LES ÉLECTIONS MUNICIPALES À MONTRÉAL

LES éLECTIONS MUNICIPALES à MONTRéAL

LES éLECTIONS MUNICIPALES à MONTRéAL
Plusieurs craignent un retour au bilinguisme.

(Le texte suivant est extrait du quotidien La Presse du lundi 05 novembre
2001. La version originale est accessible à l’adresse

http://www.cyberpresse.ca/reseau/actualites/0111/act_101110032740.html
)

La victoire de Tremblay donne des sueurs froides aux défenseurs du français

ANDRé DUCHESNE
La Presse

La victoire de Gérald Tremblay et de l’Union des citoyens de l’île de
Montréal n’est pas de bon augure pour l’avenir du français dans l’île,
croient les plus farouches défenseurs de la langue de Molière.
Selon eux, l’élection d’une majorité de maires sortants issus de la
banlieue, et plus particulièrement de l’Ouest-de-l’Île, ouvre la porte à un
retour du bilinguisme dans l’ensemble des institutions publiques.

«La démocratie est grippée», laisse tomber Yves Michaud, militant
indépendantiste de longue date. Identifié à l’aile radicale du Parti
québécois, ce dernier frissonne à la lecture des écrasantes majorités
obtenues par Gérald Tremblay et l’UCIM dans certaines municipalités de
l’Ouest-de-l’Île.

Selon lui, le centre des décisions concernant la nouvelle entité
montréalaise risque de basculer entre les mains de militants en faveur d’une
bilinguisation de Montréal. «Ce vote-là est sûrement un clignotant
inquiétant sur l’avenir du français à Montréal», poursuit M. Michaud.

Au PQ de Montréal-Centre, le président Mario Beaulieu est lui aussi
chatouillé par la victoire de la banlieue aux élections de dimanche. D’un
premier souffle, il qualifie la situation de «très inquiétante».

«Certains maires de banlieue veulent étendre le bilinguisme dans le plus de
services possibles à l’ensemble de l’île. Si on accepte cela et qu’on
l’ajoute au fait que le nombre de francophones a tendance à diminuer dans
l’île, le maintien du français sera difficile», analyse ce dernier.

Pour lui, une partie de la solution passe par l’application stricte de l’une
des recommandations du rapport Larose découlant de la Commission des états
généraux sur la langue, qui veut rendre unilingues françaises toutes les
communications entre l’état québécois et les personnes morales.

Au moment de la publication de ce rapport, le PQ Montréal-Centre avait
formulé des virulentes critiques, estimant que la commission avait omis
d’aborder la question de la situation du français dans la métropole. «Mais
cette recommandation (sur les communications) étaient l’une des bonnes»,
indique M. Beaulieu.

L’autre solution qu’il préconise est de mettre davantage d’efforts pour
assurer l’intégration des nouveaux arrivants à la communauté francophone.
«Fusion ou pas, le problème est là. Dans toutes les grandes métropoles de
l’Amérique du Nord, les allophones, plus que la population de souche,
assurent le renouvellement de la population. Et à Montréal, ils s’intègrent
à 75 % à l’anglais.»

Le président d’Alliance Québec, Brent Tylor, ne voit pas les choses du même
oeil, estimant que les francophones ont réalisé des gains en faisant
modifier une partie de la loi 101 qui accordait le statut de ville bilingue
aux municipalités dont la majorité de la population était non anglophone. La
loi 171 a modifié cette définition en n’accordant ce statut qu’aux villes
comptant une majorité d’anglophones.

«La nouvelle ville n’est pas bilingue», tranche-t-il.

Mario Beaulieu soutient toutefois qu’il reste des irritants. «Dans les
arrondissements de la nouvelle ville qui n’auront pas le statut bilingue, la
loi 101 laisse un flou faisant en sorte que les services pourront être
octroyés dans les deux langues.»

à la Société Saint-Jean-Baptiste, le président Guy Bouthillier donne la
chance au coureur au nouveau maire, d’autant plus, dit-il, que Gérald
Tremblay est «mieux placé que quiconque pour convaincre le West Island qu’il
n’est pas une île».

M. Tremblay ne doit pas polariser les esprits sur la question linguistique»,
avertit M. Bouthillier. Au contraire, il voit dans la formation de la
nouvelle ville l’occasion pour les anglophones de l’ouest de devenir des
citoyens du Québec à part entière. Selon lui, de nombreux anglophones et
allophones ont déjà exprimé ce voeu.

à ses yeux, l’avenir du français à Montréal assurera celui de la langue dans
le reste de la province et, par ricochet, la diversité culturelle et
linguistique dans l’ensemble du continent nord-américain.

(Ce texte nous a été communiqué par notre correspondant M. Daniel A. Duclos)

(Le 6 novembre 2001)