LES SITES INTERNET UNILINGUES DES ENTREPRISES TECHNOLOGIQUES

Le texte suivant «LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC FINANCE LA DÉFRANCISATION DU
QUÉBEC
– De grandes sociétés publiques québécoises financent à l’aide des
épargnes et impôts des Québécois l’anglicisation, la défrancisation du
Québec » permettra aux lecteurs de prendre connaissance des résultats complets de la
recherche d’Impératif français et, s’ils le souhaitent, d’intervenir auprès
des sociétés publiques québécoises de financement, du gouvernement et des
entreprises en cause.

(Le texte suivant est extrait du quotidien Le Droit du samedi 1er décembre
2001, p. 48)

LES SITES INTERNET UNILINGUES DES ENTREPRISES TECHNOLOGIQUES
«Impératif Français n’y va pas avec le dos de la cuiller…»

Duquette, Patrick

«Les défenseurs de la langue française dénoncent plusieurs entreprises
technologiques de l’Outaouais qui s’affichent en anglais seulement sur leur
site Internet. Pourtant, ces compagnies obtiennent des centaines de milliers
de dollars de la part de sociétés publiques québécoises comme la Caisse de
dépôt ou le Fonds de solidarité.

Impératif Français n’y va pas avec le dos de la cuiller pour dénoncer cette
situation. L’organisme pointe des entreprises comme Synercard, Provance
Technologies, CML ATC Technologies et MySkyWeb pour ne nommer que celles-là.

"Le gouvernement du Québec finance la défrancisation du Québec", accuse le
président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault. Du même souffle,
l’organisme établi à Aylmer invite les gens "à déposer des plaintes auprès
de ces entreprises, des partenaires qui les financent avec nos épargnes et
nos impôts".

L’exemple de Synercard

à titre d’exemple, Impératif français site le cas de la compagnie hulloise
Synercard qui a reçu 645 000 $, en mai 2000. L’argent provenait du Fonds
régional de solidarité Outa- ouais, de Capital CPDQ (une filiale de la
caisse de dépôt et de placement du Québec), d’Investissement Québec et de la
Société d’expansion des exportations.

à la suite de plaintes, plusieurs mises en demeure ont été envoyées aux
entreprises technologiques par la Commission de la protection de la langue
française, chargée de faire appliquer la Charte de la langue française.

La situation a même fait réagir l’Alliance Tech Point qui regroupe une
trentaine d’entreprises technologiques en Outaouais, de même que la Ville de
Hull. Ensemble, leurs représentants ont demandé à la Commission d’adopter
une approche plus douce que la mise en demeure pure et simple. On craint que
l’approche punitive de l’organisme de surveillance n’irrite des entreprises
et les poussent à déménager en Ontario.

En vertu de la Charte, la commission de protection de la langue française
"exige le français (sur un site Internet d’une entreprise québécoise) dès
qu’il est clair qu’un public québécois peut s’y intéresser", résume Gérald
Paquette, porte-parole de l’organisme.

Du côté des entreprises technologiques, on joue sur cette notion pour
justifier l’unilinguisme anglophone en arguant, par exemple, qu’on ne fait
affaire qu’avec des Américains. C’est le cas de Provance Technologies, dont
le président, Gilles Lalonde, est également un membre influent de l’Alliance
Tech Point.

"Nous, on ne vend rien au Québec, explique-t-il. Notre marché est presque
exclusivement américain, avec quelques ventes dans l’Ouest canadien."

M. Lalonde fait valoir qu’il coûte extrêmement cher à une entreprise
technologique pour traduire, puis entretenir un site Internet dans les deux
langues. "Un site Internet peut coûter 20 000 $, 30 000 $ ou même 40 000 $ à
développer, dit-il. Pour le traduire et le mettre à jour dans les deux
langues, on peut facilement compter la moitié de la somme."

Or à l’heure d’un ralentissement économique général, les entreprises
technologiques n’ont pas de sous d’extra à dépenser. "Ce n’est pas de la
mauvaise foi de notre part, mais plutôt des réalités commerciales qui nous
rattrapent, dit M. Lalonde. Le gouvernement a des priorités linguistiques,
mais il est difficile de demander aux entreprises de les supporter."

M. Lalonde a par ailleurs indiqué que les sociétés de financement
québécoises n’avaient pas d’exigences linguistiques au moment d’attribuer
des fonds. "Elles exigent que la majorité des emplois qu’on crée soit au
Québec, ce qui est le cas", a-t-il dit.»

Le Droit