"loi de protection linguistique". Zehetmair de déclarer : "je
comprends bien les efforts législatifs du gouvernement français dans le
domaine de la défense du français. La loi "Toubon", ainsi nommée en
l’honneur de mon ancien homologue Jacques Toubon, constitue un document de prise
de conscience dans la lutte contre l’américanisation linguistique et dans la
valeur que notre langue devrait avoir à nos yeux." Eberhard
Diepgen plaide en faveur d’une "protection du consommateur culturel".

Le ministre fédéral de la Culture, Julian Nida-Rümelin, ne comprend pas le
débat qui entoure la proposition d’une loi de protection linguistique :
"Nous n’avons ni besoin d’une ‘loi de protection linguistique’ ni d’une
‘police de la langue’. L’état ne devrait pas se mêler d’un processus auquel
toute langue vivante est soumise." Nida-Rümelin met en garde contre une
mise au ban de l’anglais. "Nous avons besoin dans de nombreux domaines, au
niveau international, d’une lingua franca." Il est évident que l’anglais
est devenu aujourd’hui la langue internationale, non seulement dans les
sciences naturelles et la technologie, mais également en économie. "Ceux
qui s’y opposent, nient la réalité. Pire : ils entravent l’échange
planétaire en pleine croissance."

(Ce texte nous a été expédié par notre correspondant M. Patrick Andries
Andries.Patrick@bertelsmann.de
)

(Le 14 février 2001)